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  • Homélie du cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris - Homélie du cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris Consécration épiscopale de Mgr Antoine de Romanet

Homélie du cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris - Homélie du cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris Consécration épiscopale de Mgr Antoine de Romanet

Dimanche 10 septembre 2017 – 23e Dimanche du Temps ordinaire – Année A
En la cathédrale Notre-Dame de Paris

- Ez 33,7-9 ; Ps 94,1-2.6-9 ; Rm 13,8-10 ; Mt 18,15-20

cardinal vingt troisHomélie du cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris

Consécration épiscopale de Mgr Antoine de Romanet,
Évêque du diocèse aux Armées françaises.

            Frères et Sœurs,

            Les lectures liturgiques de ce dimanche nous apportent un éclairage particulier sur l’événement que nous avons la joie de vivre ensemble. En effet, elles expriment des traits dominants de la mission de l’Église et du ministère auquel sont appelés ceux qui sont agrégés au collège épiscopal, les évêques.

  • 1 « Le guetteur de la maison d’Israël. »

Il ressort de la mission confiée au prophète, telle qu’Ézékiel la rapporte, que la mission de l’Église, comme celle du Peuple élu, a d’emblée une dimension universelle. Il ne s’agit pas pour le prophète d’être simplement le gestionnaire d’un patrimoine particulier, mais de se mettre au service de tous. Le guetteur de la maison d’Israël doit sans cesse rappeler les exigences de l’Alliance entre Dieu et son peuple pour qu’il abandonne sa conduite mauvaise. Mais ce rappel à l’observance des commandements ne vise pas seulement Israël. Il s’inscrit dans la mission universelle du Peuple élu d’incarner aux yeux de l’univers entier les choix qui peuvent conduire dans un chemin de vie.

Qui peut douter que les commandements reçus au Sinaï concernent non seulement Moïse et le Peuple à qui il les transmet, mais, à travers eux, l’humanité entière ? Ils donnent des repères moraux qui vont largement inspirer les législations et les éthiques des sociétés modernes. Un des drames de nos contemporains est précisément de ne plus reconnaître la source d’un humanisme qu’on imagine pouvoir substituer à la vision de l’Alliance. Nous ne voyons que trop comment l’effacement du partenaire divin de l’humanité entraîne l’érosion et l’affaiblissement d’une conscience du bien et du mal réduite à la négociation entre des choix équivalents. La tentation de réduire la tradition judéo-chrétienne, et donc l’Église, à l’anthropologie particulière d’une secte permet d’évacuer la portée universelle de son message.

Comment la mission de l’Église, -et en tout premier celle des évêques-, d’être un guetteur, peut-elle s’accomplir dans une société démocratique et pluraliste ? Tout d’abord en ne laissant pas occulter la portée universelle du message biblique par un repli dans un réflexe sectaire qui nous conduirait à revendiquer le respect de nos idéaux comme une particularité qui réclame son droit dans une société sainement pluraliste. Le guetteur que Dieu envoie n’est pas simplement au service de la droiture de son Peuple. Sa responsabilité et sa parole doivent s’étendre à tous les hommes. Dire sereinement ce qui nous semble juste, ce n’est pas vouloir imposer nos pratiques particulières à tous, mais c’est permettre à chacun d’exercer sa liberté à la lumière de la Parole de Dieu. Cela suppose que nous soyons assez lucides pour ne pas identifier des traditions socioculturelles à la volonté de Dieu.

 

  • 2 Se mettre d’accord.

L’appel que Jésus adresse à ses disciples de vivre le pardon et les consignes qu’il leur donne pour répondre à cet appel nous donnent les contours des mœurs qui doivent prévaloir entre disciples du Seigneur. Nous sommes appelés à vivre en communion et à nous unir dans la prière que nous adressons à Dieu. Essayons d’entrer plus profondément dans le dynamisme de cette communion. Nos expériences de la société civile et les mœurs politiques nous fournissent des modèles fort variés de faire l’unité. Tantôt il s’agit de se mobiliser pour un projet commun et taire les différences ou les oppositions pour y atteindre. Tantôt il d’agit de négocier des accords de programme pour réussir un certain rassemblement. Mais, dans un cas comme dans l’autre on est situé dans le cadre d’une négociation qui ne peut aboutir qu’en surmontant les différences ou les incompatibilités.

Quels que soient les mérites de ces efforts de cohésion, ils ne correspondent pas au chemin que le Christ ouvre devant nous. Pour lui, et pour ceux qui veulent le suivre, l’unité ne peut pas venir d’une simple négociation. Elle vient du pardon, c’est-à-dire de l’identification des erreurs et de leur correction. L’ultime motif de cette correction, c’est de surmonter les fautes et les faiblesses parce que nous sommes réunis au nom du Christ dans une communion à laquelle seul le pardon et la correction fraternelle permettent d’aboutir. C’est devant Dieu qui est le Père commun que nous cherchons l’accord sur ce que nous lui demandons.

Le ministère de l’évêque et de ses collaborateurs pastoraux est orienté par le pouvoir qui lui est confié de pardonner au nom de Dieu et de développer en son Nom l’accord entre les membres de l’Église. C’est ce que nous appelons un ministère de communion. Nous essayons de l’accomplir dans la grande diversité des communautés dont nous avons la charge. Nous nous efforçons aussi d’éveiller ces communautés à la communion avec l’Église entière, répandue à travers le monde. Nous en prenons l’engagement en promettant de vivre en communion avec le Pape et les membres du collège apostolique.

 

  • 3 L’accomplissement de la Loi.

L’exercice de la fonction de guetteur comme le service de la communion sont des défis considérables dans une société démocratique et pluriculturelle. Comment pouvons-nous les mener à bien alors même que les critères de jugement sont infiniment variés et que la neutralité laïque impose à la société de n’en privilégier aucun ? Comment rendre témoignage à la Parole de Dieu sans être irrémédiablement marginalisé dans les débats qui marquent notre monde ? Peut-on en appeler à la loi divine reçue dans les dix commandements si notre culture banalise plus ou moins la violence, la trahison des engagements et la convoitise comme des mœurs ordinaires ?

Quelle est la boussole qui permet aux chrétiens d’orienter leur vie et d’attester que cette orientation est ouverte à tous ? Saint Paul nous le rappelle dans l’épître aux Romains : « le plein accomplissement de la loi, c’est l’amour. » L’amour que Dieu nous porte et l’amour par lequel nous essayons de lui répondre s’expriment ultimement dans l’amour du prochain. C’est pourquoi le commandement de l’amour du prochain résume tous les commandements.

 

L’amour que nous sommes invités à pratiquer n’est pas un sentiment suave et désuet. Il n’est pas non plus un simple émoi affectif. Il est fondamentalement une forme de respect de l’autre et de capacité de nous soucier des autres et de vivre avec eux dans la bienveillance. Notre société médiatique prospère sur les conflits qui sont érigés en méthode d’analyse permanente. La polémique devient le chemin ordinaire de la reconnaissance sociale et la violence le modèle des relations humaines. Cette exposition permanente des controverses, souvent fabriquées à coup de « petites phrases », entretient un climat de violence verbale dont nous voyons malheureusement qu’elle conduit aussi à la violence physique. Tous, nous avons notre part de responsabilité dans cette hystérisation des relations humaines. Tous, nous pouvons la combattre en mettant en œuvre une autre approche de l’autre : une approche bienveillante et positive.

Il peut paraître paradoxal de critiquer la violence sociale devant celles et ceux dont la mission est l’usage de la force armée. Il me semble justement que c’est la grandeur de votre mission d’être dépositaires des instruments de la violence pour que la violence ne soit pas laissée à la merci des intérêts particuliers. C’est la marque d’une société civilisée et démocratique de gérer ses violences internes ou ses conflits externes en régulant l’usage de la force pour qu’il soit dominé et qu’il échappe aux passions personnelles. Ce n’est jamais la haine de l’ennemi ou l’attrait pour la violence qui doit guider le bras armé d’une nation. Ce n’est jamais l’amour morbide de la violence qui doit justifier l’engagement de vos vies. C’est la volonté de rétablir ou de maintenir la paix.

Dans le contexte de terrorisme international que nous connaissons, nous devons être spécialement vigilants pour identifier précisément les enjeux des conflits et refuser de nous laisser entraîner dans le piège qui nous est tendu. Les massacres que nous subissons, les meurtriers que nous devons combattre, ne doivent jamais devenir, à nos yeux, l’expression d’un combat entre des religions antagonistes. Pour dire les choses clairement, nous ne pouvons pas accepter les slogans qui animent les terroristes pour une lutte entre l’islam et la chrétienté. Vous n’êtes par le bras armé d’une religion. Vous êtes la force de défense d’une société qui s’efforce, siècle après siècle, de préserver une certaine qualité de l’existence humaine chez nous et ailleurs dans le monde.

Cher Antoine,

C’est dans ce cadre que tu reçois la mission d’être l’évêque des Armées françaises. Guetteur comme le prophète, tu auras la mission d’annoncer l’évangile à temps et à contretemps. Ministre de la communion, tu auras à proclamer le pardon et à appeler au pardon. Témoin de l’amour qui accomplit la loi, tu auras à aider tes fidèles à régler leur vie et leur mission sur l’amour du prochain.

Aujourd’hui, nous prions pour toi que le Seigneur te donne sa force pour être un guide serein de ton peuple. Avec toi, nous prions pour les femmes et les hommes engagés dans les forces armées. Nous prions pour celles et ceux qui sont tombés en combattants de la paix et pour leurs familles. 

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  • Saint André Kim Taegon - et ses compagnons, martyrs en Corée, 1839-1867 (19ème s.)
    Il fut le premier prêtre coréen, et le premier prêtre martyr durant les quatre grandes vagues de persécutions qui se succédèrent en Corée de 1839 à 1867. Son père, saint Ignace Kim, avait été décapité pour le Christ en 1839. Saint André le fut aussi, après d'horribles tortures, neuf années plus tard, il avait 25 ans. Plus de 10.000 chrétiens donnèrent ainsi le témoignage de leur foi au prix de leur vie. Le Pape canonisa ainsi 103 martyrs de Corée en 1984, parmi eux des jeunes filles de 15 ou 17 ans, des garçons de 13 ans. - Histoire des 103 saints martyrs coréens (en anglais sur le site de la Conférence des évêques de Corée - CBCK)- Le Pape François en Corée 14-18 août 2014 et les JMJ d'Asie - les martyrs et l'Evangile en Corée. L’Église vénère ainsi, dans une célébration commune, André Kim Tae-gon, Paul Chong Ha-sang et cent un martyrs de Corée qui ont témoigné sans peur de la foi chrétienne, introduite en Corée par quelques laïcs, nourrie et confirmée ensuite par la prédication des missionnaires et la célébration des sacrements. Tous ces athlètes du Christ, dont trois évêques, huit prêtres, et tous les autres laïcs, mariés ou non, vieillards, jeunes et enfants, soumis au supplice, ont consacré, par leur sang précieux, les débuts de l’Église en Corée, en 1839, 1846 et 1866. Saints Siméon Berneux, Antoine Daveluy et Laurent Imbert, évêques ; Just Ranfer de Bretenières, Louis Beaulieu, Pierre-Henri Dorie, Pierre Maubant, Jacques Chastan, Pierre Aumaître, Martin-Luc Huin, prêtres ; Jean Yi Yun-il, André Chong Hwa-gyong, Étienne Min Kuk-ka, Paul Ho Hyob, Augustin Pak Chong-won, Pierre Hong Pyong-ju, Paul Hong-Yong ju, Joseph Chang Chu-gi, Thomas Son Cha-son, Luc Hwang Sok-tu, Damien Nam Myong-hyog, Franois Ch’oe Kyong-hwan, Charles Hyon Song-mun, Laurent Han I-hyong, Pierre Nam Kyong-mun, Augustin Yu Chin-gil, Pierre Yi Ho-yong, Pierre Son Son-ji, Bénédicte Hyon Kyong-nyon, Pierre Ch’oe Ch’ang-hub, catéchistes ; Agathe Yi, Marie Yi In-dog, Barbe Yi, Marie Won Kwi-im, Thérèse Kim Im-i, Colombe Kim Hyo-im, Madeleine Cho, Élisabeth Chong Chong-hye, vierges ; Thérèse Kim, Barbe Kim, Susanne U Sur-im, Agathe Yi-kan-nan, Madeleine Pak Pong-son, Perpétue Hong Kum-ju, Catherine Yi, Cécile Yu So-sa, Barbe Cho Chung-i, Madeleine Han Yong-i, veuves ; Madeleine Son-So-byog, Agathe Yi Kyong-i, Agathe Kwon Chin-i, Jean Yi Mun-u, Barbe Ch’oe Yong-i, Pierre Yu Chong-nyul, Jean-Baptiste Nam Chong-sam, Jean-Baptiste Chon Chang-un, Pierre Ch’oe Hyong, Marc Chong Ui-bae, Alexis U Se-yong, Antoine Kim Song-u, Protais Chong Kuk-bo, Augustin Yi Kwang-hon, Agathe Kim A-gi, Madeleine Kim O-bi, Barbe Han A-gi, Anne Pak A-gi, Agathe Yi So-sa, Lucie Park Hui-sun, Pierre Kwon Tu-gin, Joseph Chang Song-jib, Madeleine Yi Yong-hui, Thérèse Yi Mae-im, Marthe Kim Song-im, Lucie Kim, Rose Kim, Anne Kim Chang-gum, Jean-Baptiste Yi Kwang-nyol, Jean Pak Hu-jae, Marie Pak Kun-a-gi Hui-sun, Barbe Kwon-hui, Barbe Yi Chong-hui, Marie Yi Yon-hui, Agnès Kim Hyo-ju, Catherine Chong Ch’or-yom, Joseph Im Ch’i-baeg, Sébastien Nam I-gwan, Ignace Kim Che-jun, Charles Cho Shin-ch’ol, Julitte Kim, Agathe Chon Kyong-hyob, Madeleine Ho Kye-im, Lucie Kim, Pierre Yu Taech’ol, Pierre Cho Hwa-so, Pierre Yi Myong-so, Barthélemy Chong Mun-ho, Joseph-Pierre Han Chae-Kwon, Pierre Chong Won-ji, Joseph Cho Yun-ho, Barbe Ko Sun-i, Madeleine Yi Yong-dog.

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  • 1ère lecture : « Il est grand, le mystère de notre religion » (1 Tm 3, 14-16)

    Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre à Timothée

    Bien-aimé,
        je t’écris avec l’espoir d’aller te voir bientôt.
        Mais au cas où je tarderais, je veux que tu saches
    comment il faut se comporter dans la maison de Dieu,
    c’est-à-dire...

  • Psaume : (Ps 110 (111), 1-2, 3-4, 5-6)

    R/

    Grandes sont les œuvres du Seigneur !
    ou :

    Alléluia !

    De tout cœur je rendrai grâce au Seigneur
    dans l’assemblée, parmi les justes.
    Grandes sont les œuvres du Seigneur ;
    tous ceux qui les aiment s’en instruisent.

     

    Noblesse et beauté dans ses actions :
    à...

  • Evangile : « Nous avons joué de la flûte, et vous n’avez pas dansé. Nous avons chanté des lamentations, et vous n’avez pas pleuré » (Lc 7, 31-35)

    Évangile de Jésus Christ selon saint Luc


    Acclamation :

    Alléluia. Alléluia.
    Tes paroles, Seigneur, sont esprit et elles sont vie ;
    tu as les paroles de la vie éternelle.
    Alléluia.

    (cf. Jn 6, 63c.68c)

    En ce temps-là,
    Jésus disait à la foule :
        « À qui donc vais-je comparer les gens de cette génération ?
    À qui ressemblent-ils ?
        Ils ressemblent à des gamins assis sur la...