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La Vie des Diocèses - émission de KTO du 24 juin 2019

Veni, Sancte Spiritus !

Jean-Pierre CALLOC’H

a-genoux

chant de bienvenue à l’an nouveau (extraits)      

IV

Je ne dors plus. Il y a une voix, dans la nuit d’hiver, qui m’appelle, une voix étrange ;

Une voix forte, une voix âpre et habituée à commander : une voix comme celle-là est agréable aux jeunes hommes ;
(Et ce n’est pas la voix d’une femme, ni la voix de ces sirènes qui errent sur la mer celtique) ;
Une voix à qui nul ne peut désobéir : le hurlement de la Guerre aux frontières.

J’obéirai. Bientôt je serai avec mes frères, soldat à la suite des soldats ;
Bientôt je serai dans la tuerie… Quels signes y a t il sur mon front ? Année nouvelle, verrai-je ta fin ?
Et qu’importe ? Que ce soit tôt ou tard, quand l’heure sonnera d’aller vers le Père, j’irai joyeux : Jésus sait consoler nos mères.

Sois bénie, année nouvelle, quand bien même, au milieu de tes trois cent soixante-cinq jours, il y aurait mon dernier jour !
Sois bénie ! Car plus de cent années ont passé sur ce pays sans avoir connu autre chose que la colère de Dieu, et tu contempleras, toi, ses miséricordes.
Tu verras le retour des croyances bannies, la victoire flotter de nouveau sous les plis du drapeau de la France, et la patrie exaltée pour toujours ;
Tu verras ma Bretagne enfin libre, et sa langue honorée, comme quand ses chevaliers étaient vivants pour la défendre.

Année nouvelle, année de guerre ! Sois bénie quand bien même tu apporterais dans ton manteau, en même temps que le printemps pour le monde, la mort pour moi.
Qu’est-ce que la mort d’un, ou de cent, ou la mort de cent mille, pourvu que la patrie soit vivante et glorieuse, pourvu que la race continue…

Quand je mourrai dites les prières et enterrez-moi comme mes pères, le front tourné vers l’ennemi,
Et ne demandez rien pour moi à mon Rédempteur, si ce n’est la dernière place dans Son Paradis…

(V)

VI

Une plaine. Des cadavres sur la plaine, ils sont des milliers et des milliers. Et debout au milieu des cadavres, comme Ezéchiel en exil autrefois, le pauvre barde, Esprit, vous appelle.
Venez, Esprit Saint !


Votre venue a été prédite par Un qui ne dit pas de mensonges : Celui qui porta Sa Douleur tout seul et mourut renié, entre les bras durs d’une croix.
Venez, Esprit Saint !


Plusieurs depuis, Vous ont attendu, ô Esprit ! Et parce qu’ils ne pouvaient plus contenir la hâte qu’ils avaient de vous voir venir, ils sont allés tôt dans leurs tombes.
Venez, Esprit Saint !


Et aujourd’hui, ah ! Aujourd’hui ! plus d’un encore pleure après Vous et Vous cherche dans les ténèbres d’un monde qui a perdu son Dieu.
Venez, Esprit Saint !


Oh ! Nous ne demandons pas de contempler Votre gloire à son midi, mais seulement, comme Dieu fit à Moïse pour la Terre Promise, de voir de loin, une heure, le visage du monde renouvelé par Vous, et mourir.
Venez, Esprit Saint !


Ne pourrons-nous donc jamais asseoir sur Votre paix un foyer ? Sera-ce toujours en vain que nous bâtirons des maisons et des cités que l’haleine de la Guerre viendra renverser ?
Venez, Esprit Saint !


Comment pourrons-nous vivre, si vous ne venez pas à nous fortifier ? Le fils de l’homme est vieux, et froide la terre sous son pauvre corps.
Venez, Esprit Saint !


Père des Pauvres, Lumière des cœurs ! Consolateur, ô Consolateur excellent, dans la misère de cette guerre à qui on ne vit jamais d’égale nous Vous supplions : venez à nous avec l’an nouveau.


(VII)

                                                                                                              J.-P. C.     Paris,  janvier 1915

(paru dans « A GENOUX »,   Plon-Nourrit et Cie, imprimeurs-éditeurs, 1921)                               

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Saint du Jour

Nominis

15 septembre 2019

Tous les saints du jour
  • Notre-Dame des sept Douleurs - mémoire liturgique
    Debout au pied de la Croix de son fils agonisant, la Mère de Dieu et toujours Vierge, Marie connut le glaive de douleurs que lui avait annoncé le vieillard Syméon dans le Temple au jour de la Présentation de Jésus.- vidéo: Notre Dame des sept douleurs, webTV de la CEF.- Notre Dame des douleurs (Portail de la liturgie)Illustration: Notre-Dame des sept douleurs, statue dans l'église de Costa-20226 en Corse, offerte en remerciement d'une action de grâce. Mémoire de Notre-Dame des Douleurs, la Vierge Marie, qui, debout au pied de la Croix de Jésus, a été associée très intimement et dans la foi à la passion salutaire de son fils.

Les lectures du jour

Messe

(c) Association Épiscopale Liturgique pour les pays francophones - 2019
  • Première lecture : « Le Seigneur renonça au mal qu’il avait voulu faire » (Ex 32, 7-11.13-14)

    Lecture du livre de l’Exode

    En ces jours-là,
        le Seigneur parla à Moïse :
    « Va, descends,
    car ton peuple s’est corrompu,
    lui que tu as fait monter du pays d’Égypte.
        Ils n’auront pas mis longtemps
    à s’écarter du chemin que je leur avais ordonné de suivre !
    Ils se sont fait un veau en métal fondu
    et se sont prosternés devant lui.
    Ils lui ont offert des sacrifices en proclamant :
    ‘Israël, voici tes dieux,
    qui t’ont fait monter du pays d’Égypte.’ »

        Le Seigneur dit encore à Moïse :
    « Je vois que ce peuple
    est un peuple à la nuque raide.
        Maintenant, laisse-moi faire ;
    ma colère va s’enflammer contre eux
    et je vais les exterminer !
    Mais, de toi, je ferai une grande nation. »
        Moïse apaisa le visage du Seigneur son Dieu
    en disant :
    « Pourquoi, Seigneur,
    ta colère s’enflammerait-elle contre ton peuple,
    que tu as fait sortir du pays d’Égypte
    par ta grande force et ta main puissante ?
        Souviens-toi de tes serviteurs,
    Abraham, Isaac et Israël,
    à qui tu as juré par toi-même :
    ‘Je multiplierai votre descendance
    comme les étoiles du ciel ;
    je donnerai, comme je l’ai dit,
    tout ce pays à vos descendants,
    et il sera pour toujours leur héritage.’ »
        Le Seigneur renonça
    au mal qu’il avait voulu faire à son peuple.

        – Parole du Seigneur.

  • Psaume (Ps 50 (51), 3-4, 12-13, 17.19)

    Refrain psalmique : (Lc 15, 18)

    Oui, je me lèverai,
    et j’irai vers mon Père.

    Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour,
    selon ta grande miséricorde, efface mon péché.
    Lave-moi tout entier de ma faute,
    purifie-moi de mon offense.

    Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu,
    renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit.
    Ne me chasse pas loin de ta face,
    ne me reprends pas ton esprit saint.

    Seigneur, ouvre mes lèvres,
    et ma bouche annoncera ta louange.
    Le sacrifice qui plaît à Dieu, c’est un esprit brisé ;
    tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un cœur brisé et broyé.

  • Deuxième lecture : « Le Christ Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs » (1 Tm 1, 12-17)

    Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre à Timothée

    Bien-aimé,
        je suis plein de gratitude
    envers celui qui me donne la force,
    le Christ Jésus notre Seigneur,
    car il m’a estimé digne de confiance lorsqu’il m’a chargé du ministère,
        moi qui étais autrefois blasphémateur, persécuteur, violent.
    Mais il m’a été fait miséricorde,
    car j’avais agi par ignorance,
    n’ayant pas encore la foi ; 
       la grâce de notre Seigneur a été encore plus abondante,
    avec la foi, et avec l’amour qui est dans le Christ Jésus.

        Voici une parole digne de foi,
    et qui mérite d’être accueillie sans réserve :
    le Christ Jésus est venu dans le monde
    pour sauver les pécheurs ;
    et moi, je suis le premier des pécheurs.
        Mais s’il m’a été fait miséricorde,
    c’est afin qu’en moi le premier,
    le Christ Jésus montre toute sa patience,
    pour donner un exemple à ceux qui devaient croire en lui,
    en vue de la vie éternelle.

        Au roi des siècles,
    au Dieu immortel, invisible et unique,
    honneur et gloire pour les siècles des siècles. Amen.

        – Parole du Seigneur.