Consigne : Espère ! par J.-M. Dassonville

symbole foi esperance chariteC’est le devoir militaire, et c’est le devoir chrétien : espérer pour être fort, pour être patient.

La religion te dit : « Crois », et elle te propose le dogme ; elle dit : « Aime », et te montre le crucifix ; elle ajoute : « Espère », et elle te fait une promesse au nom de Dieu : le ciel, la grâce à de certaines conditions, la prière, les sacrements.

Espérer, c’est tout le secret de « Tenir ». Tu ne tiendrais pas, dans la guerre, ni dans la vie, si tu n’espérais pas. C’est impossible. Rappelle-toi ce mot divin : « celui qui tiendra jusqu’au bout sera couronné. » Espère, pour tenir ainsi, pour être couronné.

Celui qui espère sait attendre l’heure de la victoire, l’heure d’entrer au ciel. Il est sûr qu’elle sonnera. Il est patient, il a une raison supérieure de « supporter », car c’est ça la patience.

Cette si précieuse espérance, elle est partout dans la religion. N’as-tu pas lu sur la croix des tombes aimées : «O Crux avec, Spes. – Salut, Croix, unique espoir.» Ne chantes-tu pas à Marie : «Spes nostra, Salve. – Salut, mon espérance» ; et après Job : « Post tenebras spero lucem. – Après les ténèbres de cette vie, j’espère les joies de l’autre. »

Ce doit être le résumé de ton espérance : son fondement, la Croix de Jésus et l’amour de Marie ; son objet, le Ciel.

Tu dis ces paroles, les as-tu dans le cœur ? As-tu assez de foi et d’espérance pour  faire confiance à Dieu, pour t’en remettre à Lui, pour ne pas douter de la victoire et de ta destinée de bonheur éternel.

Tu te lasses, tu te décourages : prends-y garde, c’est l’espérance qui baisse. Tu es triste, abattu : n’est-ce pas que ton espérance sommeille ?

Réveille-toi. Dieu est tout près,  avec la couronne, avec les palmes, mais tu n’y prends pas garde.

Tu ressembles aux disciples d’Emmaüs. Ils avaient espéré le Vendredi Saint et le Samedi. Au soir de Pâques, ils n’espèrent plus ; c’est fini. « Nous espérions ! » disent-ils, lassés. Et c’est à Jésus ressuscité, à Jésus leur compagnon de route, qu’ils font cet aveu. Il est avec eux, et ils désespèrent de le revoir.

Il est avec toi, à l’église du cantonnement, sur la poitrine de ton aumônier, dans ton cœur. C’est lui qui apporte la paix, celle du cœur, l’autre aussi. Il veut seulement qu’on la mérite, qu’on la demande.

Comment demanderais-tu, comment mériterais-tu si tu doutais, si tu n’espérais pas ?

Comment serais-tu fort sans espérance ?

Dans la foi et la charité, dans la sécurité et la constance, patiente et prie.

C’est ça « espérer »

J.-M. Dassonville
Aumônier militaire

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