Propositions spirituelles pour suivre le Carême

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Le Carême a débuté, mettons-nous en chemin pour vivre ces 40 jours, grâce à :

Un Jour, un Evêque : 21 février 2019

« Lors de mon intervention à Dauphine j'ai rencontré des jeunes ouverts, très intéressés, multipliant les questions sur le plan international comme sur le plan religieux, avec l'émerveillement de cette jeunesse qui se lève génération après génération sur l'humanité habitée par un désir de justice, de paix, de vérité, d'engagement, de loyauté, d'honneur », interview 2019 de Monseigneur Antoine de Romanet, évêque aux armées françaises, sur Radio Notre-Dame.

https://radionotredame.net/emissions/paroledeveque/21-02-2019

COMMEMORATION DE L’ARMISTICE DE LA PREMIERE GUERRE MONDIALE

anniversaire de l Armistice du 11 novembre 1918(11 novembre)

Une homélie du Cardinal Pierre EYT, archevêque de Bordeaux :

"En ce jour du 11 novembre 1996, je me reporte non sans émotion au compte-rendu du “ Te Deum de la Victoire libératrice ” tel que le désigne et le relate, à quelques jours de l’événement, notre hebdomadaire diocésain “ L’Aquitaine ”. La célébration mémorable a lieu le dimanche 17 novembre 1918 : “ A Bordeaux, est-il rapporté, la foule a envahi églises et chapelles, et à la même heure, partout, les catholiques ont fait de leur foi et de leur patriotisme une des plus grandioses manifestations qui se soient jamais vues. A la Cathédrale, Son Éminence le Cardinal a célébré la Messe... Il a entonné le “ Te Deum ” et la foule a repris. Ce fut superbe. De tous les cœurs, même les plus meurtris, montait vers Dieu, à travers les larmes de joie ou de deuil, l’hymne de la reconnaissance ” (L’Aquitaine, 1918, p.536). 
Le chroniqueur relève bien sûr la présence des autorités civiles et militaires : parlementaires, municipalité, officiers des armées de terre et de mer. Un “ groupe de glorieux mutilés ” est signalé dans la nef. A la fin de la messe, il semble impossible à l’observateur de décrire “ l’émotion que partageait l’immense assemblée et qui rendait le moment vraiment poignant ! ”.

Aujourd’hui, en 1996, chacune et chacun de nous peut ressentir le contraste entre la célébration populaire de 1918 et la présente commémoration, soixante-dix-huit ans après. Au fil du temps, la forte émotion originelle s’est refroidie, la foule éloignée, l’enthousiasme éteint. Seuls participent à notre célébration ceux et celles qui, à des titres divers, se sentent en représentation des autres. Nous le faisons au nom de l’Etat, de la région, du département, de la ville, des armées, de la magistrature, de l’université, des associations d'anciens combattants, de résistants, de victimes de la guerre, de l’Eglise.

Mais la foule des citoyens semble avoir pris acte du fait que désormais la célébration du 11 novembre ne constitue plus qu’un jour chômé. Une telle situation m’inspire quelques réflexions, non par rapport à ceux qui ne sont pas là, mais par rapport à nous qui sommes présents et, par cela même, toujours concernés.

Tous en effet qui sommes ici, y sommes, à un titre ou à un autre, en représentation de la Cité. Nous sommes présents pour les autres citoyens et en leur nom. Cela constitue une responsabilité et un honneur, tout comme constituent une responsabilité et un honneur les fonctions que nous exerçons, jour après jour, à l’intention des autres, à travers le service de l’Etat ou service public, service rendu “ au nom du Peuple français ”.

Or, nous le percevons clairement (et ceci concerne toutes les Démocraties du monde), il y a aujourd’hui une discussion violente sur le bien-fondé de l’autorité politique et des pouvoirs qui l’expriment. Nous sommes même témoins d’un débat tumultueux et sans cesse relancé sur les privilèges réels ou imaginaires que s’octroieraient sans contrepartie d’obligations proportionnées, ceux qui détiennent une charge publique.

La très vive sensibilité qui sur ce point se manifeste chez beaucoup de nos concitoyens constitue une alerte, mais aussi un encouragement. Ma propre mission n’est pas d’insister sur l’alerte. L’opinion publique y vibre déjà suffisamment. Par contre, je soulignerai le signal d’encouragement que peut comporter le débat actuel, pour difficile qu’il puisse être parfois.

En effet, la responsabilité de l’homme public n’est pas usurpée. Est hautement légitime aussi que ceux qui en ont la charge exercent la capacité de juger, de décider et de faire exécuter les lois de la République. Saint Paul le rappelait déjà aux tous premiers chrétiens de Rome, la capitale de l’Empire : “ L’autorité vient de Dieu... il n’y a d’autorité que par Dieu et celles qui existent sont établies par Lui... C'est encore la raison, poursuit-il, pour laquelle vous payez des impôts : ceux qui les perçoivent sont chargés par Dieu de s’appliquer à cet office. Rendez à chacun ce qui lui est dû : l’impôt, les taxes, la crainte, le respect, à chacun ce que vous lui devez ” (Ro. 13, 1, 6, 7).

Il n’y a donc pas de malédiction qui pèserait sur les responsabilités publiques. A condition toutefois que leur exercice constitue pour celui qui en a la charge une source exigeante d’obligations. Saint Pierre précise à l’intention des responsables qu’il s’agit de devenir “ les modèles ” des autres, en servant soi-même “ de bon gré, non par contrainte, mais par dévouement ” (I Pierre 5, 2, 3). Jésus avait lui-même dit d’une manière insurpassable qu’il était venu pour « servir et non pas pour être servi » (Marc 10, 45).

Ainsi, en commémorant, ce matin, une date qui, irrémédiablement s’éloigne de nous, nous nous comptons peu nombreux certes, mais en représentation consciente et déterminée des autres citoyens. Nous voici appelés à vivre cette heure et l’ensemble de notre charge avec un sens plus aigu que jamais de la grandeur de notre Office.

Jésus nous compte tous parmi ses “ serviteurs ”, même si parfois comme dans l’Evangile nous avons le sentiment d’être des “ serviteurs inutiles ” (Luc 17, 10).

Le civisme, la conscience du bien commun, le courage pour faire triompher l’équité, l’accomplissement du devoir d’Etat, la disponibilité et le désintéressement, la recherche de la justice, le souci du dialogue constituent un chemin d’humanité. Nous voulons y progresser avec tous nos concitoyens, avec tous nos “ frères ”, les plus pauvres et les plus démunis en premier.

N’est-ce pas la devise de la République qui nous appelle elle-même à la fraternité ?

Que Saint Martin que nous célébrons aujourd’hui nous apprenne la grandeur du service des pauvres et de tous ceux qui sont sans défense, dans un climat social de plus en plus difficile. "

Cardinal Pierre EYT

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Saint du Jour

Nominis

21 mars 2019

Tous les saints du jour
  • Bienheureuse Clémence - religieuse bénédictine (✝ 1176)
    Devenue veuve du comte de Spanheim, elle se fit religieuse à l'abbaye bénédictine de Trèves en Rhénanie, où elle mourut.La Bienheureuse Clémence d'Ohenberg épousa le Comte de Spanheim (Allemagne). Devenue veuve, elle distribua tous ses biens aux pauvres et se retira comme simple moniale à l'abbaye d'Horrès à Trèves où elle mourut en 1176. (Les boutiques de Théophile - Les boutiques de l'artisanat monastique)

Les lectures du jour

Messe

(c) Association Épiscopale Liturgique pour les pays francophones - 2019
  • Première lecture : « Maudit soit l’homme qui met sa foi dans un mortel. Béni soit l’homme qui met sa foi dans le Seigneur » (Jr 17, 5-10)

    Lecture du livre du prophète Jérémie

    Ainsi parle le Seigneur :
    Maudit soit l’homme
    qui met sa foi dans un mortel,
    qui s’appuie sur un être de chair,
    tandis que son cœur se détourne du Seigneur.
    Il sera comme un buisson sur une terre désolée,
    il ne verra pas venir le bonheur.
    Il aura pour demeure les lieux arides du désert,
    une terre salée, inhabitable.

    Béni soit l’homme
    qui met sa foi dans le Seigneur,
    dont le Seigneur est la confiance.
    Il sera comme un arbre, planté près des eaux,
    qui pousse, vers le courant, ses racines.
    Il ne craint pas quand vient la chaleur :
    son feuillage reste vert.
    L’année de la sécheresse, il est sans inquiétude :
    il ne manque pas de porter du fruit.

    Rien n’est plus faux que le cœur de l’homme,
    il est incurable.
    Qui peut le connaître ?
    Moi, le Seigneur, qui pénètre les cœurs
    et qui scrute les reins,
    afin de rendre à chacun selon sa conduite,
    selon le fruit de ses actes.

    – Parole du Seigneur.

  • Psaume (1, 1-2, 3, 4.6)

    Refrain psalmique : (39, 5a)

    Heureux est l’homme
    qui met sa foi dans le Seigneur.

    Heureux est l’homme
        qui n’entre pas au conseil des méchants,
    qui ne suit pas le chemin des pécheurs,
    ne siège pas avec ceux qui ricanent,
    mais se plaît dans la loi du Seigneur
    et murmure sa loi jour et nuit !

    Il est comme un arbre
        planté près d’un ruisseau,
    qui donne du fruit en son temps,
    et jamais son feuillage ne meurt ;
    tout ce qu’il entreprend réussira.
    Tel n’est pas le sort des méchants.

    Mais ils sont comme la paille
        balayée par le vent.
    Le Seigneur connaît le chemin des justes,
    mais le chemin des méchants se perdra.

  • Évangile : « Tu as reçu le bonheur, et Lazare, le malheur. Maintenant, lui, il trouve ici la consolation, et toi, la souffrance » (Lc 16, 19-31)

    Acclamation : (cf. Lc 8, 15)

    Ta parole, Seigneur, est vérité,
    et ta loi, délivrance.

    Heureux ceux qui ont entendu la Parole
    dans un cœur bon et généreux,
    qui la retiennent et portent du fruit par leur persévérance.
    Ta parole, Seigneur, est vérité,
    et ta loi, délivrance.

    Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

    En ce temps-là,
    Jésus disait aux pharisiens :
    « Il y avait un homme riche,
    vêtu de pourpre et de lin fin,
    qui faisait chaque jour des festins somptueux.
    Devant son portail gisait un pauvre nommé Lazare,
    qui était couvert d’ulcères.
    Il aurait bien voulu se rassasier
    de ce qui tombait de la table du riche ;
    mais les chiens, eux, venaient lécher ses ulcères.
    Or le pauvre mourut,
    et les anges l’emportèrent auprès d’Abraham.
    Le riche mourut aussi,
    et on l’enterra.
    Au séjour des morts, il était en proie à la torture ;
    levant les yeux,
    il vit Abraham de loin et Lazare tout près de lui.
    Alors il cria :
    “Père Abraham,
    prends pitié de moi
    et envoie Lazare tremper le bout de son doigt dans l’eau
    pour me rafraîchir la langue,
    car je souffre terriblement dans cette fournaise.
    – Mon enfant, répondit Abraham,
    rappelle-toi :
    tu as reçu le bonheur pendant ta vie,
    et Lazare, le malheur pendant la sienne.
    Maintenant, lui, il trouve ici la consolation,
    et toi, la souffrance.
    Et en plus de tout cela, un grand abîme
    a été établi entre vous et nous,
    pour que ceux qui voudraient passer vers vous
    ne le puissent pas,
    et que, de là-bas non plus, on ne traverse pas vers nous.”
    Le riche répliqua :
    “Eh bien ! père, je te prie d’envoyer Lazare
    dans la maison de mon père.
    En effet, j’ai cinq frères :
    qu’il leur porte son témoignage,
    de peur qu’eux aussi ne viennent
    dans ce lieu de torture !”
    Abraham lui dit :
    “Ils ont Moïse et les Prophètes :
    qu’ils les écoutent !
    – Non, père Abraham, dit-il,
    mais si quelqu’un de chez les morts vient les trouver,
    ils se convertiront.”
    Abraham répondit :
    “S’ils n’écoutent pas Moïse ni les Prophètes,
    quelqu’un pourra bien ressusciter d’entre les morts :
    ils ne seront pas convaincus.” »

    – Acclamons la Parole de Dieu.