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Faut-il encore parler d'aumônier militaire?

Faut-il encore parler d’Aumônier Militaire ?

 

Un aumônier -chacun en conviendra- désignait, en français courant, un ministre catholique, généralement un prêtre, chargé du soin spirituel et pastoral d’une catégorie particulière de fidèles souvent attachés à une institution ou un établissement spécifique -on parlait ainsi d’aumônier de lycée, d’hôpital, de prison ou d’aumônier militaire-.

Depuis plusieurs siècles, mais surtout depuis le XIXème siècle, dans le cadre du Concordat, le mot a été réutilisé en France par le vocabulaire administratif et son usage étendu pour parler aussi des ministres d’autres cultes chargés de fonctions analogues.

Simultanément, quoique plus récemment, des possibilités se sont ouvertes sous certaines conditions dans l’Eglise catholique pour confier la charge d’une aumônerie à des ministres non prêtres, c’est-à-dire diacres ou laïcs. Cette possibilité, liée à la constatation de la pénurie de prêtres, s’est même largement étendue notamment dans les aumôneries de lycées, hôpitaux et prisons [1] ; avec quelques années de décalage et, dans une proportion sans doute moindre, on la retrouve dans le cadre du diocèse aux Armées.

I - Qu’est-ce donc, au fond, qu’un aumônier ?

Cette double évolution tant au niveau de l’usage du mot que de la réalité à laquelle il renvoie, ne manque pas de provoquer quelques questions ou d’induire des risques de confusion ou de dérapage. 

1 - Un peu d’histoire

D’où vient cette terminologie d’aumônier spécifiquement française ? Un aumônier -en latin « elemosinarius » [2], le mot est sans doute peu utilisé car peu prononçable- c’est étymologiquement celui qui distribue des aumônes (elemosina). L’aumônier étant la personne, dans les siècles passés, à laquelle un seigneur déléguait le soin de distribuer des dons aux pauvres ; souvent il s’agissait d’un prêtre, de son chapelain par exemple, et ainsi naquit -sans doute- la dérive sémantique.

En France, avec Charles VIII est créée la fonction de grand aumônier de France que le Roi désignait pour assumer ce service caritatif. Rapidement, ce personnage officiel reçut d’autres fonctions comme d’instruire les causes où pouvait s’exercer la grâce royale, mais aussi de nommer les chapelains des différentes résidences royales ou des régiments de sa majesté. Pour cette dernière raison, on appela parfois ce grand aumônier de France, évêque des Armées. Supprimé à la révolution, le poste fut recréé sous l’empire et disparut définitivement en 1870. Mais, assurément, si le grand aumônier n’existait plus, le terme d’aumônier subsista et fut conservé pour des ministres qui n’avaient sans doute plus aucun rôle effectif d’aumônier, mais seulement une fonction de chapelain -par exemple de chapelain militaire-. C’est ainsi que, sous une même dénomination, on désigna d’abord et principalement ce service caritatif -on dirait aujourd’hui diaconal-, puis un service essentiellement pastoral et sacerdotal [3]

2 – L’aumônier : une exception lexicographique française

Une chose est à remarquer, les documents officiels de l’Eglise latine, qui précisent les différents ministères dans l’Eglise, notamment et principalement le code de droit canon (C.I.C.) [4] , ne connaissent pas le terme d’aumônier qui a disparu, du vocabulaire de l’Eglise sauf, de fait, en France. C’est sous le terme de capelanus chapelain [5] que le C.I.C. désigne la réalité que nous mettons sous le terme d’aumônier. La traduction française officielle du C.I.C. fait de même.

En son Canon 564, le code de droit canonique définit ainsi très précisément le chapelain et sa mission « Le chapelain est le prêtre à qui est confiée de façon stable la charge pastorale, au moins en partie, d'une communauté ou d'un groupe particulier de fidèles, qu'il doit exercer selon le droit universel et particulier » et le canon 569 précise que « les chapelains militaires sont régis par des lois spéciales » ; en l’occurrence, il s’agit de la Constitution Apostolique Spirituali Militum Curae [6]

Ainsi définie, la dénomination de « chapelain » mieux que celle « d’aumônier » renvoie-t-elle clairement à une charge pastorale caractéristique de la mission de l’Eglise et analogue à celle des curés, c’est-à-dire celui qui a charge d’âmes [7].

Le code précise donc que le chapelain est un prêtre. Tout comme pour le curé (cf. canon 521 §1), on a vu cependant qu’en cas de pénurie avérée de prêtres, le canon 517 §2 permettait la nomination d’un diacre ou d’un laïc qui reçoit ainsi une participation à la charge pastorale de la paroisse. Il en va de même pour la charge de chapelain, restant sauve la nécessité de nommer un « prêtre modérateur » de cette charge pastorale. C’est alors ce prêtre modérateur qui sera muni des pouvoirs et facultés du curé. 

En tout état de cause, le chapelain, qu’il exerce ses fonctions de plein droit en tant que prêtre ou par participation en s’appuyant sur le rôle du prêtre modérateur (pour le diacre ou le laïc), a donc une mission essentiellement pastorale au service de la communauté de fidèles qui lui est confiée, par l’annonce de la parole de Dieu et la célébration de la Sainte Eucharistie en son centre (cf. canon 528 §2).

II - Une bonne théologie commence par une bonne grammaire 

Ce serait sans doute assez vain que de prétendre recourir désormais au sein de l’Eglise de France, et dans les Armées en particulier, à la terminologie de chapelain plutôt que de conserver l’usage en partie impropre du terme d’aumônier. Cependant, l’évocation de la terminologie officielle de l’Eglise et l’analyse précise des mots utilisés -le chapelain- permet d’éviter quelques dérives toujours possibles sous trois angles particulièrement. 

1 – Primat pastoral de la charge d’aumônier 

Si « l’aumônier » militaire est plus correctement défini comme « chapelain », il apparaît que sa fonction ne saurait être premièrement de l’ordre d’un service caritatif, encore moins d’une assistance sociale, mais proprement de l’ordre pastoral et spirituel -ce qui veut dire aussi religieux et cultuel-, de l’ordre de l’évangélisation plus que du simple accompagnement humain dans les Armées. On rapproche souvent l’aumônier du médecin et de l’assistante sociale. On peut le comprendre, mais cela ne signifie pas que -de près ou de loin- « l’aumônier » soit ès-qualité, l’assistant sympathique du médecin ou du travailleur social. 

Le devoir de réserve par rapport aux convictions philosophiques, politiques et religieuses, qui prévaut légitimement dans une institution comme celle de la Défense entraîne évidemment une certaine discrétion (au sens de discernement et non pas de se taire) dans la pratique pastorale et le travail d’évangélisation. Il s’agit d’éviter en particulier toute attitude prosélyte. Cela ne doit cependant pas s’opposer à l’exercice des fonctions propres de l’aumônier dans l’ordre pastoral [8].

Le contenu principalement pastoral que l’Eglise met dans le mot chapelain, même s’il est travesti en « aumônier » permet ainsi de bien situer la place du chapelain aux Armées, c'est-à-dire de notre aumônier militaire.

2 – L’aumônier militaire, d’abord un aumônier

En bon français, « aumônier militaire » s’analyse d’abord comme aumônier -le substantif- spécialisé dans le monde militaire -le qualificatif-. Aussi un aumônier militaire n’est-il pas un militaire exerçant -de façon stable ou non- des fonctions d’aumônier. Pour l’aumônier au sens étymologique, passe à la rigueur, mais pour le chapelain, avec sa tâche principalement pastorale, il est essentiel d’avoir conscience qu’il est d’abord chapelain/aumônier et secondairement militaire. Cette qualification militaire peut certes avoir une portée administrative : un statut de militaire implique des droits particuliers (le port de l’uniforme, une solde …) ; de façon plus intéressante, cette qualification de militaire signifie la possibilité d’une proximité, d’une présence, d’un accompagnement en toute situation des militaires auprès desquels l’intéressé est envoyé. Pastoralement, ce dernier point est des plus importants. Il permet de connaître et d’être connu : le pasteur au milieu de ses brebis. Vraisemblablement, cela implique d’emblée pour celui qui débute en son ministère une formation spécifique pour découvrir les us et coutumes de la « tribu ».

Par contre, le primat pastoral de la mission du chapelain/aumônier signifie qu’il ne se transforme pas -au fond- en militaire, comme on pourrait l’envisager dans le cadre de prêtres ouvriers qui seraient envoyés aux Armées [9]. L’aumônier n’est pas un combattant. Il ne porte pas les armes. Il n’entre pas dans le métier des Armes [10]. Sa formation initiale est essentiellement pastorale et s’il doit y avoir une formation militaire comme on l’évoquait plus haut, elle sera radicalement différente de celle d’un soldat -fut-ce un cadre-, mais toute tournée vers un meilleur exercice de son ministère pastoral de proximité.

Dans le cas contraire, on trahit le sens même de la mission du chapelain/aumônier. Peut-être en fait-on un aumônier au sens administratif où la République utilise ce mot, voire un aumônier au sens d’un auxiliaire sanitaire ou social, mais sûrement pas un chapelain au sens du canon 564. Dans une pareille hypothèse, l’intéressé, ni vrai soldat, ni vrai ministre de l’Eglise, n’aurait plus qu’à se retirer et la prétendue aumônerie à fermer ses portes.

3 – Aumônier et catholique

Cela a été dit plus haut, le vocabulaire administratif de l’Etat a emprunté depuis longtemps le terme d’aumônier pour désigner commodément non plus les seuls ministres catholiques ou chrétiens, mais encore ceux d’autres cultes. Il eut été sans doute plus dommageable et paradoxal que cet emprunt concerne, non pas le terme d’aumônier facilement recevable pour les juifs et peut-être les musulmans, mais celui de chapelain, mot qui, plus explicitement, renvoie au culte catholique.

Néanmoins, l’appellation d’aumônier militaire désormais commune sur le plan administratif à tous les cultes reconnus et, chacun plus ou moins minoritaire dans un monde sécularisé, peut entraîner dans une autre tentation. Celle d’équiparer le rôle et la fonction des ministres de cultes différents mais réunis sous la même dénomination et envoyés auprès des mêmes unités militaires.

Concrètement, la tentation est forte d’utiliser le « culte » comme un lieu propice d’expression de la cohésion ou encore celle de pouvoir répartir plus rationnellement le nombre limité d’aumôniers, tous cultes confondus, sur l’ensemble des unités. Or il faut se souvenir que la base légale sur laquelle repose les aumôneries (loi de 1905 en son article 1) motive leur existence par la nécessité de permettre à tout citoyen d’exercer le culte de son choix. Même s’il est souhaitable d’adopter une compréhension assez large du « culte », ce qui prévaut d’ailleurs aujourd’hui, en particulier pour l’aumônerie militaire, il reste fondamental que chaque aumônerie offre cette possibilité de façon précise.

Remarquons ici que la notion même de culte inter-religieux est inadéquate sachant qu’il n’existe pas au sens propre de liturgie inter-culte, mais seulement, le cas échéant, des liturgies successives ou parallèles, qui peuvent présenter un grand intérêt mais aussi des limites étroites [11]. Pour autant, l’aumônier de tel culte qui se trouve seul sur un théâtre où les militaires peuvent être de cultes différents, ne va pas abandonner à leur triste sort les militaires qui ne sont pas de son culte [12]. Cependant sa responsabilité et sa mission ne sont pas similaires selon qu’il s’adresse aux uns ou aux autres. La devise de l’aumônier canadien catholique souligne bien les trois niveaux de responsabilité de l’aumônier catholique vis-à-vis de ses fidèles, des chrétiens d’une autre confession et des autres militaires non chrétiens :

We minister to our own

Facilitate the worship of others

And care for all.

Les seuls vis-à-vis desquels l’aumônier catholique a, de façon précise, à exercer son ministère sont les fidèles catholiques. Mais à ceux-là il ne peut se limiter, ni proposer comme aux autres un simple rôle de « facilitation » ou d’attention très générale. Evidemment la stricte réciprocité est attendue de la part des autres cultes.

Ainsi, un aumônier militaire catholique est fondamentalement en charge d’un ministère pastoral au sens où le comprend l’Eglise Catholique et romaine. Cela qualifie et détermine sa responsabilité et son champ apostolique. Ce ministère, il l’exerce en accompagnant au plus près les militaires auxquels il est envoyé sans toutefois jamais chercher à s’identifier à un homme d’arme ou à un combattant (encore moins en jouant au petit soldat). Il est d’abord un acteur pastoral et secondairement militaire. D’autres approches sont imaginables. Du point de vue catholique, elles sont toutefois fragiles, sinon contradictoires et sans fécondité pastorale, débouchant à terme sur la disparition du concept même de diocèse aux Armées.

Note complémentaire sur l’appellation des aumôniers

Compte tenu de l’usage français, tant ecclésial qu’administratif, tous les aumôniers militaires, quel que soit leur culte ou leur statut particulier, peuvent légitimement être appelés Monsieur l’Aumônier (le cas échéant : Madame l’Aumônier). Par contre, les dénominations « Mon Père », ou « Padre » (voire « Monsieur l’abbé ») ne peuvent convenir de façon évidente que pour des aumôniers catholiques prêtres.

L’appellation correspondante adaptée pour un aumônier protestant serait « Monsieur le Pasteur » et pour un aumônier israélite « Monsieur le Rabbin ».

Concernant les aumôniers du culte musulman, outre l’appellation commune, comme indiqué plus haut, de Monsieur l’Aumônier, pourrait peut-être être reprise la dénomination de « Marab », bien connue des Armées d’Afrique et toujours attestées dans la Défense, en particulier au Lycée militaire de La Flèche. Elle correspondrait bien au caractère de proximité et de cordialité évoquée par le titre de « Padre », sans doute héritée des expéditions de la Légion au Mexique.

Ce qui est certain en la matière, c’est que le flou ou les dérapages concernant ces appellations sont sources de dommageables confusions et tendent de façon regrettable à gommer les différences confessionnelles ou cultuelles. Personne n’a rien à y gagner. La cohésion passe par le respect loyal de la spécificité de chaque culte, non par les confusions.

Patrick LE GAL

Evêque aux Armées françaises

mars 2007


 

[1] Le canon 517 §2 prévoit effectivement la possibilité de faire participer un diacre, voire un laïc, à l’exercice de la charge pastorale d’une paroisse -a fortiori d’une « aumônerie »-. Cela n’est toutefois autorisé que dans le cas de pénurie de prêtres et à condition de constituer un prêtre modérateur de la charge pastorale considérée (cf. infra § 2).

[2] Le mot vient tout droit du grec. On retrouve la même racine dans notre « Kyrie eleison », sous la forme verbale : prendre pitié, faire miséricorde.

[3] Cf. Catholicisme art. Aumônier I, col 1061-62 et surtout Dictionnaire de Droit Canonique R. Naz, art. Aumônier I, col 1437 - 1447

[4] L’ancien, de 1917, comme le nouveau, de 1983.

[5] En latin capelanus, en anglais chaplain, en allemand Kaplan …

[6] Constitution promulguée par Jean-Paul II, en date du 21 avril 1986 ; la constitution parle elle aussi de «capellani »

[7] D’ailleurs la constitution Spirituali Militum Curae précise explicitement que les prêtres nommés à une charge de chapelain militaire « jouissent des droits et sont tenus aux devoirs des curés » n° VII

[8] On comprend bien qu’il ne serait pas acceptable « d’employer » des prêtres à une tâche qui ne serait pas centralement celle pour laquelle ils ont consacré leur vie, à savoir un ministère pastoral. Cette exigence se fait encore plus urgente dans une conjoncture où le nombre de prêtres diminue (d’un facteur 10 pour la France entre 1950 et 2015 ou 2020, soit de 50 000 à 5 000). Engager une centaine de prêtres de 50 ans de moyenne d’âge (situation présente du diocèse aux Armées françaises) au profit de quelques dizaines de milliers de militaires en opération est évidemment un « luxe », sauf si l’on considère -ce que l’on fait- les enjeux humains et pastoraux de la tâche des militaires au service de la paix. S’il devait advenir que les aumôniers militaires voient leurs fonctions progressivement décalées hors du champ prioritairement pastoral, il deviendrait inacceptable de laisser plus longtemps ces aumôniers, et particulièrement les prêtres, dans ce cadre ; il faudrait les resituer dans le cadre des diocèses et des paroisses civils.

Alors, l’aumônerie catholique aux Armées -ou plus exactement le diocèse aux Armées- disparaitrait pour renaître éventuellement sous une forme associative, ce qui prévaut dans la police, par exemple.

[9] Les prêtres ouvriers renonçaient à l’exercice commun de leur ministère pour s’engager dans un métier leur permettant de côtoyer et de faire équipe avec d’autres professionnels qu’il s’agissait d’évangéliser de façon indirecte, par cette présence et le partage des mêmes engagements professionnels. L’aumônier militaire, lui, est parmi les soldats et les accompagne en tant que « ministre du culte » reconnu comme tel.

[10] A cet égard, on peut regretter la formulation utilisée par l’aumônier en chef du culte musulman voulant répondre à une objection sur la compatibilité de l’exercice du culte musulman avec l’état militaire. A la question posée, il répond : « Qu’il serve dans une unité ou qu’il soit dans un état-major, un aumônier est d’abord un militaire. L’exercice de sa mission passe avant toute dimension cultuelle (cf. Armée d’aujourd’hui, 315, nov. 2006, p. 25). Cela est vrai d’un musulman engagé dans le métier des armes, cela paraît faux pour un aumônier.

[11] La difficulté de concevoir une liturgie proprement inter-culte est sans doute aussi grande que celle, pour un militaire, de concevoir une munition inter-calibre. Ce serait pourtant très commode et simplifierait les approvisionnements.

[12] La situation peut d’ailleurs varier selon que sont présents ou non sur un théâtre donné des aumôniers des différents cultes.

 

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18 novembre 2018

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    Originaire de Grenoble dans le Dauphiné, elle entre dans l'Ordre de la Visitation en 1785, mais la Révolution française disperse sa Congrégation en 1791. En 1804, elle reprend sa vie religieuse dans l'Institut du Sacré-Cœur et à partir de 1818 l'implante aux États-Unis, à la demande de Mgr Dubourg, évêque de Louisiane de passage en France en 1817 et qui demandait des religieuses. Éducatrice et missionnaire au Missouri, c'est là qu'elle rejoint Celui qu'elle a fait découvrir à toute une jeunesse. Béatifiée par Pie XII le 12 mai 1940, canonisée par Jean-Paul II le 3 juillet 1988.Illustration "La femme qui prie toujours" La prière composée à l'occasion de la canonisation de Philippine Duchesne, le 3 juillet 1988, trace un portrait vivant de cette grande pionnière."Philippine Duchesne est née à Grenoble en 1769 d'une famille implantée à Romans et à Grane. La Révolution - où son père tient une place importante - l'arrache au couvent de la Visitation. C'est à Grane qu'elle affermit sa vocation. En pleine Terreur elle fonde une petite communauté qui visite les prisonniers et les pauvres.En 1804 elle entre dans la Société du Sacré-Cœur de Madeleine-Sophie Barat. En 1817 elle part en mission en Floride et en Louisiane. Elle fonde une école où enfants noirs, blancs et métis sont éduqués ensemble, en plein Sud esclavagiste. D'autres fondations suivent. Son tempérament assez fort lui vaut d'être relevée du supériorat.A 72 ans elle part en mission chez les Indiens Potowatomies que le gouvernement fédéral vient de déporter. C'était le but de sa vie. Trop âgée pour apprendre la langue c'est par la prière qu'elle témoigne. Les Indiens l'appellent: 'la-femme-qui-prie-toujours'.Sa santé donnant des inquiétudes on la rappelle en Louisiane. Elle vivra encore dix ans n'oubliant jamais 'ses' Indiens. Elle meurt le 18 novembre 1852." (Philippine Duchesne, vierge - diocèse de Valence)- Sur le site du Vatican: Rose-Philippine Duchesne (1769-1852) Religieuse, de la Société du Sacré Cœur- Site des Religieuses du Sacré-Cœur. À Saint-Charles du Missouri, aux États-Unis d'Amérique, en 1852, sainte Philippine Duchesne, vierge, religieuse du Sacré-Cœur de Jésus. Née en France, elle constitua une communauté religieuse pendant la Révolution française et passant ensuite en Amérique, y établit beaucoup d'écoles.

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