Plaques commémoratives 14-18 dans les Eglises

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Centenaire 14-18 : fait religieux et foi chrétienne dans la Grande Guerre

bandeau 1914 1918 court fait religieux et foi chrétienne

  • saints patrons et commémorations

SAINT JEAN DE CAPISTRAN (1386-1456)

st jean de capistan images visage

BARTOLOMEO VIVARINI, 1459 - PARIS, MUSÉE DU LOUVRE

Peint en 1459, ce tableau figure Jean de Capistran seulement trois ans après sa mort, dans une image de dévotion grandeur nature où est déjà fixée l’iconographie du saint victorieux par la croix. En 1984, saint Jean-Paul II le proclamera patron des aumôniers militaires et le qualifiera de « grand apôtre et défenseur de l’Europe, très vénéré […] pour son activité pastorale profonde et réformatrice » et « qui se donna avec grande générosité pour le salut des âmes ».

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COMMEMORATION DE L’ARMISTICE DE LA PREMIERE GUERRE MONDIALE

anniversaire de l Armistice du 11 novembre 1918(11 novembre)

Une homélie du Cardinal Pierre EYT, archevêque de Bordeaux :

"En ce jour du 11 novembre 1996, je me reporte non sans émotion au compte-rendu du “ Te Deum de la Victoire libératrice ” tel que le désigne et le relate, à quelques jours de l’événement, notre hebdomadaire diocésain “ L’Aquitaine ”. La célébration mémorable a lieu le dimanche 17 novembre 1918 : “ A Bordeaux, est-il rapporté, la foule a envahi églises et chapelles, et à la même heure, partout, les catholiques ont fait de leur foi et de leur patriotisme une des plus grandioses manifestations qui se soient jamais vues. A la Cathédrale, Son Éminence le Cardinal a célébré la Messe... Il a entonné le “ Te Deum ” et la foule a repris. Ce fut superbe. De tous les cœurs, même les plus meurtris, montait vers Dieu, à travers les larmes de joie ou de deuil, l’hymne de la reconnaissance ” (L’Aquitaine, 1918, p.536). 
Le chroniqueur relève bien sûr la présence des autorités civiles et militaires : parlementaires, municipalité, officiers des armées de terre et de mer. Un “ groupe de glorieux mutilés ” est signalé dans la nef. A la fin de la messe, il semble impossible à l’observateur de décrire “ l’émotion que partageait l’immense assemblée et qui rendait le moment vraiment poignant ! ”.

Aujourd’hui, en 1996, chacune et chacun de nous peut ressentir le contraste entre la célébration populaire de 1918 et la présente commémoration, soixante-dix-huit ans après. Au fil du temps, la forte émotion originelle s’est refroidie, la foule éloignée, l’enthousiasme éteint. Seuls participent à notre célébration ceux et celles qui, à des titres divers, se sentent en représentation des autres. Nous le faisons au nom de l’Etat, de la région, du département, de la ville, des armées, de la magistrature, de l’université, des associations d'anciens combattants, de résistants, de victimes de la guerre, de l’Eglise.

Mais la foule des citoyens semble avoir pris acte du fait que désormais la célébration du 11 novembre ne constitue plus qu’un jour chômé. Une telle situation m’inspire quelques réflexions, non par rapport à ceux qui ne sont pas là, mais par rapport à nous qui sommes présents et, par cela même, toujours concernés.

Tous en effet qui sommes ici, y sommes, à un titre ou à un autre, en représentation de la Cité. Nous sommes présents pour les autres citoyens et en leur nom. Cela constitue une responsabilité et un honneur, tout comme constituent une responsabilité et un honneur les fonctions que nous exerçons, jour après jour, à l’intention des autres, à travers le service de l’Etat ou service public, service rendu “ au nom du Peuple français ”.

Or, nous le percevons clairement (et ceci concerne toutes les Démocraties du monde), il y a aujourd’hui une discussion violente sur le bien-fondé de l’autorité politique et des pouvoirs qui l’expriment. Nous sommes même témoins d’un débat tumultueux et sans cesse relancé sur les privilèges réels ou imaginaires que s’octroieraient sans contrepartie d’obligations proportionnées, ceux qui détiennent une charge publique.

La très vive sensibilité qui sur ce point se manifeste chez beaucoup de nos concitoyens constitue une alerte, mais aussi un encouragement. Ma propre mission n’est pas d’insister sur l’alerte. L’opinion publique y vibre déjà suffisamment. Par contre, je soulignerai le signal d’encouragement que peut comporter le débat actuel, pour difficile qu’il puisse être parfois.

En effet, la responsabilité de l’homme public n’est pas usurpée. Est hautement légitime aussi que ceux qui en ont la charge exercent la capacité de juger, de décider et de faire exécuter les lois de la République. Saint Paul le rappelait déjà aux tous premiers chrétiens de Rome, la capitale de l’Empire : “ L’autorité vient de Dieu... il n’y a d’autorité que par Dieu et celles qui existent sont établies par Lui... C'est encore la raison, poursuit-il, pour laquelle vous payez des impôts : ceux qui les perçoivent sont chargés par Dieu de s’appliquer à cet office. Rendez à chacun ce qui lui est dû : l’impôt, les taxes, la crainte, le respect, à chacun ce que vous lui devez ” (Ro. 13, 1, 6, 7).

Il n’y a donc pas de malédiction qui pèserait sur les responsabilités publiques. A condition toutefois que leur exercice constitue pour celui qui en a la charge une source exigeante d’obligations. Saint Pierre précise à l’intention des responsables qu’il s’agit de devenir “ les modèles ” des autres, en servant soi-même “ de bon gré, non par contrainte, mais par dévouement ” (I Pierre 5, 2, 3). Jésus avait lui-même dit d’une manière insurpassable qu’il était venu pour « servir et non pas pour être servi » (Marc 10, 45).

Ainsi, en commémorant, ce matin, une date qui, irrémédiablement s’éloigne de nous, nous nous comptons peu nombreux certes, mais en représentation consciente et déterminée des autres citoyens. Nous voici appelés à vivre cette heure et l’ensemble de notre charge avec un sens plus aigu que jamais de la grandeur de notre Office.

Jésus nous compte tous parmi ses “ serviteurs ”, même si parfois comme dans l’Evangile nous avons le sentiment d’être des “ serviteurs inutiles ” (Luc 17, 10).

Le civisme, la conscience du bien commun, le courage pour faire triompher l’équité, l’accomplissement du devoir d’Etat, la disponibilité et le désintéressement, la recherche de la justice, le souci du dialogue constituent un chemin d’humanité. Nous voulons y progresser avec tous nos concitoyens, avec tous nos “ frères ”, les plus pauvres et les plus démunis en premier.

N’est-ce pas la devise de la République qui nous appelle elle-même à la fraternité ?

Que Saint Martin que nous célébrons aujourd’hui nous apprenne la grandeur du service des pauvres et de tous ceux qui sont sans défense, dans un climat social de plus en plus difficile. "

Cardinal Pierre EYT

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COMMEMORATION DES FIDELES DEFUNTS (2 novembre)

COMMEMORATION DES FIDELES DEFUNTS La commémoration des fidèles défunts apparaît dès le 10ème siècle et perpétue la tradition monastique de consacrer une journée à la prière pour les défunts, tradition qui date du 7ème siècle.

C’est Saint Odilon quatrième abbé de Cluny qui institua cette fête en 998 et la fit célébrer au lendemain de la Toussaint. L’usage s'étendit très vite à tout l’univers chrétien. Après s’être réjouie hier (1er novembre) avec les saints qui partagent en plénitude la joie du Seigneur, l’Eglise prie aujourd’hui (2 novembre) pour tous ceux qui attendent le jour où ils pourront se joindre à l’assemblée des saints

L’Eglise prie tous les jours pour les fidèles défunts. La mort du chrétien est l’acte dans lequel toute une vie inspirée de la grâce de Dieu atteint à sa réussite. L’Eucharistie que reçoit le mourant est comme une communion solennelle. Les textes choisis par la liturgie de ce jour rappellent les grandes libérations pascales du peuple élu. Ils donnent à la mort du chrétien l’aspect d’une vigile pascale. La Messe des funérailles célèbre par anticipation le banquet céleste auquel nous participerons auprès du Seigneur en communion avec nos défunts. La résurrection ne sera pas la simple récupération de notre corps mais le passage à un nouvel état où l’identité personnelle sera animée et garantie par l’esprit de Dieu.

Les textes de la liturgie nous invitent à raviver notre espérance devant la réalité mystérieuse de la mort ; ils rappellent la résurrection de Jésus et la certitude de notre propre victoire sur le péché et sur la mort dès aujourd’hui et pour l’éternité, car c’est dans le Christ qu’a resplendi pour nous l’espérance de la résurrection bienheureuse. 
Les chrétiens sont tous en marche vers le ciel et, selon l’enseignement du concile Vatican II, les valeurs humaines y seront transfigurées. Ces valeurs de dignité de communion fraternelle et de liberté, tous ces fruits excellents de notre nature et de notre industrie que nous aurons propagés sur terre, selon le commandement du Seigneur et dans son esprit, nous les retrouverons plus tard mais purifiés de toute souillure, illuminés, transfigurés lorsque le Christ remettra à son Père un royaume éternel et universel. Une des meilleures manières d’aimer activement et efficacement nos défunts est de prier pour eux. Une immense espérance traverse les textes de la liturgie de ce jour centré sur le Christ “ Ressuscité d’entre les morts, prémices de ceux qui se sont endormis ”.

“ Le Seigneur est la lumière et le salut de tous ceux qui ont mis en lui leur confiance ” (Ps 26). Si nul ne peut échapper à la mort, à la condition mortelle, c’est dans le Christ que tous revivront (antienne d’entrée de la messe). Jésus-Christ a détruit la mort et ouvert à tout croyant les portes de la vie “ Je suis la résurrection et la vie ” dit le Seigneur “ Celui qui croit en moi, même s’il meurt vit, et tout homme qui croit en moi ne mourra jamais ” (antienne de communion). Les chrétiens attendent la manifestation glorieuse du Christ et une nouvelle terre où régnera la justice. Nous sommes tous des voyageurs tendus vers la patrie.

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COMMEMORATION DE BIR-HAKEIM (10 juin)

COMMEMORATION DE BIR HAKEIMEn Lybie, à la fin du mois de mai 1942, la 1ère brigade des Forces Françaises Libres appuie, face aux forces germano-italiennes, la 8è armée britannique. La chute de Tobrouk avait ouvert la voie vers le Caire aux forces allemandes. La 1ère brigade des Forces Françaises Libres devait empêcher l'encerclement des Forces alliées. Le 27 mai 1942 l'armée italienne attaque la position de BIR HAKEIM. Repoussées dans un premier temps après un combat acharné les forces germano-italiennes encerclent Bir Hakeim du 1er au 10 juin. Leur supériorité numérique est importante. Le général Rommel, commandant les forces germano-italiennes, exigent une reddition. "Nous ne sommes pas ici pour nous rendre" telle est la réponse du général Keonig qui commande la brigade française. Eau, vivres, munitions vont manquer. Le 10 juin, la garnison reçoit l'ordre, du Commandant de la 8è armée, de se replier. Dans la nuit du 10 au 11 juin les Français parviendront, avec leurs blessés et le matériel, à traverser les lignes ennemies.

Dans "Mémoires de guerre" (tome II, L'appel, p.258) le Général de Gaulle écrit : "De toutes façons, le dénouement approche et je télégraphie au commandant de la 1ère Division légère : "Général Koenig, sachez et dites à vos troupes que toute la France vous regarde et que vous êtes son orgueil !"....Des 5 500 hommes environ, que la 1ère Division légère comptait avant Bir Hakeim, Koenig, après quatorze jours de combat, en ramenait près de 4 000 valides. Nos troupes laissaient sur le terrain 1 109 officiers et soldats, morts, blessés ou disparus.... Mais nous avions infligé à l'ennemi des pertes trois fois supérieures à celles que nous avions subies".

Et dans le tome I de "Mémoire de guerre" : "La Nation a tressailli de fierté en apprenant ce qu'ont fait ses soldats à Bir-Hakeim. Braves et purs enfants de France qui viennent d'écrire avec leur sang, une des plus belles pages de gloire !"

Un texte pour pour la commémoration de Bir Hakeim

« Aux morts de Bir-Hakeim » par le Révérend Père Charles ALBY :

"Ils dorment dans le silence. Dans le silence du désert. C’est plus que le silence ordinaire d’un cimetière. C’est le silence cosmique. C’est le silence d’une solitude absolue. Cette solitude du désert, affranchie de tout instable de la vie, comme dirait Pierre Loti.

C’est bien la tombe qu’il leur fallait à ces braves. Un cimetière ordinaire ne leur convenait pas. Un cimetière ordinaire a des dimensions banales ; il est enclos dans des lieux habités, inscrit dans un cadastre. Pas de cadastre au désert, pas de limites ! Aux morts tragiques, il faut des tombes que seul visite, au coucher du soleil, le vent froid du bled.

Le vent a passé sur leur bataille, il a transporté l’odeur de leur poudre, il les a aveuglés de son sable. Il a vibré de l’écho des explosions. Lui seul sait. Il est le témoin tellurique de ce combat qui n’a ressemblé à aucun autre.

Car ceux de Bir-Hakeim étaient morts avant de mourir. Ils avaient tout sacrifié, ils avaient coupé les amarres. Ils avaient fait à la Patrie un don total. Ils étaient des séparés au point que certains de leurs compatriotes ne les reconnaissaient plus. Ils avaient continué de croire à la Patrie quand celle-ci semblait ne plus croire en eux. Le désert moral était plus rude pour eux que le désert physique.

Un petit cimetière de village, un petit cimetière de banlieue n’était point leur affaire. Tout cela est trop administratif et ils avaient envoyé promener l’administration pour retrouver l’âme de la Patrie. Ils sont bien les fils de la terre et c’est pourquoi ils dorment à même le sol sans linceul et sans cercueil.

Ô vent du désert soulève un peu de cette poussière qui colle à leurs os et va la porter au-delà de la mer bleue, au-delà des monts et des vallées, jusqu’à l’arc du Grand Empereur, et dépose ce sable non point dessous, mais dessus bien haut, afin que du haut du ciel tous les grands soldats de France, de Jeanne d’Arc à Foch, la voient, cette poussière !

Ô morts de Bir-Hakeim, vous reposez seuls au milieu de vos trophées et des instruments de votre martyre, au milieu des restes de la mitraille et des chars ennemis que vous avez arrêtés.

Vous restez dans la bataille... car la bataille continue ...

La grande stèle dresse la Croix de Lorraine sur ces arpents de terre nue et quand son ombre s’allonge, au déclin du soleil, le vent du soir, courant sur les asphodèles et susurrant dans les barbelés, souffle à l’oreille du pèlerin qui s’attarde : « PASSANT, VA-T-EN DIRE A LUTECE QUE DEUX CENTS BRAVES SONT TOMBES ICI POUR QUE VIVE LA FRANCE. »

Un combattant de Bir Hakeim

Jacques-Réginald Savey est né le 10 octobre 1910. A 26 ans, révérend père dominicain, il part comme missionnaire en Syrie en Haute-Djézireh. Sous-Lieutenant de Réserve, Jacques-Réginald Savey est mobilisé le 28 août 1939 et affecté à un service de renseignement. Pendant l’été de 1940, il hésite deux mois à cause de ses convictions religieuses, sur la conduite à tenir après la signature de cette Armistice, qu’il n’admet pas plus que la politique d’un gouvernement qui renverse les alliances traditionnelles de la France. 
Dès le 28 juin 1940, sa décision est prise et il rallie les Forces Françaises Libres à Ismaïlia au Caire. On lui confia d’emblée le commandement d’une compagnie du Premier Bataillon d’Infanterie de Marine, récemment crée. Le 1er BIM, toute première des unités de la France Libre, formé de Français presque tous issus de l’Infanterie Coloniale est le seul bataillon où Jacques-Réginald Savey a servi, il prendra l’appellation de BIMAP en octobre 1942 après Bir-Hakeim et deviendra en 1945 le Premier RIC (Régiment d’Infanterie Coloniale). Ses traditions sont actuellement conservées par le 1er RIMa (Régiment d’Infanterie de Marine) basé à Angoulême.

Promu Capitaine en novembre 1940, Jacques-Réginald Savey a participé aux combats en Syrie, en Erythrée, en Cyrénaïque et en Egypte. Lors de la campagne d’Erythrée, à la bataille de Massaouah, en mai 1941, le 1er BIM est cité à l’ordre de l’Armée. La 3ème Compagnie, sous les ordres du Capitaine Savey, a provoqué la reddition de 1943 Italiens.

Nommé à la tête du 1er BIM en juin 1941 après la prise de Damas et promu Chef de Bataillon à cette occasion pour “ services exceptionnels ”, Jacques-Réginald Savey a trouvé une mort glorieuse à la tête de son bataillon lors de la sortie de vive force de Bir-Hakeim le 10 Juin 1942. Il avait 31 ans. La citation décernant, à titre posthume, la Croix de la Libération au Commandant Savey, souligne la valeur morale et militaire exceptionnelle de ce prêtre missionnaire officier de l’Infanterie de Marine, digne héritier de la tradition des croisés de Syrie.

La dépouille du Chef de Bataillon Savey a été rapatriée de Bir-Hakeim en 1946. Le père savey repose aujourd’hui au cimetière conventuel d’Etiolles avec ses frères de religion.

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JOURNEE DE PRIERE POUR LA PAIX (1er janvier)

priere pour la paixLe Pape Paul VI a voulu que le 1er janvier de chaque année soit "une journée mondiale de la paix". La journée de 1er janvier est placée sous le patronage de Marie "Mère de Dieu".

La 1ère journée de prière pour la paix s'est déroulée le 1er janvier 1968 et en 1969 il décida de donner un thème à chaque journée.

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SAINT CAMILLE DE LELLIS (18 juillet)

saint camille de lellisIl est né le 25 mai 1550 à Bucchianico (Abruzzes). Sa jeunesse fut assez dissipée. Il se convertit à 25 ans et résolut de faire pénitence. Il entra chez les capucins mais par deux fois dut en sortir à cause d’un ulcère incurable à la jambe. C’est à Rome qu’il trouva définitivement l’orientation de sa vie, alors qu’il exerçait le métier d’infirmier à l’hôpital Saint Jacques. Touché de compassion pour les souffrances qu’il avait sous les yeux, voyant le peu de charité de certains employés de l'hôpital, il décida de se consacrer aux malades et aux malheureux “ avec l’amour d’une mère soignant son enfant malade ”.

D’infirmier, il devint économe de la maison ce qui lui permit d’envisager une réforme complète du soin des malades. Il groupa autour de lui quelques compagnons qui vont devenir le noyau de l’ordre des clercs réguliers, ministres des infirmes ou Camilliens.

Une bulle du 21 septembre 1591 de Grégoire XIV érige l’ordre des Camilliens sous la règle de Saint Augustin. Camille en est le préfet général. Camille n’était pas prêtre ; décidé de le devenir, il se mit à l’étude du latin et fut ordonné prêtre en 1584.

Toute sa vie, il fut un homme très charitable. L’importance des réformes qu’il entreprit dans l’assistance hospitalière en fait le précurseur de la bienfaisance publique moderne.

La mission spéciale de l’ordre, à laquelle tous les religieux se lient par vœu, même au péril de leur vie, est : “ l’exercice des œuvres spirituelles et corporelles de miséricorde envers les malades, même atteints de peste, tant dans les hôpitaux et les prisons que dans les maisons privées et partout où il faudra ”, (Constitutions). Ils doivent “ regarder l’hôpital comme un jardin délicieux ”, les malades comme “ leurs seigneurs et maîtres ”.

Camille mourut à Rome le 14 juillet 1614. 
Canonisé le 29 juin 1746 par Benoît XIV, le titre de Protecteur des hôpitaux et des malades lui fut donné en même temps qu’à St Jean de Dieu, par Léon XIII le 22 juin 1886. En 1930, Pie XI le proclame patron du personnel des hôpitaux ainsi que Saint Jean de Dieu. Il est fêté le 15 juillet dans son ordre et le 18 dans l’Eglise.


On pourrait s’étonner que dans l’Eglise, des prêtres passent leur vie au service des misères et des faiblesses physiques. Mais la charité se souvient de tant de gestes du Christ guérissant et bénissant les foules. N’y a-t-il pas de relations entre le lit de souffrance, la table d’opération et l’autel ? A la suite du Christ, comme le bon Samaritain de l’Evangile du jour, (Luc 10, 25-37), il nous est demandé de servir, spécialement les pauvres et les malades. Aucune eschatologie révolutionnaire, aucune idéologie ne peut nous dispenser de traiter avec justice et amour une personne que nous pouvons secourir. 
Il est fréquent de rencontrer sur la route une personne blessée ; il est plus fréquent encore de rencontrer des êtres meurtris par l'échec, les drames familiaux, le chômage, etc. Nous n’avons pas à nous demander : qui est digne d’être considéré comme mon prochain ? Mais, que dois-je faire pour être vraiment le prochain de mes frères ? 
La conduite du bon Samaritain fournit la réponse à cette question.

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SAINT COME ET SAINT DAMIEN (26 septembre)

saint come et saint damienL’histoire qui suit, résumé des légendes entourant ces saints jumeaux, justifie suffisamment qu’au Moyen Age, ils soient devenus les patrons des docteurs ainsi que d’une variété de professions associées à la médecine, comme, à un certain moment, les barbiers. 

Côme et Damien sont les principaux et les plus connus de ces saints vénérés en Orient comme “ anargyroi ”, les “ sans argent ”. Ils pratiquaient en effet la médecine sans demander de rémunérations à leurs patients.

Saints Côme et Damien étaient frères jumeaux, nés en Arabie. Ils étudièrent les sciences en Syrie et devinrent des médecins célèbres. Etant chrétiens et remplis de la sainte charité, ils pratiquaient leur profession avec grande application et beaucoup de succès, mais n'exigeaient jamais d’honoraires de la part de leurs patients. Ils vivaient à Egée dans la baie d’Alexandrette, en Cilicie. Ils étaient évidemment aimés et respectés de ceux sur lesquels s’exerçait leur charité. On les respectait aussi, plus généralement, pour leur zèle en faveur de la foi chrétienne qu’ils propageaient chaque fois que leur profession le leur permettait. Quand la persécution commença à faire rage, il fut impossible à des gens aussi connus qu’eux d’échapper aux mailles du filet. Ils furent donc arrêtés sur ordre de Lysas, le gouverneur de Cilicie, et décapités après avoir été torturés. Leurs corps furent ramenés en Syrie et enterrés à Cyrrhus, qui fut le centre principal de leur culte. Là, les textes les plus anciens situent leur martyre.

Les légendes agrémentent cette histoire assez simple de nombreuses merveilles. Par exemple, avant d’être décapité, ils auraient défié la mort par noyade, le feu ou la crucifixion. Pendant qu’ils pendaient sur des croix, la foule leur aurait jeté des pierres, mais ces projectiles se seraient retournés contre ceux qui les lançaient. De la même manière, les flèches des archers qui devaient les tuer, se retournaient en l’air pour frapper ceux qui les avaient tirées (les mêmes prodiges sont attribués à Saint Christophe et à d’autres). Les trois frères de Côme et de Damien -Anthime, Léonce et Euprepius- auraient été mis à mort en même temps qu’eux : leurs noms figurent au martyrologe romain. Beaucoup de miracles de guérisons leur ont été attribués après leur mort : les saints apparaissaient parfois aux malades pendant leur sommeil, leur prescrivant une thérapie ou les guérissant sur le champ, comme cela se passait pour des dévots païens dans les temples d’Esculape ou de Serapis. Parmi les personnages célèbres qui ont attribué aux saints Côme et Damien la guérison d’une maladie sérieuse, il y eut l’empereur Justinien 1er qui honora la cité de Cyrrhus à cause de leurs reliques. Deux églises ont apparemment été construites en leur honneur au début du 5ème siècle. Leur basilique romaine avec son exquise mosaïque fut consacrée vers 530.

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SAINT-LUC (18 octobre)

stlucSaint Luc (1er siècle) est l'auteur du 3ème évangile et des Actes des Apôtres, où il apparaît comme le chantre de la miséricorde de Dieu (cf. le chap.15 de son évangile avec la parabole du fils prodigue) et le témoin de la joie et de l'espérance chrétienne (cf. ce thème dans les Actes).

On lui doit aussi à travers ses récits de l'enfance (ch.1 et 2 de son évangile) le témoignage le plus complet sur la Vierge Marie. C'est pourquoi on le représente souvent sur les icônes, peignant la Vierge Marie.

Homme cultivé, il maniait le grec avec dextérité et avait étudié la médecine. C'est la raison pour laquelle il a été, tôt, choisi comme patron des médecins, de même que les deux frères, saint Côme et saint Damien, morts martyrs en Syrie (fête le 26 septembre)

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SAINTE GENEVIÈVE (26 novembre)

ste genevievePatronne de la Gendarmerie

Sainte Geneviève (420-502 ?) est née à Nanterre. Toute jeune encore, elle fut remarquée par saint Germain d'Auxerre qui se rendait en Angleterre. Jeune fille, elle se consacra à Dieu par un vœu de virginité et vint habiter Paris où elle mena une vie religieuse non cloîtrée comme c'était la coutume en son temps.

Elle menait une vie ascétique et de prière; elle était très attachée au culte des saints, notamment Denis, en honneur duquel elle fit construire une église, et Martin au tombeau duquel elle accomplit un pèlerinage.
Sainte Geneviève se révéla pleine de force d'âme, d'espérance et de sens pratique en plusieurs circonstances tragiques où les parisiens cédaient à la panique et au désespoir: en 451, Attila menaçant la ville, Geneviève, par son calme, sa confiance en Dieu et sa détermination, sut organiser la résistance et la ville fut sauvée. En 470, la ville était assiégée et ses habitants menacés de famine. Geneviève décida d'une expédition par la Seine jusque dans l'Aube, pour organiser le ravitaillement et, une fois encore, Paris fut libéré

Thaumaturge et attentive de toutes manières à soulager les misères des pauvres, Geneviève fut très vite l'objet d'une dévotion populaire après sa mort. Clovis qui l'avait en grande estime fit bâtir une église qui devint l'abbatiale Sainte Geneviève. Une autre église construite à côté au VXIème siècle, Saint Etienne du Mont, abrite aujourd'hui encore les reliques de Geneviève.
Femme forte, paisible et de grande autorité, femme qui sut rétablir l'ordre et la paix de la cité au cours des pires épreuves, Geneviève reste un repère et un exemple pour tous les gendarmes dans leur labeur, en même temps qu'elle intercède pour eux.

Par décret en date du 18 mai 1962, le bienheureux pape Jean XXIII a solennellement désigné sainte Geneviève comme patronne de la Gendarmerie, dont il avait pu apprécier les engagements et le sens du service comme nonce apostolique à Paris, peu auparavant.

SAINTE GENEVIÈVE (26 novembre) : Au calendrier de l'Eglise, la fête de sainte Geneviève figure au 3 janvier qui correspond à la date de sa mort, c'est-à-dire de sa naissance au ciel. Cependant, cette date n'étant pas favorable au rassemblement des gendarmes requis par cette célébration, elle est célébrée par la gendarmerie au 26 novembre, qui correspond à la fête de Sainte Geneviève des Ardents, institué par le pape Innocent II pour le diocèse de Paris en l'honneur des miracles de guérison de la peste opérés à l'invocation de la suite en cette ville en l'an 1130. La gendarmerie étant une unité dont les origines sont liées à l'histoire de la ville de Paris, cette date paraît particulièrement bien convenir.

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ASSOMPTION DE LA VIERGE MARIE (15 août)

assomptionMarie,- Notre Dame-, ainsi que Saint Bernard et les médiévaux la désignaient avec respect et affection, est la mère du Christ Jésus. Honoréen universellement par les chrétiens (mais aussi par les musulmans), elle l'est, dans les Armées, surtout par les marins et les aviateurs.

Marie est invoquée par les marins notamment comme "l'Etoile de la mer" (stella maris), qui les guide sur l'immensité des océans et de la vie. Marie est aussi honorée par les marins sous le titre de Notre Dame du Rosaire (fête le 7 octobre) en souvenir de la bataille navale de Lépante en 1571 où la flotte turque fut défaite par une coalition chrétienne alors que les fidèles, à l'appel du pape, priaient le rosaire pour obtenir la victoire. Aujourd'hui encore, les marins participent au pèlerinage du rosaire à Lourdes, chaque année.

Marie est aussi invoquée par les aviateurs, sous le vocable de Notre Dame de Lorette, Notre Dame des ailes, Notre Dame des équipages (cf. le titre de la chapelle de la base de Toulouse Francazal).

C'est le pape Benoît XV, qui, le 24 mars 1920, a officiellement déclaré "Notre Dame de Lorette", protectrice des aviateurs.

Une vieille croyance populaire atteste que la maison de Marie, à Nazareth, afin qu'elle ne tombât pas aux mains des musulmans, fut transportée par des anges jusqu'en Dalmatie, puis, de là à Lorette, près d'Ancône.

Quel que soit l'authenticité historique de cette translation miraculeuse, elle situe Marie comme protectrice de ces nouveaux et étranges transporteurs du ciel que sont les aviateurs au début du 20ème siècle. A vrai dire, il ne s'agit pas là - tout comme pour les mécanos avec saint Eloi - d'un patronage spécifiquement militaire. Il est commun avec l'aviation civile.

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LA MARINE NATIONALE ET LA VIERGE MARIE

notre dame du rosaireLes marins ont quelques saints protecteurs mais pas véritablement de saint patron, sinon la Vierge Marie, “ Maris Stella ”.

La marine d'Etat se souvient de Notre-Dame du Rosaire (7 octobre), dont la fête fut instituée par le pape Pie V pour commémorer la victoire de Lépante. Le Pape approuva la décision de Don Juan d’Autriche, l’amiral de la coalition chrétienne, qui avait dit à ses marins de manger de la viande avant le combat, bien qu’on fût un vendredi.

Un indult jamais révoqué dispense depuis lors les marins de l’abstinence.

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NOTRE-DAME DE LORETTE (10 décembre)

Notre Dame de Lorette 2La légende dit que la Sainte Maison de Joseph, Marie et Jésus vola à travers les airs, portée par des anges, de Galilée jusqu’en Italie en traversant ce qui est aujourd’hui l’ex-Yougoslavie. Notre-Dame de Lorette semblait donc tout indiquée pour devenir patronne de tous ceux qui travaillent dans l’aviation. Cette décision fut officiellement approuvée par un décret de la Congrégation Pontificale pour les Sacrements du 24 mars 1920.

Lorette est une ville de la côte adriatique italienne, au sud d’Ancône. Elle semble avoir été un lieu de culte de la Vierge Marie dès le 12ème siècle : on raconte que la statue de la Vierge qui s’y trouve a été apportée par les anges. Vers la fin du 15ème siècle, ce lieu abritait la Sainte Maison dans laquelle Marie était venue au monde et dans laquelle avait eu lieu l’Annonciation. C’est cette maison qui, après un bref séjour en Dalmatie - sur l’autre rive de l’Adriatique - avait été emportée en Italie par des bras angéliques. En 1294, si l'on en croit un document du 16ème siècle. De nombreux miracles furent attribués à cette châsse, petite construction rectangulaire aujourd'hui recouverte de marbre et enfermée dans une basilique à dôme. La construction est faite de matériaux introuvables dans la région de Lorette, et ne présente aucune fondation. 
Et en dépit de ces particularités, peu de théologiens, même parmi les plus pieux, donnent foi à cette histoire, ce qui n’entame en rien l’importance du culte qui lui est voué. Une fête locale fut autorisée en 1632 et s’est étendue depuis à toute l’Italie, ainsi qu’à certaines autres régions du monde et à quelques ordres religieux. En 1921, un incendie détruisit la statue originale de la Vierge, mais une autre fut rapidement fabriquée, couronnée par le pape Pie XI en 1924, et replacée dans la châsse.
On estime actuellement en raison de la nature des matériaux qu’un sanctuaire marial d’Ephèse fut démonté pour être reconstruit à Lorette.

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SAINT JOSEPH DE CUPERTINO ou COPERTINO (1663) (18 septembre)

SAINT JOSEPH DE CUPERTINO La réputation de lévitation qui marqua la vie du saint explique qu’il ait été spontanément considéré comme le patron de tous les métiers liés à l’aviation et aussi des cosmonautes. Il a toujours été considéré comme le patron des étudiants et en particulier des candidats aux examens à cause des énormes difficultés scolaires qu’il rencontra jusqu’à son ordination.

Joseph Desa naquit le 17 juin 1603 à Cupertino, un petit village situé entre Brindisi et Otrante (Italie). Sa famille était si pauvre qu’il vint au monde dans un réduit derrière la maison. Son père, charpentier de métier, ne pouvait plus payer ses dettes et la maison venait d’être vendue. Il eut une enfance malheureuse. Devenue veuve, sa mère le considéra comme une nuisance et un fardeau et le traita avec une grande sévérité. Enfant, il fut extrêmement distrait et apathique. Il oubliait de prendre ses repas, et lorsqu’on le lui rappelait, il répondait simplement. “ J’ai oublié ” et vagabondait bouche bée dans tout le village, ce qui lui valut le surnom de “Boccaperta”, le "bailleur ”. Il était colérique, et donc peu apprécié ; mais dans ses devoirs religieux, il se montrait exemplaire et même précoce. Lorsqu’arriva le moment de gagner sa vie, Joseph devint apprenti chez un cordonnier. Il s’exerça quelque temps à ce métier, mais sans succès. A l’âge de dix-sept ans, il se présenta auprès des Franciscains Conventuels, qui rejetèrent sa demande. Il alla donc voir les Capucins, qui l’acceptèrent comme frère laïc, mais il fut renvoyé au bout de huit mois pour inaptitude aux fonctions de cet ordre.

Joseph s’adressa alors à un riche oncle qui refusa catégoriquement d’aider ce bon-à-rien. Le jeune homme retourna donc chez lui désespéré et miséreux. Sa mère, qui n’était pas du tout heureuse de le voir encore à sa charge, usa de son influence auprès de son frère, un Franciscain Conventuel, pour que les frères l’acceptent comme serviteur à Grottella. Il reçut l’habit tertiaire et se mit au travail dans les étables. Il semble alors qu’un déclic se soit produit chez lui puisqu’il commença à travailler convenablement. En outre, il sut tellement se faire apprécier par son humilité, sa douceur, son amour de la mortification et de la pénitence qu’en 1625, on décida qu’il devait être admis parmi les religieux du choeur, et qu’il pourrait entrer dans les ordres. Joseph commença ainsi son noviciat et ses vertus firent de lui un objet d’admiration. Mais il se fit également remarquer par l’absence de progrès dans ses études

Après avoir reçu la prêtrise en 1628, il passa cinq ans sans toucher ni au pain ni au vin. Le vendredi, il mangeait des herbes qui étaient si mauvaises que lui seul pouvait y goûter. Le jeûne qu’il observait pendant le Carême était si strict qu’il n’absorbait aucune nourriture à l’exception du jeudi et du dimanche. Il consacrait tout le reste de son temps à des tâches ménagères et routinières simples dont il savait que c’était tout ce qu’il était capable de faire.

A partir du jour de son ordination sacerdotale, la vie de Joseph fut une longue série d'extases, de guérisons miraculeuses et d’événements surnaturels sans précédent chez tous les autres saints. 
Pendant les dix-sept années qu’il passa à Grottella, on recensa plus de soixante-dix lévitations. La plus merveilleuse s’étant produite au moment où les frères bâtissaient un calvaire. La croix du milieu mesurait plus de dix mètres de haut et nécessitait l’intervention de dix hommes pour la soulever. Saint Joseph aurait “volé” sur soixante-dix mètres de la porte de la maison jusqu’à la croix, l’aurait prise dans ses bras “comme si c’était une plume” et l’aurait mise en place. Cet étonnant exploit n’a jamais été attesté par un témoin visuel et, comme la plupart de ses prouesses antérieures, il ne fut rapporté qu’après sa mort. On sait qu’avec le temps, les faits sont souvent exagérés. C'est d’ailleurs ainsi que naissent les légendes. Mais quelle que soit leur nature et leur étendue exactes, la vie quotidienne de Saint Joseph fut entourée de phénomènes si étranges que, pendant trente-cinq ans, il ne fut pas autorisé à célébrer de messe en public, à se trouver au chœur, à prendre ses repas avec les frères ou à assister aux processions et autres rassemblements publics. Les personnes pour qui ces manifestations constituaient un péché ne manquaient pas, et lorsque Saint Joseph attira les foules lors de ses voyances dans la province de Bari, il fut dénoncé. Le grand vicaire fit part de la plainte aux inquisiteurs de Naples, qui convoquèrent Joseph. Les chefs d’accusation furent examinés et les inquisiteurs ne trouvèrent rien qui justifiât une censure, mais ils ne le relaxèrent pas pour autant. Ils l’envoyèrent à Rome auprès de son Ministre Général, qui l’accueillit avec rudesse mais impressionné par l’innocence et l'humilité de son comportement, il le conduisit devant le pape Urbain VIII. A la vue du Vicaire du Christ, le saint homme entra en extase, et Urbain déclara que si Joseph mourait avant lui, ce serait la preuve du miracle dont il venait d’être le témoin.

Joseph fut envoyé à Assise où une fois de plus ses supérieurs le traitèrent avec une extrême sévérité, le considérant comme un hypocrite. Il y arriva en 1639 et y demeura pendant treize années. Au début, il traversa de nombreuses épreuves, à la fois intérieures et extérieures : Dieu semblait l’avoir abandonné. Ses exercices religieux s’accompagnaient d’une aridité spirituelle qui l’affligeait considérablement ; de terribles tentations le plongeaient dans une telle mélancolie qu’il osait à peine lever les yeux. Informé de la situation, le Ministre général l’appela à Rome et, après l’avoir gardé trois semaines, le renvoya à Assise. En route pour Rome, le saint homme assista à un retour des consolations divines qui l’avaient quitté.

En 1653, pour des raisons inconnues, l’Inquisition de Pérouse reçut pour mission de retirer saint Joseph de son Ordre, et de le placer chez les Capucins dans les lointaines collines de Pietrarossa, où il vécut en reclus. Joseph se trouvait en fait en captivité. Il n’était pas autorisé à quitter les limites du couvent, à parler à quiconque à l’exception des frères, à écrire ou à recevoir de lettres. Il était totalement coupé du monde. Mais on découvrit rapidement sa retraite : les pèlerins commencèrent à affluer. On le fit à nouveau disparaître et il recommença à vivre en reclus auprès des Capucins de Fossombrone. Il passa ainsi le restant de ses jours.

Lorsque, en 1655, le chapitre général des Franciscains Conventuels demanda le retour de son saint à Assise, le pape Alexandre VII répondit qu’un seul saint François suffisait à Assise. En 1657, il fut toutefois autorisé à se rendre à la maison conventuelle d’Osirno. Mais là, la solitude était encore plus stricte et seuls quelques religieux triés sur le volet étaient autorisés à lui rendre visite dans sa cellule. A cette époque jusqu’à la fin, les manifestations surnaturelles furent son pain quotidien. Abandonné à lui-même, Dieu n’en était que plus à ses côtés. Le 10 août 1663, il tomba malade et sentit que sa fin était proche. Il s’éteignit cinq semaines plus tard à l’âge de soixante ans. Il fut canonisé en 1767.

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SAINT MARTIN DE TOURS (11 novembre)

saintmartinPatron du Commissariat

Saint Martin (environ 316 - 397) naquit en Pannonie (Hongrie actuelle) où son père, sans doute originaire de la vallée du Pô, était en garnison. Il dut s'enrôler dans l'armée selon la loi alors qu'il rêvait de vie érémitique. Il devint officier de la garde impériale. En garnison à Amiens, un soir d'hiver, au cours d'une ronde, il rencontre un malheureux sans vêtements pour se prémunir du froid. Martin partage alors son manteau malgré les moqueries de ses camarades. La nuit suivante, le Christ lui apparaît en songe couvert du manteau, actualisant la promesse rapportée par saint Mathieu : " ce que vous aurez fait au plus petit d'entre les miens, c'est à moi que vous l'aurez fait " (Mt 25,40).

Martin reçoit à cette période le baptême, mais ne quitta l'armée que plus tard, en 356. Attiré par la renommée de sainteté de l'évêque Hilaire, il se rendit alors à Poitiers, sa ville épiscopale.

Après un temps d'exil qui lui permet de visiter ses parents, Martin, revenu en Gaule, fonde un monastère d'où sortiront nombre de saints missionnaires en Gaule. Contre son gré, il est choisi comme évêque de Tours et va déployer une intense activité missionnaire et d'évangélisation de la Gaule et de ses campagnes. Il reste aussi un artisan infatigable de réconciliation et de pais jusqu'auprès de l'empereur.

Martin, déjà de son vivant, eût un rayonnement immense qui se poursuit dans son culte après sa mort. De tous ses hauts faits, l'épisode du manteau donné au pauvre reste le plus éclatant, les membres du commissariat chargé de soutenir les militaires (nourriture, vêtement...) ne pouvaient trouver meilleur saint protecteur pour accomplir jusqu'au bout leur mission y compris en faveur du plus humble des soldats, comme s'il s'agissait du Christ.

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SAINT-RAPHAEL archange (29 Septembre)

saint raphael archangePatron du Renseignement militaire

Saint Raphaël est l'un des trois archanges dont la Bible mentionne le nom. Pour Raphaël, seul le Livre de Tobie nous en parle. L'archange y apparaît comme le guide et le protecteur du jeune Tobie. A cet égard, la figure de Raphaël apparaît assez proche de celle de l'ange gardien : médiateur des bienfaits de Dieu, aidant l'intéressé à échapper aux dangers de ce monde, aux pièges du démon, et à avancer sur les chemins de la connaissance de Dieu et d'une conduite digne d'un croyant.

Le culte explicite de saint Raphaël est relativement récent et souvent lié à celui de de saint Michel et de saint Gabriel. Des épisodes où il apparaît dans le Livre de Tobie, découle l'invocation de Raphaël par les voyageurs et les pharmaciens.

Pour l'arme des renseignements, il reste un protecteur enviable, même si peu d'éléments précis explicitent ce patronage.

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SAINTE CÉCILE (22 novembre)

stececileSelon le récit qui figure dans ses Actes, Cécile, vierge, illustre par sa naissance, était fiancée à Valérien. La nuit de ses noces, elle déclara à son mari qu’un ange veillait sur sa virginité. Valérien ayant manifesté le désir de voir cet ange, elle lui répondit qu’il devrait auparavant se faire baptiser et lui indiqua l’endroit où il pourrait trouver le pape Urbain. Lorsqu’il revint à la maison, il vit en effet l'ange aux côtés de Cécile. Son frère Tiburce, instruit de l’affaire, demanda aussitôt à voir l’ange. Après avoir été sommairement instruit par Cécile, il fut également baptisé par Urbain.

Cependant le préfet de Rome, Turcius Almachius, qui persécutait les chrétiens, vint à apprendre la conversion de Valérien et de Tiburce ; il les fit arrêter ; mais le corniculaire Maxime, chargé de les conduire au supplice fut lui-même touché par la grâce, ainsi que sa famille et les bourreaux. Valérien et Tiburce n’en furent pas moins exécutés et Maxime abattu à coups de fouet plombé. Après quoi, Cécile fut mise aux arrêts dans sa maison ; elle put cependant y faire venir le pape Urbain, qui n’y baptisa pas moins de 400 personnes. Mais bientôt, Almachius fit comparaître Cécile devant son tribunal. Sur son refus de sacrifier, il la condamna à être brûlée dans le bain. La chaleur ne parvint pas à étouffer la sainte, le bourreau appelé pour lui couper la tête ne put que la blesser. Finalement, elle mourut au bout de trois jours, en léguant au pape Urbain sa maison pour qu’il la transformât en église. Après sa mort, Urbain l’ensevelit parmi les papes et les évêques au cimetière de Callixte.

Plusieurs remarques s’imposent ici. D’abord cette légende est d’origine récente : elle s’inspire d’un récit qui figure dans « l’Histoire de la persécution vandale » de Victor de Vite. Tous les thèmes qui y sont développés sont des lieux communs qui se retrouvent, à peine modifiés, dans un nombre considérable de Passions. Les compagnons qu’elle prête à Sainte Cécile n’ont eu apparemment, dans l’histoire vraie, aucun rapport avec elle : Tiburce, Maxime et Valérien sont des martyrs du cimetière de Prétextat sur la voie Appienne, inscrits au martyrologe hiéronumien le 14 avril.

Il y a plus encore : “ Au sortir des persécutions, l’Eglise de Rome ne connaissait aucune vierge martyre du nom de Cécile et pas davantage au début du 5ème siècle. Comment expliquer que ni Damase, ni Ambroise, ni Jérôme, ni Prudence, qui ont exalté à l’envie l'héroïsme des vierges martyres : Agnès, Eulalie et leurs émules, n’aient jamais prononcé le nom de Cécile, ni fait aucune allusion à une victime des persécutions dont le culte devait prendre une si large extension ? Il est remarquable que sur ces petits monuments, les verres dorés, où sont imprimés l’effigie et le nom des saints de Rome qui ont joui d’une popularité sans égale, d’Agnès par exemple, Cécile ne figure jamais. ”

Il résulte de tout cela que nous ne pouvons rien affirmer de certain sur Sainte Cécile. Cependant, au cours du 5ème siècle apparaît parmi les églises de Rome un lus Caeciliae, et en 545, le pape Vigile est enlevé par un officier impérial le 22 novembre, tandis qu’il célèbre dans la basilique du Transtévère, l’anniversaire de Sainte Cécile.

Comme par ailleurs on vénérait les restes de la sainte au cimetière de Callixte, on peut se représenter les choses de la manière suivante : “ Cécile, qui appartenait probablement à l’illustre famille des Coecilii, représentée par plus d’un de ses membres dans la catacombe de Callixte, s’était acquis par ses libéralités, des titres spéciaux à la reconnaissance de l’Eglise. Le privilège d’être ensevelie à côté des papes et des martyrs attira sur sa tombe l’attention des fidèles et lui valut des honneurs que son seul titre de fondatrice d'une église ne suffit pas à expliquer ”. C’est pendant le 5ème siècle que la popularité de Sainte Cécile prit naissance et se développa. Au 6ème siècle, elle était un fait acquis.

La première invention des reliques eut lieu sous le pontificat de Pascal 1er (817-824). Si étonnant que cela puisse paraître, on avait, à cette époque, perdu le souvenir du lieu où reposaient les restes de la sainte. Le pape les avait lui-même recherchés en vain pour les placer dans son église nouvellement restaurée. Finalement, il les retrouva, grâce à un rêve, non pas au cimetière de Callixte, mais à celui de Prétextat. Une fois en possession de ce trésor, il détacha la tête du corps et la plaça dans un reliquaire d’argent. Sous le pape Léon IV (847-855), la tête de Sainte Cécile était vénérée à l’église des Quatre-Couronnés.

En 1599, le cardinal Sfondrati fit procéder à la reconnaissance de ces reliques : la statue bien connue de Maderno est censée représenter le corps tel qu’il fut alors retrouvé (les experts refusèrent de soulever le voile qui le couvrait).

La dévotion du monde chrétien envers la sainte n’a pas cessé de se maintenir. Son nom figure au premier canon de la messe. Elle est devenue la patronne des musiciens. Ce patronage repose d’ailleurs sur une mauvaise lecture des textes. Les Actes de la sainte rapportent que, le jour de ses noces, tandis que les musiciens jouaient de leurs instruments, Cécile chantait à Dieu dans son cœur. La première antienne de laudes a repris ce texte, mais en laissant tomber les mots essentiels “ dans son cœur ”, de sorte qu’on en est venu à penser que la vierge chantait en s’accompagnant du son d’un orgue.

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Saint du Jour

Nominis

Tous les saints du jour
  • Sainte Marie-Madeleine - Pénitente, disciple du Christ (1er s.)
    Elle est la première à rencontrer le Christ ressuscité, elle est la première à lui rendre témoignage devant les Apôtres. C'est pour cela qu'on l'a même appelée 'l'apôtre des Apôtres'.Outre Marie, mère de Jésus, les évangiles nous parlent de plusieurs Marie. Nous fêtons aujourd’hui Marie de Magdala, Madeleine dont Jésus avait chassé sept démons. Depuis, elle le suivait partout où il allait, faisant partie de ce groupe de femmes qui servaient le Maître et les apôtres. Lors du crucifiement, elle se tient à distance, mais, après la descente de croix, elle suit Joseph d’Arimathie, remarque ce qui se passe et reviendra, avec une autre Marie, au matin de Pâques pour les rites de sépulture. C’est elle qui, la première, recevra la révélation du Christ ressuscité quand le jardinier se fait reconnaître. "Rabbouni, Maître" c’est son acte de foi. Le culte de Marie Madeleine connut un grand développement en France à la Sainte Baume, dans le sud de la France, et surtout à Vézelay.- Basilique de Vézelay.- Découvrez aussi la grotte où selon la tradition de Provence sainte Marie-Madeleine aurait vécu les trente dernières années de sa vie.- Elle est la patronne du diocèse du Var - Dès les premiers siècles chrétiens, pénitents, saints, rois, papes viennent accomplir leur pèlerinage à la grotte de la Sainte-Baume auprès de sainte Marie-Madeleine. (Histoire des saints de Provence - diocèse de Fréjus-Toulon)- Marie-Madeleine fera désormais l'objet d'une fête liturgique Radio Vatican: 'Sainte Marie-Madeleine est un exemple d'une véritable et authentique évangélisatrice, c'est-à-dire d'une évangéliste qui annonce le joyeux message central de la Pâque. Le Pape François a pris cette décision précisément dans le contexte du jubilé de la miséricorde pour signifier l'importance de cette femme qui manifesta un grand amour envers le Christ et qui fut tant aimée du Christ. Arthur Roche, archevêque secrétaire de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements. (news.va)- vidéo webTV de la CEF: Marie-Madeleine avec frère David Macaire, dominicain et Enguerrand Guépy, écrivain, émission 'la Foi prise au mot' KTOMarie Madeleine dans la Bible (source AELF):- Cependant Marie Madeleine et l'autre Marie étaient là, assises en face du tombeau. [Mt - 27 : 61]- Après le sabbat, à l'heure où commençait le premier jour de la semaine, Marie Madeleine et l'autre Marie vinrent faire leur visite au tombeau de Jésus. [Mt - 28 : 01]- Il y avait aussi des femmes, qui regardaient de loin, et parmi elles, Marie Madeleine, Marie, mère de Jacques le petit et de José, et Salomé, [Mc - 15 : 40]- Or, Marie Madeleine et Marie, mère de José, regardaient l'endroit où on l'avait mis. [Mc - 15 : 47]- Le sabbat terminé, Marie Madeleine, Marie, mère de Jacques, et Salomé achetèrent des parfums pour aller embaumer le corps de Jésus. [Mc - 16 : 01]- Ressuscité de grand matin, le premier jour de la semaine, Jésus apparut d'abord à Marie Madeleine, de laquelle il avait expulsé sept démons. [Mc - 16 : 09]- ainsi que des femmes qu'il avait délivrées d'esprits mauvais et guéries de leurs maladies : Marie, appelée Madeleine (qui avait été libérée de sept démons), [Lc - 8 : 02]- C'étaient Marie Madeleine, Jeanne, et Marie mère de Jacques ; les autres femmes qui les accompagnaient disaient la même chose aux Apôtres. [Lc - 24 : 10]- Or, près de la croix de Jésus se tenait sa mère, avec la sœur de sa mère, Marie femme de Cléophas, et Marie Madeleine. [Jn - 19 : 25]- Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin, alors qu'il fait encore sombre. Elle voit que la pierre a été enlevée du tombeau. [Jn - 20 : 01]Délivrée de sept démons par le Seigneur Jésus, elle s’attacha avec amour à ses pas, le suivit jusqu’au Calvaire et mérita, au matin de Pâques, de voir le Sauveur ressuscité d’entre les morts et de porter aux autres disciples l’annonce de la Résurrection.

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