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La Vie des Diocèses - émission de KTO du 24 juin 2019

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  • Grand portrait du Père Lallemand dans le Figaro du 17 mai 2019

Grand portrait du Père Lallemand dans le Figaro du 17 mai 2019

PORTRAIT - Chaque 19 mai, depuis 41 ans, le père Yannick Lallemand se souvient de l’opération «Bonite» sur Kolwezi auprès des légionnaires du 2e REP, dans l’ex-Zaïre, aujourd’hui République démocratique du Congo. Le «padre», qui a participé à plusieurs opérations marquantes des dernières décennies, a fait ses adieux aux armes en 2018.

Le père Yannick Lallemand était en manœuvre dans les montagnes corses le 17 mai 1978. L’aumônier militaire avait alors dans son diocèse trois unités stationnées dans l’île, dont le 2e régiment étranger de parachutistes, en garnison à Calvi. La marche se termine dans une gorge où les radios ne captent pas. Ce n’est qu’à la fin de la journée qu’une estafette le retrouve pour le ramener d’urgence en Balagne. Le père Lallemand trouve le camp Raffalli en pleine effervescence. Le 2e REP vient d’être mis en alerte. Au Zaïre, dans la province du Katanga, des rebelles venus d’Angola ont pris la ville minière de Kolwezi, et ont commencé à massacrer les Européens et les Africains.
«Je suis allé à l’infirmerie où le médecin-chef m’a dit: nous allons sauter en opération. Vous partez avec nous comme brancardier. Voulez-vous une arme?», se souvient le padre, (surnom de l’aumônier dans les régiments de l’armée française). «J’ai dit non.» «Voilà votre sac, bien plein, pour les blessés éventuels», lui répond le médecin. Le père Lallemand y ajoute ce qu’il faut pour la messe, et s’endort tout habillé. Pendant la nuit, la sirène retentit. L’opération «Bonite» est déclenchée. Le 2e REP embarque dans des camions pour la base de Solenzara, d’où il décolle pour le Zaïre.

«Nous étions serrés comme des sardines, il faisait une chaleur torride, et nous n’avions pas de renseignements précis sur la situation au sol.», le père Yannick Lallemand , au matin de l’intervention sur Kolwezi.

Au matin, à peine posé sur l’aéroport de Kinshasa, il embarque avec le médecin-chef dans le premier des avions qui décollent vers Kolwezi. «Nous étions serrés comme des sardines», se souvient le père, «il faisait une chaleur torride, et nous n’avions pas de renseignements précis sur la situation au sol». Au-dessus de Kolwezi, les appareils ont du mal à s’aligner, et font un premier passage sans larguer. Le deuxième passage est le bon. Lumière rouge. Lumière verte. Go! Le père Lallemand saute juste derrière le colonel Erulin, le chef de corps du REP. L’atterrissage est brutal. «Le colonel est tombé sur une termitière et s’est bien râpé la joue», dit le père. «Quant à moi, j’ai atterri sur le cadavre d’un Noir. J’ai entendu les premiers tirs, et les premières détonations. Les combats ont commencé. Il y avait des cadavres partout, massacrés par les Katangais, c’était affreux.» Mais l’effet de surprise a joué. 700 légionnaires largués directement sur l’ennemi à des milliers de kilomètres de leur base, sans appui ni renforts, ont pris la ville. À la nuit tombée, le 2e REP tient fermement le centre de Kolwezi. Le père Lallemand est avec l’infirmerie et l’état-major tactique du régiment, qui s’installe à la nuit tombée dans le Lycée Jean-XIII.

«Nous n’avions ni cercueils, ni linceuls. Je suis allé récupérer des parachutes ventraux abandonnés sur la zone de saut, et nous avons enveloppé nos morts dedans.», le père Lallemand.

Le lendemain matin, le PC du régiment se déplace à l’hôtel Impala. Le 2e REP a sauté sur Kolwezi sans armements lourds ni équipement, ni soutient sanitaire. Le père Lallemand joue d’abord le rôle de brancardier, mais surtout il est au milieu des blessés, jour et nuit, faisant boire l’un, aidant l’autre à manger sa ration, lavant les treillis pleins de sang. Puis est amené dans ce qui sert d’infirmerie le premier mort ; c’est un caporal, tireur d’élite. «Le médecin-chef m’a dit: “Pouvez-vous vous occuper de nos tués, car les blessés sont assez nombreux et je suis le seul médecin?”», se rappelle le père Lallemand. «Nous n’avions ni cercueils, ni linceuls. Je suis allé récupérer des parachutes ventraux abandonnés sur la zone de saut, et nous avons enveloppé nos morts dedans.» Le 2e REP perd cinq des siens dans l’opération.

L’attentat du Drakkar
Alors que les combats se terminent, l’aumônier demande au colonel l’autorisation de célébrer une messe. La cérémonie a lieu dans les jardins de l’hôtel Impala, concélébrée avec le curé de la cathédrale de Kolwezi. «Un grand moment de prière pour nos cinq camarades tués au combat, et pour tous ces Européens et Africains innocents morts dans la furie de cette semaine sanglante.»
Le père Lallemand dit avoir eu sa vocation religieuse vers l’âge de 10 ans. «Ce fut un choc pour mon père quand ma mère lui a fait part de mon projet de devenir prêtre. Il était lui-même militaire, et rêvait que je devienne officier de marine. Mon frère aîné avait été tué en Algérie dans les parachutistes.»

«On ne s’appartient plus quand on est aumônier militaire», le père Lallemand.

Le jeune Yannick Lallemand finit par obtenir gain de cause. Il entre au séminaire de Poitiers, mais interrompt ses études religieuses pour devenir officier de réserve. Il sert pendant presque trois ans en Algérie comme chef de section dans un commando de chasse. À la fin de son service, il retourne au séminaire. Lorsqu’il est finalement ordonné prêtre, il annonce à son évêque qu’il ne servira que pendant cinq ans au diocèse, et qu’il deviendra ensuite aumônier militaire. Ce n’est qu’au bout de six ans qu’il rejoint sa première affectation. «J’étais aumônier de deux bataillons de chasseurs alpins, le 13e BCA à Chambéry, et le 7e BCA à Bourg-Saint-Maurice. Il fallait que je fasse plus de 140 kilomètres entre les deux garnisons, par des routes enneigées et dangereuses en hiver. On ne s’appartient plus quand on est aumônier militaire.»

Le père Lallemand est affecté ensuite dans les parachutistes, à Carcassonne, au 3e RPIMa. «C’était à l’époque une unité d’appelés très opérationnelle, qui revenait du Tchad, où ils avaient eu des tués dans des accrochages. J’allais sauter avec les jeunes brevetés à Pau. C’est un bon moyen pour un aumônier d’établir le contact avec eux, quand ils nous voient dans le même avion, ils savent qu’ils peuvent compter sur nous.» En 1975, il rejoint la Légion, où il participe à l’opération de Kolwezi, le 19 mai 1978. Affecté au 1er régiment de chasseurs parachutistes, le régiment de son frère tué en Algérie, il part au Liban en 1983. «Nous avons débarqué à Beyrouth sur une plage à partir de chalands, l’aéroport étant fermé à cause de la guerre.»

«Nous entendions les blessés appeler au secours en dessous des décombres, et nous n’avions que nos pelles individuelles pour les dégager. Commence alors un chemin de passion et de douleur.», le père Lallemand.

Dans la capitale libanaise, les paras s’installent dans les immeubles à moitié détruits. Le père Lallemand fait la tournée des postes avancés. «J’aidais à remplir les sacs de sable pour protéger les bâtiments. Le dimanche, j’allais dire la messe dans un poste ou dans un autre.» Le 23 octobre 1983, le padre est au PC du régiment quand retentissent deux énormes explosions: la première en direction de l’aéroport, où sont stationnés les Marines américains. La seconde, quelques minutes plus tard, provient de l’immeuble du Drakkar, où sont déployés les paras français. Deux voitures suicides lancées par une milice dont on ignore encore le nom ont frappé les contingents occidentaux.

«En arrivant sur place, il ne restait rien qu’un amas de ferraille et de béton», se souvient le père Lallemand. «Nous entendions les blessés appeler au secours en dessous des décombres, et nous n’avions que nos pelles individuelles pour les dégager. Commence alors un chemin de passion et de douleur. J’entendais les voix de ces soldats avec qui j’avais marché, sauté. Pendant quatre jours, je leur ai parlé, les ai accompagnés de la voix, puis peu à peu leurs voix se sont éteintes.» Depuis, chaque année, il continue de visiter les tombes des soldats tués au Drakkar, avec les familles desquels il est resté en contact.

Dix ans au Tchad
Les Américains ont eu 241 morts, les Français, 58. «Les corps ont été transportés à la résidence des Pins, l’ancien palais des ambassadeurs de France. Chaque nuit, j’allais veiller les cercueils de mes petits et je lisais leurs noms en pleurant, en me rappelant ce que nous avions vécu ensemble. Il y a eu une cérémonie d’adieu. J’ai prononcé un message d’espérance. Ils n’étaient pas morts pour rien, ils étaient morts pour la France, pour le Liban, ce “Liban-message”, comme disait Jean-Paul II. Je continue chaque année d’aller prier sur leur tombe, avec l’association des familles, blessés et rescapés du Drakkar.»

«Au Tchad, j ai rencontré des missionnaires extraordinaires. Au bout de quatre mois, j’ai su que je devais me consacrer à ces populations chrétiennes abandonnées.», le père Lallemand.

Quatre mois plus tard, le père Lallemand est au Tchad, où l’opération «Manta» vise à contenir les Libyens de Kadhafi au nord du 16e parallèle. «Nous partions pour de longues patrouilles dans le désert. J’y ai rencontré des missionnaires extraordinaires qui avaient évangélisé là depuis les années 1930. Au bout de quatre mois, j’ai su que je devais me consacrer à ces populations chrétiennes abandonnées.» En 1987, le père Lallemand quitte l’aumônerie militaire pour retourner dans le nord du Tchad. À Moussoro, puis à Faya-Largeau, le père reste dix ans au Tchad, où il construit et reconstruit des églises et chapelles, là où se trouvent des soldats et leurs familles, la majorité venant du sud du pays.

«Honneur et Fidélité»
De retour dans l’aumônerie militaire, le père Lallemand rejoint la Légion étrangère qu’il ne quittera plus. Après le 4e étranger à Castelnaudary, il est affecté au 1er étranger, la maison mère de la Légion, à Aubagne, tout en servant les maisons de retraite de la Légion étrangère, à Auriol et à Puyloubier, où il vivra avec les anciens légionnaires pendant cinq ans. Il fait son adieu aux armes au début de l’année 2018, où il lit pour une dernière fois la devise de la Légion, «Honneur et Fidélité». Sa longue carrière a été placée sous la prière du para, qu’il a si souvent répété dans ses régiments: «Donnez-moi mon Dieu, ce qui vous reste, donnez-moi ce dont les autres ne veulent pas, mais donnez-moi aussi le courage, car vous êtes seul à donner, ce que l’on ne peut obtenir que de soi.»

Cet article est publié dans l'édition du Figaro du 17/05/2019.

Mots-clés: diocese aux armees, aumônier, OPEX

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Saint du Jour

Nominis

17 juillet 2019

Tous les saints du jour
  • Bienheureuse Charlotte - et ses compagnes, Carmélites de Compiègne, martyres (✝ 1794)
    Anne Marie Madeleine Françoise Thouret, en religion Soeur Charlotte de la Résurrection est née en 1715 à Mouy dans le diocèse de Beauvais. Lorsqu'éclate la Révolution française, en 1789, la communauté du Carmel de Compiègne compte 21 religieuses. 18 monteront sur l'échafaud. Conformément au décret du 13 février 1790 qui supprime les Ordres religieux contemplatifs, chaque carmélite est invitée à déclarer si son intention est de sortir de son monastère. Toutes affirment "vouloir vivre et mourir dans cette sainte maison." En 1792, la Mère prieure leur propose "un acte de consécration par lequel la communauté s'offrirait en holocauste pour que la paix divine, que le Fils de Dieu était venu apporter au monde, fut rendue à l'Église et à l'État." Le 14 septembre 1792, elles sont expulsées de leur couvent. Chaque jour, elles prononcent l'acte d'offrande. Le 23 juin 1794, au temps de la Grande Terreur, elles sont arrêtées. Jugées et condamnées à mort le 17 juillet, elles sont guillotinées le soir même, sur la place de Nation à Paris. Leurs corps furent enterrés au cimetière de Picpus dans une fosse commune, où ils se trouvent encore dans le jardin des religieuses. Carmélites de Compiègne.À Paris, en 1794, les bienheureuses Thérèse de Saint-Augustin (Marie-Madeleine-Claudine Lidoine) et quinze compagnes: les bienheureuses Marie-Anne-Françoise Brideau (Soeur Saint-Louis), Marie-Anne Piedcourt (Soeur de Jésus Crucifié), Anne-Marie-Madeleine Thouret (Soeur Charlotte de la Résurrection), Marie-Claudie-Cyprienne Brard (Soeur Euphrasie de l'Immaculée-Conception), Marie-Gabrielle de Croissy (Soeur Henriette de Jésus), Marie-Anne Hanisset (Soeur Thérèse du Coeur de Marie), Marie-Gabrielle Trézelle (Soeur Thérèse de Saint-Ignace), Rose Chrétien de Neufville (Soeur Julie-Louise de Jésus), Annette Pelras (Soeur Marie-Henriette de la Providence), Marie-Geneviève Meunier (Soeur Constance), Angélique Roussel (Soeur Marie du Saint-Esprit), Marie Dufour (Soeur Sainte-Marthe), Élisabeth-Julie Vérolot (Soeur Saint-François), Catherine et Thérèse Soiron (soeurs converses), vierges, carmélites de Compiègne et martyres. Sous la Révolution française, elles furent condamnées à mort parce qu'elles avaient conservé fidèlement la vie religieuse et, avant de monter à l'échafaud, elles renouvelèrent leur profession de foi baptismale et leurs voeux religieux.

Les lectures du jour

Messe

(c) Association Épiscopale Liturgique pour les pays francophones - 2019
  • Première lecture : « L’ange du Seigneur lui apparut dans la flamme d’un buisson en feu » (Ex 3, 1-6.9-12)

    Lecture du livre de l’Exode

    En ces jours-là,
        Moïse était berger du troupeau de son beau-père Jéthro,
    prêtre de Madiane.
    Il mena le troupeau au-delà du désert
    et parvint à la montagne de Dieu, à l’Horeb.
        L’ange du Seigneur lui apparut dans la flamme
    d’un buisson en feu.
    Moïse regarda : le buisson brûlait
    sans se consumer.
        Moïse se dit alors :
    « Je vais faire un détour
    pour voir cette chose extraordinaire :
    pourquoi le buisson ne se consume-t-il pas ? »
        Le Seigneur vit qu’il avait fait un détour pour voir,
    et Dieu l’appela du milieu du buisson :
    « Moïse ! Moïse ! »
    Il dit :
    « Me voici ! »
        Dieu dit alors :
    « N’approche pas d’ici !
    Retire les sandales de tes pieds,
    car le lieu où tu te tiens est une terre sainte ! »
        Et il déclara :
    « Je suis le Dieu de ton père,
    le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac, le Dieu de Jacob. »
    Moïse se voila le visage
    car il craignait de porter son regard sur Dieu.
    Le Seigneur dit :
        « Maintenant, le cri des fils d’Israël est parvenu jusqu’à moi,
    et j’ai vu l’oppression que leur font subir les Égyptiens.
        Maintenant donc, va !
    Je t’envoie chez Pharaon :
    tu feras sortir d’Égypte mon peuple, les fils d’Israël. »
        Moïse dit à Dieu :
    « Qui suis-je pour aller trouver Pharaon,
    et pour faire sortir d’Égypte les fils d’Israël ? »
        Dieu lui répondit :
    « Je suis avec toi.
    Et tel est le signe que c’est moi qui t’ai envoyé :
    quand tu auras fait sortir d’Égypte mon peuple,
    vous rendrez un culte à Dieu sur cette montagne. »

                – Parole du Seigneur.

  • Psaume (Ps 102 (103), 1-2, 3-4, 6-7)

    Refrain psalmique : (Ps 102, 8a)

    Le Seigneur est tendresse et pitié. 

    Bénis le Seigneur, ô mon âme,
    bénis son nom très saint, tout mon être !
    Bénis le Seigneur, ô mon âme,
    n’oublie aucun de ses bienfaits !

    Car il pardonne toutes tes offenses
    et te guérit de toute maladie ;
    il réclame ta vie à la tombe
    et te couronne d’amour et de tendresse ;

    Le Seigneur fait œuvre de justice,
    il défend le droit des opprimés.
    Il révèle ses desseins à Moïse,
    aux enfants d’Israël ses hauts faits.

  • Évangile : « Ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits » (Mt 11, 25-27)

    Acclamation : (cf. Mt 11, 25)

    Alléluia. Alléluia.
    Tu es béni, Père,
    Seigneur du ciel et de la terre,
    tu as révélé aux tout-petits
    les mystères du Royaume !
    Alléluia.  

    Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu

    En ce temps-là,
    Jésus prit la parole et dit :
    « Père, Seigneur du ciel et de la terre,
    je proclame ta louange :
    ce que tu as caché aux sages et aux savants,
    tu l’as révélé aux tout-petits.
        Oui, Père, tu l’as voulu ainsi dans ta bienveillance.
        Tout m’a été remis par mon Père ;
    personne ne connaît le Fils, sinon le Père,
    et personne ne connaît le Père, sinon le Fils,
    et celui à qui le Fils veut le révéler. »

                – Acclamons la Parole de Dieu.