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La Vie des Diocèses - émission de KTO du 24 juin 2019

Interview du père Fournier dans Famille Chrétienne

 

le pere fournier articleLe père Jean Marc Fournier est l’aumônier des sapeurs-pompiers de Paris. Il a participé à la sauvegarde de la Couronne d’épines. Il a également protégé une partie des hosties de la cathédrale. Nous l’avons rencontré au quartier général des sapeurs-pompiers de Paris.

 Où étiez-vous au moment où l’on vous a prévenu de l’incendie ?

Nous sommes le Lundi Saint. Comme chaque année à cette date, les aumôniers militaires se réunissent autour de leur évêque pour honorer leurs grands anciens à l’Arc de Triomphe, ce que nous avons fait. Ensuite, l’évêque, Mgr Antoine de Romanet, devait nous recevoir pour un dîner confraternel à l’Ecole militaire. Nous prenons nos voitures et plus nous approchons de l’Ecole Militaire, plus nous voyons une sorte de panache noir de mauvais augure qui surplombe la capitale. Je rallume mon téléphone et vois de nombreux appels en absence du centre opérationnel qui m’annonce que la cathédrale est en feu.

Quelle heure était-il ?

Je ne sais pas. Peut-être 19h30. A ce moment-là, je suis attendu sur le parvis de la cathédrale par le général. Je m’y rends et je suis réceptionné par un lieutenant-colonel qui me conduit au poste de commandement des personnalités importantes. Je salue rapidement Emmanuel Macron et son épouse, le Premier ministre, Mgr Aupetit ou encore Mgr Chauvet. Vite nous nous concentrons sur la priorité :  les Reliques de la Passion et le Saint Sacrement. 

Une première difficulté intervient. La Couronne d’épines se trouve dans un coffre. Il faut trouver des clés et surtout le code. Or, nous ne trouvions personne qui pouvait nous le communiquer. Pendant que je m’occupe de cette recherche, une partie de l’équipe travaille dans la cathédrale pour sauver les œuvres selon un plan préétabli.

Y-a-t-il un sentiment de panique à cet instant ?

Pas du tout. Personne ne panique. Jamais ! Simplement, il y a un stress un peu plus important car on sait que le temps joue contre nous. Un stress qui est bon car il permet de prendre des décisions à l’instant. A un moment, le sacristain nous donne un jeu de clés avec le pass de la cathédrale. Nous nous précipitons. Au moment où nous rentrons, nous comprenons que l’autre partie de l’équipe, pendant nos recherches, a pris la décision de casser le reliquaire et a extrait la fausse couronne de présentation en or. Les pompiers avaient par ailleurs trouvé un intendant qui avait le code. Il a pu ouvrir le coffre et a sorti la couronne d’épines. Le premier objectif était rempli.

Le deuxième objectif était de préserver le Saint Sacrement ?

Absolument. Je rentre dans la cathédrale. La flèche s’est déjà effondrée. A chaque instant, la nef peut s’effondrer. Il y a deux brasiers ardents au sol. Un devant l’autel principal. Un autre devant le Maître-autel, dans le chœur des chanoines. Il y a des pluies de feu qui ne cessent de tomber du toit. Dans la cathédrale, l’ambiance est très particulière. Il n’y a pas de fumée, pas de chaleur excessive. Nous circulons en longeant les murs. Je me tourne vers l’intendant pour lui demander s’il y a d’autres trésors à sauver. Il me dit de récupérer une vierge à l’enfant dans la deuxième chapelle. Avec un adjudant-chef, nous partons rejoindre la chapelle et récupérons cette grande peinture. C’est la première œuvre que nous extrayons. Ensuite nous rationalisons notre action.

C'est-à-dire ?

Au lieu de piocher au coup par coup, nous décidons d’agir de manière rationnelle : l’adjudant-chef qui commande et qui a un éclairage puissant, moi pour l’expertise technique et une dizaine d’hommes pour transporter les œuvres. De manière systématique, nous faisons les chapelles les unes après les autres. Dans chaque chapelle nous balayons avec l’éclairage et j’estime qu’il faut absolument sortir. Au fur et à mesure qu’on récupère les œuvres, nous les envoyons dans la zone-vie des ouvriers du chantier de Notre Dame, sous la protection des fonctionnaires de la préfecture de police. Arrivés dans la chapelle où il y a les deux grandes maquettes, comme il est impossible de les sortir, nous les faisons bâcher pour les protéger de l’eau. Nous poursuivons le tour, récupérons toutes les garnitures d’autel, Notre-Dame de Częstochowa, un tableau des martyrs de Corée, une très belle icône, une très grande toile pour laquelle nous devons être quatre pour la porter. Nous ne pouvons pas aller plus loin, l’officier expliquant qu’il est trop dangereux de poursuivre.

Vous aviez l’impression de risquer votre vie ?

Comme à chaque fois que nous entrons dans un bâtiment en flammes ! Et ce n’est pas une impression. C’est une réalité !

Revenons au Saint Sacrement. Que faites-vous ensuite ?

Effectivement il est temps de sortir Jésus de cette cathédrale en flammes. Le sacristain m’explique qu’il y a deux endroits où réside la Présence Réelle. D’abord, sur l’autel des Chanoines, avec plusieurs milliers d’hosties à transporter. Le problème est qu’il se situe à un endroit où il y a un enchevêtrement de poutres qui brûlent. Et les gouttelettes de plomb fondu continuent de tomber. C’est absolument impossible de l’atteindre ! Je fais le deuil de cette réserve [qui n’a sans doute pas été touchée finalement Ndlr]. Il y a une deuxième réserve qui se situe à l’autel de Saint Georges. Nous trouvons les clés. Je récupère Jésus. Et je bénis avec le Saint Sacrement la cathédrale. C’est un acte de foi. Je demande à Jésus – que je crois réellement présent dans ces hosties – de combattre les flammes et de préserver l’édifice dédié à sa mère. Cette bénédiction coïncide avec le début d’incendie dans la tour nord. Et en même temps son extinction ! Sans doute la Providence…  Les deux beffrois sont sauvés.

Vous ressortez avec la Présence Réelle ?

Non, je la laisse dans la sacristie qui n’est pas menacée par l’incendie, tout comme le trésor. Des lances à incendies se sont efforcées dès le début de les protéger. La Couronne d’Épines qui était dans un reliquaire situé dans la chapelle du Chevet, a été conduite dans l’espace-vie des ouvriers.

Vous êtes ensuite allé dans les tours de Notre-Dame ?

Oui, un sergent-chef qui était là au tout début de l’intervention me propose de monter par la tour sud qui était accessible. Nous arrivons tous les deux en haut. Je vois la toiture qui n’est plus et la cathédrale qui se consume.

Quels sentiments vous traversent à ce moment-là ?

Nous venions d’entrer dans la Semaine sainte. Nous avions commencé le Carême par l’imposition des Cendres et cette phrase : « Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras à la poussière ». Cette condition de la poussière est étroitement liée à notre humanité. Mais en plus, elle est nécessaire dans la perspective de la Résurrection. J’avais à la fois cette grande tristesse de la perte d’un bien extraordinaire, cette forêt de la charpente de la cathédrale. Et en même temps, cette joie indicible liée à l’espérance de la Résurrection. Je savais que la cathédrale allait être rebâtie plus belle, plus forte et plus vivante !

Plus vivante ? Que voulez-vous dire ?

Oui car beaucoup d’édifices sont des coquilles un peu mortes. Il existe pour ces monuments religieux le risque de se transformer en sépulcre blanchi. Dans l’histoire de la chrétienté occidentale, ces édifices brulaient, s’effondraient, étaient attaqués. Que se passait-il ? Tout le monde se retroussait les manches et reconstruisait. Il y a une sorte de vie inhérente aux bâtiments qui accompagnait la vie du quotidien des chrétiens. Aujourd’hui, il peut y avoir une sclérose qui empêche de faire vivre ces bâtiments. Alors que ces édifices doivent être le reflet de nos vies. Avec les joies et les peines. La mort et la vie.

Vous êtes également membre de l’ordre du Saint Sépulcre…

Oui, et c’est pour cela que mon attention s’est vite concentrée sur la Sainte Couronne. Je la porte tous les Vendredis saints. J’ai un lien particulier avec elle ! C’est un soulagement énorme que de la savoir sauve. L’Humanité n’a pas été amputée d’un de ses trésors les plus précieux.

Vous éprouvez de la fierté ?

Comme à chaque fois qu’on fait quelque chose de bien. C’est en contre-pied à la lettre de Saint Paul. On fait tellement de fois le mal qu’on ne voudrait pas et on a tellement de mal à faire le bien qu’on voudrait faire que, lorsqu’on collabore à faire du bien, on éprouve une légitime fierté. Sans oublier cependant que ce bien ne vient pas de nous qui ne sommes que des serviteurs inutiles de la grâce du Seigneur.

 

Article de Hugues Lefèvre publié le 17 avril 2019
Crédit photo : KTOTV

Mots-clés: Sapeurs-Pompiers, pompiers de paris, couronne du christ, saint sacrement

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Saint du Jour

Nominis

16 juillet 2019

Tous les saints du jour
  • Notre-Dame du mont Carmel -
    Le Mont Carmel est en Terre Sainte.Voir le site du Carmel de France, ainsi qu'un tableau de Tommaso de Vigilia (XVe siècle).A Ajaccio, elle était la protectrice des pêcheurs de corail. Ceux-ci à leur retour passaient devant la chapelle et tiraient en signe de reconnaissance des salves de mousquetterie pour avoir échappé aux périls de la mer, principalement des barbaresques... (d'après 'Eglise de Corse en prière')- Prier avec l'icône de Notre Dame du Mont-Carmel (vidéo webTV de la CEF)Mémoire de Notre-Dame du Mont Carmel, qui rappelle le lieu où jadis le prophète Élie avait ramené le peuple d'Israël à adorer le Dieu vivant, lieu où, au temps des croisés, des ermites en recherche de solitude se retirèrent et constituèrent ensuite, au XIIIe siècle, un Ordre voué à la vie contemplative sous le patronage de la sainte Mère de Dieu.

Les lectures du jour

Messe

(c) Association Épiscopale Liturgique pour les pays francophones - 2019
  • Première lecture : « Elle lui donna le nom de Moïse, en disant : “Je l’ai tiré des eaux.” Or vint le jour où Moïse, qui avait grandi, se rendit auprès de ses frères » (Ex 2,1-15a)

    Lecture du livre de l’Exode

    En ces jours-là,
        un homme de la tribu de Lévi
    avait épousé une femme de la même tribu.
        Elle devint enceinte, et elle enfanta un fils.
    Voyant qu’il était beau,
    elle le cacha durant trois mois.
        Lorsqu’il lui fut impossible
    de le tenir caché plus longtemps,
    elle prit une corbeille de jonc,
    qu’elle enduisit de bitume et de goudron.
    Elle y plaça l’enfant,
    et déposa la corbeille au bord du Nil,
    au milieu des roseaux.
        La sœur de l’enfant se tenait à distance
    pour voir ce qui allait arriver.

        La fille de Pharaon descendit au fleuve pour s’y baigner,
    tandis que ses suivantes se promenaient sur la rive.
    Elle aperçut la corbeille parmi les roseaux
    et envoya sa servante pour la prendre.
        Elle l’ouvrit et elle vit l’enfant.
    C’était un petit garçon, il pleurait.
    Elle en eut pitié et dit :
    « C’est un enfant des Hébreux. »
        La sœur de l’enfant dit alors à la fille de Pharaon :
    « Veux-tu que j’aille te chercher,
    parmi les femmes des Hébreux,
    une nourrice qui, pour toi, nourrira l’enfant ? »
        La fille de Pharaon lui répondit :
    « Va. »
    La jeune fille alla donc chercher la mère de l’enfant.
        La fille de Pharaon dit à celle-ci :
    « Emmène cet enfant et nourris-le pour moi.
    C’est moi qui te donnerai ton salaire. »
    Alors la femme emporta l’enfant et le nourrit.

        Lorsque l’enfant eut grandi,
    elle le ramena à la fille de Pharaon
    qui le traita comme son propre fils ;
    elle lui donna le nom de Moïse, en disant :
    « Je l’ai tiré des eaux. »
        Or vint le jour où Moïse, qui avait grandi,
    se rendit auprès de ses frères
    et les vit accablés de corvées.
    Il vit un Égyptien qui frappait un Hébreu, l’un de ses frères.
        Regardant autour de lui et ne voyant personne,
    il frappa à mort l’Égyptien et l’enfouit dans le sable.
        Le lendemain, il sortit de nouveau :
    voici que deux Hébreux se battaient.
    Il dit à l’agresseur :
    « Pourquoi frappes-tu ton compagnon ? »
        L’homme lui répliqua :
    « Qui t’a institué chef et juge sur nous ?
    Veux-tu me tuer comme tu as tué l’Égyptien ? »
    Moïse eut peur et se dit :
    « Pas de doute, la chose est connue. »
        Pharaon en fut informé
    et chercha à faire tuer Moïse.
    Celui-ci s’enfuit loin de Pharaon
    et habita au pays de Madiane.

                – Parole du Seigneur.

     

  • Psaume (Ps 68 (69), 3, 14, 30-31, 33-34)

    Refrain psalmique : (Ps 68, 33b)

    Cherchez Dieu, vous les humbles,
    et votre cœur vivra.

    J’enfonce dans la vase du gouffre,
    rien qui me retienne ;
    je descends dans l’abîme des eaux,
    le flot m’engloutit.

    Et moi, je te prie, Seigneur :
    c’est l’heure de ta grâce ;
    dans ton grand amour, Dieu, réponds-moi,
    par ta vérité sauve-moi.

    Et moi, humilié, meurtri,
    que ton salut, Dieu, me redresse.
    Et je louerai le nom de Dieu par un cantique,
    je vais le magnifier, lui rendre grâce.

    Les pauvres l’ont vu, ils sont en fête :
    « Vie et joie, à vous qui cherchez Dieu ! »
    Car le Seigneur écoute les humbles,
    il n’oublie pas les siens emprisonnés.

  • Évangile : « Au jour du Jugement, Tyr et Sidon et le pays de Sodome seront traités moins sévèrement que vous » (Mt 11, 20-24)

    Acclamation : (cf. Ps 94, 8a.7c)

    Alléluia. Alléluia. 
    Aujourd’hui, ne fermez pas votre cœur,     
    mais écoutez la voix du Seigneur.
    Alléluia.  

    Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu

    En ce temps-là,
        Jésus se mit à faire des reproches
    aux villes où avaient eu lieu la plupart de ses miracles,
    parce qu’elles ne s’étaient pas converties :
        « Malheureuse es-tu, Corazine !
    Malheureuse es-tu, Bethsaïde !
    Car, si les miracles qui ont eu lieu chez vous
    avaient eu lieu à Tyr et à Sidon,
    ces villes, autrefois, se seraient converties,
    sous le sac et la cendre.
        Aussi, je vous le déclare :
    au jour du Jugement,
    Tyr et Sidon seront traitées moins sévèrement que vous.
        Et toi, Capharnaüm, seras-tu donc élevée jusqu’au ciel ?
    Non, tu descendras jusqu’au séjour des morts !
    Car, si les miracles qui ont eu lieu chez toi
    avaient eu lieu à Sodome,
    cette ville serait encore là aujourd’hui.
        Aussi, je vous le déclare :
    au jour du Jugement,
    le pays de Sodome sera traité moins sévèrement que toi. »

                – Acclamons la Parole de Dieu.