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La Vie des Diocèses - émission de KTO du 24 juin 2019

Présentation de Monseigneur SAGOT DU VAUROUX, évêque d'’AGEN

MONSEIGNEUR SAGOT DU VAUROUX, EVEQUE D’AGEN ET LA GUERRE DE 1914-1918

Par le Dr Marc Heib

Monseigneur Sagot du Vauroux, évêque d’Agen post-concordataire depuis 1906 était en charge du diocèse d’Agen au moment de la première guerre mondiale. Comme tout français et de surcroît investi d’une autorité morale, il fut très concerné par ce conflit, il a fait paraître deux ouvrages relatifs à cette guerre de 1914-1918 dans lesquels il nous donne des enseignements sur ses propres opinions et par la même occasion sur l’implication de l’Église et du clergé dans cette période cruciale pour notre pays.

1) Les leçons chrétiennes de la guerre de 14-15, paru en 1915.

2) La paix et la mission providentielle de la France, paru en 1919.

1) Ce premier livre est le recueil des cinq prêches donnés dans la cathédrale d’Agen en mars et avril 1915, soit en plein conflit.

Ces prêches avaient pour titres et objets ;

Le réveil de l’idée de Dieu ; Le principe de la responsabilité individuelle dans la vie nationale ; La nécessité de la discipline dans la vie nationale ; l’esprit d’abnégation ; L’union fraternelle.

2) Ce second ouvrage paru après-guerre est divisé en 2 tomes.

Le premier tome est intitulé : « La paix et la mission providentielle de la France »,
les différents paragraphes traitent de :

a)Paix juste- Paix durable- Paix bienfaisante- Paix glorieuse- Paix chrétienne.

b)L’âme française et la religion catholique- La vocation chrétienne de la France- Les intérêts nationaux de la France et de l’Église- Les desseins particuliers de Dieu sur la France- Le christ roi de France.

Le second tome est intitulé : « Après la guerre- Périls et leçons . »

a) Les périls à redouter- Une profonde lassitude- Plusieurs idées fausses-Quelques illusions- l’effervescence des mauvaises passions - Le remède suprême

b) Les leçons à tirer sont la reprise des prêches de 1915 à Agen.

LA POSITION DU VATICAN

Il était instructif de connaître la position du Vatican durant cette période de fureur et de haine pour mieux comprendre un des ressorts auxquels a obéis cette grande guerre.

A la mort de Pie X, le conclave élisait le 3 septembre 1914, Giacomo Della Chiesa qui prenait le nom de Benoit XV, bien que celui-ci n’ait été nommé cardinal que trois mois auparavant. On avait manifestement choisi un papediplomate à l’image de ce qu’avait été Léon XIII, en ce tout début de conflit européen qui annonçait une période dramatique pour le monde.

. A cette époque, la France n’a plus de relations diplomatiques avec le Vatican, depuis les prémices des discussions de la loi de séparation des Églises et de l’État et surtout depuis le voyage de Loubet à Rome en 1904 qui a précipité cette rupture, surtout due à l’intransigeance de Pie X qui a considéré ce voyage comme une offense et l’a fait savoir à toutes les chancelleries européennes .

. L’Angleterre et la Russie non plus, n’ont pas de relations avec la papauté pour cause d’anglicanisme et « d’orthodoxisme ».

. Le Souverain Pontife qui n’a plus de pouvoir temporel depuis 1870, se considère comme prisonnier de l’Italie dans laquelle son état est inséré, d’où l’incident du voyage de Loubet rendant pourtant la politesse au roi d’Italie.

En revanche, le Vatican a des relations amicales et suivies avec l’Allemagne protestante et très étroites avec l’Autriche dont l’Empereur est ultra catholique.

Mais dans la situation actuelle, il se doit de garder une position de neutralité supra nationale. En effet, il y a des catholiques dans les deux camps et pour préserver les chances de paix, il n’y aura de sa part, ni accusation, ni condamnation franche et affichée dans le domaine public, si ce n’est des regrets sur les conditions humanitaires des belligérants et des populations civiles martyres des exactions germaniques dont la presse se fait de plus en plus l’écho.

C’est donc par la voie de la diplomatie secrète mais active que Benoit XV va essayer de trouver des solutions à ce conflit, ce qui aura pour conséquence de replacer définitivement le Saint Siège au cœur de la diplomatie internationale, ne serait-ce que par les avances faites au pape par les différentes nations pour obtenir sa caution morale.

Le Vatican était particulièrement attentif et préoccupé par le sort de trois pays de grande pratique catholique comme la Belgique, la Pologne et l’Autriche-Hongrie qui pouvaient être laminés dans ce conflit, véritable « suicide de l’Europe civilisée » selon les termes du Pape. C’est ainsi qu’il fera pression, sans succès, sur le gouvernement italien pour qu’il ne s’engage pas dans un conflit avec l’Autriche-Hongrie.

Comme il pensait que la paix ne pouvait venir que du côté de l’Allemagne, il avait envoyé monseigneur Pacelli,[1] le futur Pie XII, comme nonce apostolique à Munich pour entamer des pourparlers de paix qui sembleront trouver un écho favorable auprès du chancelier Bethmann-Hollweg, mais celui-ci est destitué peu après et les militaires qui sont alors en position de force sur le terrain de la guerre rejettent toute idée de paix.

En France, la position moraliste et non engagée du pape est mal perçue[2] et dérange, car ce combat est considéré chez nous comme celui du droit contre la barbarie. Nous nous considérons aussi comme les agressés puisque nous avons été envahis et que la guerre se déroule sur le sol sacré de la patrie et lorsqu’il déclare que reprendre un territoire comme l’Alsace et la Lorraine ne vaut pas tant de sacrifices, c’est un tollé général en France.

Dès 1915, le pape exhorte les belligérants à une paix négociée creusant encore plus le fossé entre lui, les catholiques et même une grande partie de l’épiscopat français, d’autant plus qu’on n’a jamais entendu de sa bouche la moindre condamnation des crimes allemands ou d’actions comme le bombardement de la cathédrale de Reims ; Et comme à cette époque, la situation est en faveur des Empires centraux, il est en général soupçonné, en France, de leur être favorable ; d’ailleurs Clemenceau n’hésite pas à le traiter de « pape boche ».

En effet, avec une prémonition remarquable, le Pape pensait que seule une paix négociée et non imposée, qui prendrait en compte les aspirations des peuples, pouvait amener une paix durable, car c’est effectivement le diktat du traité de Versailles imposé à l’Allemagne qui explique principalement les causes du déclenchement du Second conflit mondial, 25 ans plus tard.

Devant le peu de succès de cette diplomatie discrète, Benoit XV publie une note de paix le 1er août 1917 destinée à faire appel à la raison de tous les belligérants pour mettre fin à ce carnage. Il y proposait un rôle de médiateur et non d’arbitrage pour promouvoir la paix. On pouvait lire dans le journal La Croix du 02-08 1917 : « Plus la guerre s’aggrave, plus elle dure et plus aussi au sein de la grande famille humaine, le vicaire de Jésus- Christ se dresse comme la suprême espérance de réconciliation entre les frères divisés ».

Bien que peu efficace sur le cours des évènements, cette activité ne fut pourtant pas vaine, puisqu’après la guerre, le Vatican obtenait la reconnaissance de sa souveraineté territoriale de la part de l’État italien et la papauté était reconnue comme autorité morale incontestable de la part de la communauté internationale.

LES RELIQUATS DU CONFLIT ÉGLISE-ÉTAT.

Par des extraits tirés des ouvrages de l’évêque d’Agen, nous pouvons nous faire une idée de la position du clergé français pendant cette guerre.

Dans ses réflexions et ses exhortations, il exprime de manière assez fidèle celle de la hiérarchie de l’Église de France à cette époque. L’Église a encore une grande influence dans l’opinion publique, malgré, ou au contraire, à cause du grand conflit engagé avec l’institution républicaine et surtout sa faction anticléricale qui a profondément divisé et meurtri la France, dix ans auparavant.

En effet, la loi de Séparation a été ressentie par l’Église comme une spoliation[3], les inventaires sont apparus à certains comme sacrilèges, ils ont été à l’origine de manifestations violentes et d’affrontements entre les fidèles et les forces de l’ordre ; l’armée a été requise pour aider les représentants de l’État à appliquer la loi de la République. L’application de ces lois a fait expulser les évêques de leurs évêchés. Mgr Sagot du Vauroux n’a pas fait exception à cette règle ; dans de nombreuses paroisses où le curé était en conflit avec la municipalité, il y a aussi eu des expulsions des presbytères[4].

L’enseignement qui était l’instrument le plus efficace de l’influence du catholicisme en France depuis la promulgation des lois Falloux, a perdu la prééminence au profit de la laïcité, puisque les écoles confessionnelles ont été fermées, pour enseigner à nouveau, elles doivent obtenir une autorisation qu’on ne délivre quasiment plus.  

Le clergé qui n’est plus salarié comme sous le régime du Concordat est à la merci de la générosité de ses ouailles, il doit obéir à sa hiérarchie romaine qui n’a plus de relations diplomatiques avec l’État français depuis 1904.

Le clergé français se trouve donc partagé entre son patriotisme exalté, comme on pourra le constater plus loin et sa dépendance hiérarchique au Vatican, ce qui l’a conduit à entrer conflit avec la loi française au moment de la séparation et à le maintenir dans une situation légale mal définie, d’occupant sans titre, des lieux de culte.

Cependant, l’Eglise française a joué le jeu de l’Union Sacrée, celle qu’a demandé le Président Poincaré au nom des intérêts suprêmes de la patrie en danger ; on ne saura jamais si derrière cette réconciliation ne se cachaient pas des calculs ou des arrières pensées, car c’était aussi l’occasion de reprendre un peu de l’influence et de l’autorité perdue dans le conflit engagé avec les lois laïques depuis la fin du second Empire ; toujours est-il qu’elle se réalisa.

L’Union sacrée avait été lancée au lendemain de l’invasion de la Belgique par les troupes allemandes ; dès le jour suivant, on lisait dans la Croix un commentaire montrant la volonté de faire taire les rancœurs passées : «  Plus de vains débats entre nous, on sent que l’Union est voulue par Dieu pour la paix de la France. A cette heure, il n’y a plus de partis, il y a la France Eternelle, la France pacifique, la France résolue .C’est la patrie du droit et de la justice toute entière unie dans le calme, la vigilance et la dignité »

Il est vrai que dès le 2 août 1914, la République avait donné des gages à l’Église. Le très anticlérical ministre de l’intérieur, Malvy avait suspendu l’application des lois de 1904 sur les fermetures des écoles congréganistes et l’expulsion de ses enseignants. De plus, en engageant et en dotant les aumôniers volontaires d’une indemnité de 10 francs par jour, c’est la République qui établissait une base pour l’apostolat catholique parmi ses troupes, légère mais significative entorse au principe de la séparation établie par la loi de 1905.

Du côté de l’Eglise, appréciant la présence de Poincaré à Notre-Dame de Paris pendant le service en l’honneur de Pie X décédé, le cardinal Amette déclarait le 28 août : « Il y a, sinon réconciliation, du moins rapprochement et les deux causes de l’Église et de la France ne sont déjà plus dissociées ».

La Croix annonçait de façon optimiste et probablement prématurée :

 «  L’imposture anticléricale a été enterrée sur le front ».

Le clergé s’investit auprès des fidèles, en les engageant à souscrire aux emprunts et à donner leur or, mêlant leurs efforts à ceux de l’État pour la victoire finale.

Malgré ce louable effort de réconciliation entre les deux parties, en 1919, Mgr Sagot du Vauroux refusait les obsèques religieuses à Joseph Chaumié qui avait voté comme sénateur, la loi de Séparation de 1905 et qui avait été ministre de l’Instruction publique dans le cabinet d’Émile Combes.

LES DECLARATIONS DE MGR SAGOT DU VAUROUX PENDANT LA GUERRE.

Chacun de leurs côtés, les belligérants s’étaient attribués la protection divine mais à l’inverse du soldat allemand qui arborait sur son ceinturon la devise « Gott mit uns » (Dieu avec nous), le soldat français ne portait réglementairement aucun signe religieux, c’est l’imagerie populaire et surtout tout un arsenal de slogans patriotiques, expressions omniprésentes d’un chauvinisme triomphant, qui avaient ramené Dieu dans la mêlée et dans notre camp, au même titre que les aumôniers au front.

Ainsi, l’Eglise adopte sans retenue le vocabulaire cocardier qui était utilisé alors dans toute la société et qui faisait de cette guerre, un combat du droit et de la justice contre la loi du plus fort et celui de l’humanisme contre la barbarie. Dans cet esprit, l’évêque d’Agen déclarait : « Le soldat français, brave jusqu’au mépris de la mort, indomptable dans la souffrance, magnanime après la victoire, fier devant son vainqueur, doux et compatissant aux faibles, généreux envers les adversaires, se jetant avec furie dans les mêlées pendant que son âme pense à Dieu et à la patrie. Ce modèle incomparable de vaillance et de noblesse, c’est, il n’en faut pas douter, un héros chrétien. En définitive, c’est la foi qui a développé dans l’âme de la France ces belles aptitudes. En rejetant les enseignements fallacieux de Voltaire et de Rousseau et les terribles leçons de la Révolution, grâce à cette guerre la France a repris sa vocation providentielle de défense de l’Eglise et de ses intérêts et sa vocation chrétienne. »

: «  Le Christ qui aime toujours les Francs leur donnera la victoire sur les comptenteurs des traités et sur les soldats de la force brutale. Cette grande guerre sera le point de départ de magnifiques progrès de la vertu, la justice, la charité, la paix. »

: « Il est possible que durant cette semaine Sainte, un évêque, dans une cathédrale allemande ou autrichienne, exhorte comme moi, son peuple à la prière, il y aura une grande et profonde différence entre lui et moi, c’est que le droit est de mon côté et pas du sien. Et comme la France défend le droit, je me sens fort de la protection du ciel, Dieu est toujours avec les soldats de la bonne cause, tôt ou tard, il leur donnera de réussir. La cause de la France est trop juste et l’Allemagne outrage trop cyniquement la civilisation chrétienne pour ne pas recevoir le châtiment de la défaite ». 

 Mgr Sagot du Vauroux visitant les blessés à Agen en 1914
Mgr Sagot du Vauroux visitant les blessés à Agen en 1914. 

 

Dès le 9 août 1914, Mgr Sagot du Vauroux célébrait une messe solennelle à la cathédrale d’Agen, en faveur de la France et de ses armées et le 15 septembre, ce même service était dédié aux déjà nombreuses victimes de la guerre. Lors de ces deux cérémonies, il prononçait une harangue patriotique et exhortait également son clergé à remplir ses devoirs envers la France.

Dans ces heures dramatiques de la guerre qui seront les plus meurtrières, celles où le pays supporte le titanesque effort de cette épreuve et souffre dans sa chair, Sagot du Vauroux reprend d’autres slogans patriotiques : « Oui, notre douleur est atroce, mais quoique nous ne la supportions pas sans protestation, un cri plus véhément que toutes les autres plaintes s’échappe de nos poitrines. Ah ! Qu’il est bon, qu’il est glorieux d’avoir pour mère la France ! ».

En effet, la France est glorieuse, elle joue alors le premier rôle dans le monde, notre industrie et ses milieux d’affaire, notre science et ses savants, notre aéronautique et ses intrépides pilotes, nos intellectuels et nos penseurs, nos artistes, nos explorateurs, nos sportifs, notre agriculture et surtout notre richesse qui a fait de nous le banquier du monde, tout cela nous donne un incontestable complexe de supériorité et comment ne pas en être imbu.

Le sentiment qui prévaut, alors, en France est celui d’en découdre avec l’Allemagne pour effacer l’humiliation de 1870 et en même temps récupérer nos provinces volées qui ont encore le cœur français. Par la même occasion, nous pourrions établir sans partage le leadership mondial que nous contestent cette Allemagne et nos nouveaux alliés anglais, d’autant plus que l’empire colonial que nous avons bâti depuis l’affront de la capitulation de Sedan nous donne suffisamment l’illusion de la force et de la sécurité.

Les vertus guerrières ont été enseignées et exaltées à l’intention de toutes les nouvelles générations en portant le regard au-delà de la ligne bleue des Vosges ; le statut des militaires leur donne la place d’honneur dans notre société, notre armée et ses chefs sont considérés comme sans égaux.

En baignant dans cette ambiance guerrière et patriotique, comment ne pas partager le bellicisme de l’évêque d’Agen qui tirait les leçons de ce conflit en 1919 et haranguait ainsi la jeunesse catholique : « D’abord, préservez- vous, préservez autant que vous le pourrez vos amis des doctrines perverses insensées du pacifisme, de l’antimilitarisme, de l’internationalisme. Ne soyez point de ceux qui veulent à tout prix la suppression de la guerre, de nouveaux envahissements de notre territoire, des désastres comparables à ceux de 1870 et 1914, non, non, nous ne nous y résignerons jamais.

Un second devoir, c’est le respect de nos gloires militaires. Quelle honte que de calomnier comme on l’ose les chefs de nos troupes, l’admirable corps de nos officiers, eux qui ont sauvé, au sens exact de ce mot, notre bien aimée patrie, en remportant des victoires qui comptent parmi les plus belles de notre histoire !

Les vertus guerrières sont une tradition française, soyons-en fiers et gardons-en jalousement l’honneur, pourvu qu’elles ne s’exercent jamais que pour les défenses de saintes causes.

Votre troisième et dernier devoir a pour objet la franche acceptation du service militaire avec sa préparation et les périodes de manœuvre qui le complètent.

On parle beaucoup de désarmement. Gardons- nous de devenir des dupes, ne mettons pas sottement notre gloire à tendre les bras à ceux qui nous ouvriraient les leurs pour nous étouffer.

Le meilleur moyen d’empêcher de nouvelles guerres, mes chers amis, sera longtemps encore d’inspirer à nos rivaux et à nos adversaires un sentiment de crainte révérencielle. Soyons forts par l’union de tous les bons français et leur patriotisme ; soyons forts par la pratique des vertus qu’exigent la grandeur et la prospérité nationale ; soyons forts par la solide organisation et la puissance de nos ressources financières. L’esprit de paix ne s’oppose nullement aux sages précautions ; il se développera d’autant mieux que l’état de notre pays manifestera plus de santé physique et de vigueur morale. »

 

Tout en fustigeant les illusions des pacifistes d’avant-guerre, l’évêque reprend des thèmes déjà évoqués par Lacordaire dans une publication de 1841 : «  La Vocation de la Nation Française » qui faisait coexister le sabre et le goupillon dans une étroite convergence : «  le pacifisme à outrance était inconnu chez nous. Ce que les traités étaient impuissants à établir, les armes savaient le décider ».

Sur les causes et les raisons de cette guerre, Mgr Sagot du Vauroux avance une hypothèse largement évoquée dans les prêches dominicaux de toutes les églises de France, celle de la vengeance divine : «  la désorganisation de la famille, l’affaissement des mœurs publiques, les discordes sociales, le progrès d’un monstrueux matérialisme, les ambitions insensées de l’orgueil, le scepticisme, tous ces crimes ont été maintes fois commis chez nous : ils méritent d’être punis. La guerre de 1914-1915 ne serait-elle pas un châtiment ? »

Mais il tempère aussitôt cette hypothèse en constatant que la Belgique et la Pologne, nations pourtant plus pieuses que la France sont plus touchées et plus malheureuses qu’elle. Il affirme que la France conserve des titres à une miséricorde toute particulière du père céleste, car elle reste la Fille Aînée de l’Église. Plus tard, il transformera cette notion de châtiment punitif en celle d’expiation rédemptrice, porteuse d’espérance.

Il revient sur les origines de la guerre de 1914 en évoquant de manière à peine voilée l’attitude condamnable de la récente et incontestable victoire de la laïcité sur le fait religieux en appelant l’Histoire à son secours pour démontrer la preuve de ses propos: « Je m’aperçois que toutes les périodes sombres ont pour origine l’oubli de la charité évangélique Des persécutions romaines aux discordes civiles du protestantisme, de l’invasion des barbares à la guerre présente, des excès de la féodalité et de la Révolution Française, la désobéissance aux préceptes du christianisme explique ces désordres innombrables dont pâtissent les plus faibles ».

En plein conflit, en 1916, c’est lui qui avait relancé la cause de la canonisation de Jeanne de Valois qui deviendra Sainte Jeanne de France en 1950.

Quand il commente l’actualité de la guerre, le 8 août 1917, on s’aperçoit que l’œcuménisme n’était pas soumis au politiquement correct, rentré en grâce de nos jours : « Je salue l’entrée des troupes franco-britanniques dans Jérusalem, délivrant à nouveau le tombeau de Christ, ressuscitant l’œuvre des croisades interrompues il y a plus de 7 siècles. Nous allons faire entonner un Te Deum sous les voûtes de nos cathédrales. » « Dieu daignera, nous l’espérons, ne plus jamais permettre que l’islamisme souille de son croissant la première patrie du christianisme et de la civilisation ». On imagine, sans peine, la polémique et l’indignation qu’engendrerait ce genre de déclaration, actuellement.

On peut cependant affirmer que si les postures martiales et militaristes dont Mgr Sagot du Vauroux fait l’apologie étaient de mise jusqu’en 1918, après ce conflit, un mouvement pacifiste se fit jour, en réaction à la terrible boucherie de cette guerre qu’on appellera désormais la « der des der », jusqu’à la suivante.

 

L’APRES GUERRE

Dès la fin de la guerre et avec un indéniable don de visionnaire, il émet deux craintes, d’abord, celle d’une aspiration des individus vers plus de jouissance, entraînant une société plus permissive et moins attachée aux dogmes religieux, ensuite celle de l’utopie du pacifisme issue du congrès de Versailles et de la création de la Société des Nations.  

Enfin, il expose ses idées sur ce que devraient être dorénavant les rapports de l’Église avec l’État et du Vatican avec la France, laissant entendre une remise en cause de la loi de Séparation et demandant pratiquement que la religion catholique redevienne religion d’État : « Il faudrait que la puissance civile considérant la pratique de la religion non seulement comme un droit privé mais aussi comme un élément précieux de la grandeur nationale et que dès lors, elle s’entendît avec le souverain pontife pour assurer à l’Église une situation légale indépendante et honorée ».

Il ne paraît pas que ces désirs aient été officiellement transmis aux autorités de la République ; néanmoins lorsqu’à l’issue du conflit la France récupéra ses deux anciennes provinces perdues, l’Alsace et la Lorraine, dans un souci d’apaisement, elle leur laissa le statut concordataire qu’elles avaient avant leur annexion par l’Allemagne. Bien qu’on introduisît ainsi une grande différence de statut entre le clergé de ces deux provinces et le reste de la France, les autorités répondaient ainsi de façon implicite quoique partielle à ces souhaits.

En tout cas, après ce conflit et le rapprochement de toutes les couches et de toutes les opinions de la société française qui avaient été soudées par l’épreuve et les chagrins et arc-boutées sur un fantastique effort commun, les autorités ont tout fait pour faciliter la réconciliation de la France laïque et de la France religieuse, ce qui paraissait impossible avant la guerre. On alla jusqu’à effacer 20 ans de brouille en reprenant des relations diplomatiques normales et apaisées avec le Vatican.

Les prêtres ayant partagé l’épreuve et les dangers des tranchées, le regard de la société changea envers eux et l’anticléricalisme le plus virulent s’édulcora devant le comportement exemplaire du clergé durant ce conflit.

On peut assurer que de ce moment-là naquit la paix religieuse dans notre pays, on n’y vit plus les excès de l’anticléricalisme, pas plus que ceux de l’intégrisme.

Mieux, cette séparation qui avait été la pomme de discorde se révéla être par la suite le garant de l’indépendance de l’Eglise et celui de la liberté de ses pratiquants. Désormais, on ne risquait plus de retrouver en France un scandale comme celui des fiches organisé avant la séparation par le ministre de la guerre qui avait, en secret, établi la liste des officiers catholiques pratiquants pour les défavoriser en cassant leur avancement, preuve de l’âpreté de la lutte entre ces deux factions et des dégâts collatéraux que ce conflit passé avait engendrés.

En 1931, on retrouve l’évêque agenais plus modéré, dans un article du Figaro intitulé «  Les catholiques français et le problème de la paix ». Il renvoyait dos à dos les bellicistes et les pacifistes en écrivant que si les premiers avaient jetéla France dans une sanglante mêlée, les seconds avaient disloqué l’armure de notre défense et de nos énergies. « Personne ne désire la guerre, nous sommes tous d’accord pour l’affermissement de la paix ; bien observés, les préceptes de l’Evangile rendraient les guerres très rares, Saint Thomas d’Aquin nous enseigne que l’épée se tire pour servir les intérêts de l’ordre, combattre le mal au profit du bien commun qui fait du combattant l’ami sincère et le dévoué artisan de la paix, guerre à la haine, mais non pas au patriotisme, pas à l’honneur, pas à la justice, pas à la sécurité »

La même année, alors que se profile une nouvelle menace de guerre, l’évêque déclarait dans La Croix : « La paix, pour être solide doit être dans les cœurs, si aucun rapprochement de l’âme française et de l’âme allemande ne s’opère, aucune barrière ne nous préservera contre une nouvelle invasion. Est-ce une illusion naïve d’espérer que français et allemand voudront désormais vivre sans chercher à se nuire ? N’est-il pas licite de ne plus voir des champs de batailles comme celui de Verdun ou le spectacle de la cathédrale de Reims bombardée ?

Il finissait cette diatribe en préconisant le désarmement et le rapprochement franco-allemand qui résumait une encyclique papale parue peu avant.

L’année suivante, en 1932, toujours dans La Croix, il s’avançait un peu plus sur le terrain du pacifisme : « Il faut dire aux enfants que la stabilité de la paix internationale doit être la conséquence nécessaire de la civilisation chrétienne. Mieux la justice et la charité, fondements de toute vie individuelle et sociale seront respectés, moins le recours aux armes deviendra fréquent ; l’absence de guerre est un signe évident de progrès. Les relations fraternelles, et en cas de différend, le recours à l’arbitrage sont les meilleurs moyens d’empêcher la guerre. Mais, faut-il pousser le pacifisme jusqu’au mépris de l’armée  et laisser la patrie désarmée en face de passions qui n’ont pas désarmé parce qu’elles sont rebelles à l’esprit évangélique ?

Malgré cela, en 1933, il fustigeait, en interdisant sa lecture, un livre intitulé « L’Évangile et la paix » qui avait été écrit par un prêtre, manifestement pacifiste, de son diocèse et qui déclarait : «  La guerre est toujours un crime, le patriotisme n’est ni une vertu au regard de la raison, ni dans l’ordre de la morale chrétienne ».

 

Conclusion  

En guise de conclusion, on rappellera, une fois de plus l’immense impact moral autant que matériel, social et démographique qu’a eu la Grande Guerre sur ceux qui l’ont vécue. A ce propos, à distance de cet évènement, on a du mal à comprendre comment l’Église de France a concilié un de ses Credo «  Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté » avec son engagement total dans le conflit, si on ne sait pas qu’elle était à l’image de la nation, ardemment patriotique.

Désormais, on constate que le rapprochement franco-allemand que Mgr Sagot du Vauroux appelait de ses vœux est une réalité et que même dans l’armée on n’oserait plus lancer des slogans aussi chauvins et des propos aussi belliqueux et outranciers qu’à cette époque.

Pour toutes ces raisons, on peut aussi avancer sans se tromper que le pacifisme, idée de paix qui a pu choquer les consciences en son temps, fait actuellement l’objet d’un large consensus. Il est probablement la conséquence des leçons que nous avons tirées de ces si terribles, mais si vains conflits passés.

Il est logiquement le bénéfice que nous a rapporté la construction européenne.

Et même s’il a un peu édulcoré les sentiments patriotiques de notre jeunesse, qui oserait s’en plaindre ? 

                                                            

BIBLIOGRAPHIE

- Vingt ans d’histoire et d’historiettes. D’Harcout. Imprimerie de l’Agenais Saint Lanne. Agen 1943.

- Monseigneur Sagot du Vauroux et la condamnation de l’Action Française. Abbé Pierre Bonnet. La Revue de l’Agenais N° 2 Avril- Juin 2004.

- L’Action Française et la religion catholique. Charles Maurras. Nouvelle librairie Nationale. Paris 1913.

- Le journal La Croix.

- Les soutanes sous la mitraille. René Gaël. Henri Gautier éditeur. Paris 1915.

- L’église et la guerre. André Lorulot. Les éditions de l’idée libre. Paris 1932.

- La colombe et les tranchées. Nathalie Renoton. Editions du Cerf.2004.

- Les catholiques français et la guerre de 14-18. Michael Hoffman. Munich.2007

BIBLIOGRAPHIE DES ŒUVRES DE MGR SAGOT DU VAUROUX

. Du subjectivisme allemand à la philosophie catholique ; 1916

. Après la guerre : La paix et la mission providentielle de la France, Les leçons chrétiennes de . La guerre de 1914-1915 ; Quelques réflexions sur la paix et la guerre ; 1918

. Guerre et patriotisme, doctrine et conseils pratiques ; 1918

. Lettres de Mgr Sagot du Vauroux à son clergé mobilisé ;

. Pie XI et l’Action Française, éditions SPES, 1927  

. La trop longue crise de l’Action Française ; 1929

. L’Église de France et la politique au temps présent ; 1936

. L’Action catholique au temps présent ; 1913

. Le devoir de soumission au Pape ;

. Petit catéchisme doctrinal et pratique sur la loi de séparation de l’Église et de l’État
. A propos des lois intangibles-Polémique avec un professeur de la Sorbonne, Charles

Guignebert ; 1924

. L’Annonciade, œuvre française et maritale. Monastère de Villeneuve- sur- Lot ; 1925

. Notice sur la fondation et le but de l’œuvre hospitalière des religieux franciscains de ND de
   la Pitié de Montpezat d’Agenais

. Saint Paul ; 1933

. Monseigneur de Gibergues, évêque de Valence ; 1927.

. Une âme chantante, 1932

. 12 entretiens sur la messe ; 1931

. Mr Boileau de l’Archevêché, en collaboration avec Antoine Durengues ; 1907

. Lettres pastorales de Mgr l’évêque d’Agen ;

. Les derniers moments du cardinal Thomas, sa mort, ses obsèques, son oraison funèbre ; 1894

. Manuel à l’usage des membres de l’union diocésaine de l’Agenais ;

. Constitution de la congrégation des filles de Sainte Anne ;

. Programmes des examens du brevet d’instruction religieuse ;

Il fit paraitre aussi un catéchisme à l’usage de son diocèse.

 


[1] Il y exposa la bonne volonté de Rome dans cette médiation à la recherche de la paix, contrairement à ce que l’on disait en France: » « Il n’a jamais paru aussi clair qu’en cette heure de cruels soucis combien il est nécessaire de reconstruire la société humaine sur le fondement assuré de la sagesse chrétienne. Seul le droit public chrétien peut servir de base à une paix juste et durable. La mission de travailler à cette œuvre de pacification a été confiée à mes faibles forces à un moment peut-être unique de l’Histoire, j’espère que les sages et généreux efforts du Pape, mon auguste Seigneur atteindront leurs buts » 

[2] Sa déclaration à l’intention du clergé en début de pontificat est bien ambigüe et tout à fait irréaliste dans le contexte ultra patriotique de cette époque: « Je regretterais que quelque curé laissât voir ses préférences pour l’un ou l’autre des belligérants. J’ai le souci de faire comprendre qu’on doit demander à Dieu la cessation du fléau de la guerre, sans indiquer au Seigneur le moyen de la faire cesser ! »

[3]Ayant été sacré évêque par Pie X le 21 février 1906, il prenait possession de sa cathédrale au cours d’une cérémonie organisée à Saint Caprais, le 9 mars 1906, c'est-à-dire en pleine période des inventaires des biens de l’Eglise au cours desquels, dans le département de Lot-et-Garonne, 125 de ceux-ci durent être reportés en raison, soit de la fermeture des églises par les fidèles ou le clergé, soit par leur hostilité militante. Ces ajournements se repartissent ainsi : 26 dans l’arrondissement d’Agen ; 31 dans celui de Marmande ; 18 dans celui de Nérac, 50 dans celui de Villeneuve- sur-Lot. La plupart du temps, le percepteur chargé de cette mission a rebroussé chemin et a pu remplir sa mission quelques jours plus tard. Une décision de Clémenceau, ministre de l’Intérieur avait fixé le terme de ces investigations à la date du 30 mars ; à cette époque, il restait 6 églises lot- et-garonnaisesqui n’avaient pas pu être inventoriées ; elles le seront, discrètement en novembre.

[4]La loi de séparation de 1905 stipulait qu’à défaut de constitution d’association cultuelle avant un an, les édifices occupés par les religieux, à l’exception des lieux de culte, seraient mis sous séquestre et leurs occupants seraient expulsés. Ces associations cultuelles devaient succéder aux conseils de fabriques et étaient interdites par le Pape. En février 1907, Mgr Sagot du Vauroux fut donc expulsé de son évêché, l’hôtel de Lacépède et il s’installa dans l’ancien couvent des filles de Nevers. Cet ancien évêché devint une école de musique puis cours d’enseignement général et actuellement, bibliothèque municipale.

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Saint du Jour

Nominis

15 septembre 2019

Tous les saints du jour
  • Notre-Dame des sept Douleurs - mémoire liturgique
    Debout au pied de la Croix de son fils agonisant, la Mère de Dieu et toujours Vierge, Marie connut le glaive de douleurs que lui avait annoncé le vieillard Syméon dans le Temple au jour de la Présentation de Jésus.- vidéo: Notre Dame des sept douleurs, webTV de la CEF.- Notre Dame des douleurs (Portail de la liturgie)Illustration: Notre-Dame des sept douleurs, statue dans l'église de Costa-20226 en Corse, offerte en remerciement d'une action de grâce. Mémoire de Notre-Dame des Douleurs, la Vierge Marie, qui, debout au pied de la Croix de Jésus, a été associée très intimement et dans la foi à la passion salutaire de son fils.

Les lectures du jour

Messe

(c) Association Épiscopale Liturgique pour les pays francophones - 2019
  • Première lecture : « Le Seigneur renonça au mal qu’il avait voulu faire » (Ex 32, 7-11.13-14)

    Lecture du livre de l’Exode

    En ces jours-là,
        le Seigneur parla à Moïse :
    « Va, descends,
    car ton peuple s’est corrompu,
    lui que tu as fait monter du pays d’Égypte.
        Ils n’auront pas mis longtemps
    à s’écarter du chemin que je leur avais ordonné de suivre !
    Ils se sont fait un veau en métal fondu
    et se sont prosternés devant lui.
    Ils lui ont offert des sacrifices en proclamant :
    ‘Israël, voici tes dieux,
    qui t’ont fait monter du pays d’Égypte.’ »

        Le Seigneur dit encore à Moïse :
    « Je vois que ce peuple
    est un peuple à la nuque raide.
        Maintenant, laisse-moi faire ;
    ma colère va s’enflammer contre eux
    et je vais les exterminer !
    Mais, de toi, je ferai une grande nation. »
        Moïse apaisa le visage du Seigneur son Dieu
    en disant :
    « Pourquoi, Seigneur,
    ta colère s’enflammerait-elle contre ton peuple,
    que tu as fait sortir du pays d’Égypte
    par ta grande force et ta main puissante ?
        Souviens-toi de tes serviteurs,
    Abraham, Isaac et Israël,
    à qui tu as juré par toi-même :
    ‘Je multiplierai votre descendance
    comme les étoiles du ciel ;
    je donnerai, comme je l’ai dit,
    tout ce pays à vos descendants,
    et il sera pour toujours leur héritage.’ »
        Le Seigneur renonça
    au mal qu’il avait voulu faire à son peuple.

        – Parole du Seigneur.

  • Psaume (Ps 50 (51), 3-4, 12-13, 17.19)

    Refrain psalmique : (Lc 15, 18)

    Oui, je me lèverai,
    et j’irai vers mon Père.

    Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour,
    selon ta grande miséricorde, efface mon péché.
    Lave-moi tout entier de ma faute,
    purifie-moi de mon offense.

    Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu,
    renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit.
    Ne me chasse pas loin de ta face,
    ne me reprends pas ton esprit saint.

    Seigneur, ouvre mes lèvres,
    et ma bouche annoncera ta louange.
    Le sacrifice qui plaît à Dieu, c’est un esprit brisé ;
    tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un cœur brisé et broyé.

  • Deuxième lecture : « Le Christ Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs » (1 Tm 1, 12-17)

    Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre à Timothée

    Bien-aimé,
        je suis plein de gratitude
    envers celui qui me donne la force,
    le Christ Jésus notre Seigneur,
    car il m’a estimé digne de confiance lorsqu’il m’a chargé du ministère,
        moi qui étais autrefois blasphémateur, persécuteur, violent.
    Mais il m’a été fait miséricorde,
    car j’avais agi par ignorance,
    n’ayant pas encore la foi ; 
       la grâce de notre Seigneur a été encore plus abondante,
    avec la foi, et avec l’amour qui est dans le Christ Jésus.

        Voici une parole digne de foi,
    et qui mérite d’être accueillie sans réserve :
    le Christ Jésus est venu dans le monde
    pour sauver les pécheurs ;
    et moi, je suis le premier des pécheurs.
        Mais s’il m’a été fait miséricorde,
    c’est afin qu’en moi le premier,
    le Christ Jésus montre toute sa patience,
    pour donner un exemple à ceux qui devaient croire en lui,
    en vue de la vie éternelle.

        Au roi des siècles,
    au Dieu immortel, invisible et unique,
    honneur et gloire pour les siècles des siècles. Amen.

        – Parole du Seigneur.