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La Vie des Diocèses - émission de KTO du 24 juin 2019

SAINT JEAN DE CAPISTRAN (1386-1456)

 

st jean de capistan images visage

BARTOLOMEO VIVARINI, 1459 - PARIS, MUSÉE DU LOUVRE

Peint en 1459, ce tableau figure Jean de Capistran seulement trois ans après sa mort, dans une image de dévotion grandeur nature où est déjà fixée l’iconographie du saint victorieux par la croix. En 1984, saint Jean-Paul II le proclamera patron des aumôniers militaires et le qualifiera de « grand apôtre et défenseur de l’Europe, très vénéré […] pour son activité pastorale profonde et réformatrice » et « qui se donna avec grande générosité pour le salut des âmes ».

Alors qu’il est en prison pour avoir tenté de négocier la paix entre Rimini et Pérouse dont il est le jeune et brillant gouverneur, Jean a une apparition de François d’Assise qui lui révèle sa vocation : il entre dans l’ordre des frères mineurs et devient disciple d’un autre franciscain, saint Bernardin de Sienne, qui lui enseigne l’humilité, la prière et la pénitence, et qui répand la dévotion au saint Nom de Jésus dans toute l’Italie. Prédicateur, réformateur de son ordre, conseiller et légat du pape en France, en Allemagne et dans toute l’Europe centrale, Jean y fait des prodiges. Après la prise de Constantinople en 1453, laissant les princes d’occident indifférents aux massacres perpétrés en orient malgré les appels de la papauté, les turcs assiègent Belgrade en 1456, dernière digue avant l’occident. Jean de Capistran prêche une croisade, fait fabriquer un étendard avec la croix et la figure de saint Bernardin, ne cesse d’invoquer le nom de Jésus et exhorte les croisés à le faire. Malgré un nombre d’hommes très supérieur, Mehmet II est blessé et les assaillants sont vaincus et s’enfuient. Le pape Calixte III apprend la victoire le 6 août : il décide d’instituer la fête de la Transfiguration et de la célébrer à cette date.

st jean de capistan images devotion

Une image de dévotion

La représentation de Jean de Capistran que donne Bartolomeo Vivarini évoque les éléments essentiels de la vie du saint. Il est vêtu de l’habit franciscain dont la couleur cendre, la corde pour ceinture et les pieds nus dans de simples socques disent l’humilité et la pénitence. Il tient, de sa main gauche, l’évangile qu’il a prêché et suivi et, de sa main droite, l’étendard de la victoire, blanc avec une croix rouge et la figure de saint Bernardin tenant le monogramme du nom de Jésus : I H S (Jésus Sauveur des hommes). Une croix dorée surmonte la hampe de l’étendard et une autre peinte en rouge sur son épaule gauche rappelle qu’il prit la croix.

 

st jean de capistan images portrait

Un portrait ?

Le visage émacié, vu de trois-quart, comme le corps maigre qui se devine sous la bure s’accordent avec le témoignage direct d’Aeneas Sylvius Piccolomini, futur pape Pie II : « Il était petit de taille, avancé en âge (65 ans), desséché, amaigri, épuisé, n’ayant que la peau et les os, et néanmoins toujours gai et infatigable au travail. Il prêchait tous les jours, traitait les questions les plus profondes, plaisait aux simples comme aux savants ; il avait journellement vingt et trente mille auditeurs ». Cependant, la précision des traits du visage, presque individualisés, avec ses yeux clairs enfoncés, le nez bombé et la bouche fine, pose la question d’un éventuel portrait : Bartolomeo Vivarini aurait-il été un des nombreux auditeurs de Jean, lors de ses prêches en Italie du Nord ? Première peinture datée connue de Bartolomeo, d’une famille d’artistes originaires de Murano, le tableau montre encore l’attachement de Venise au gothique tardif et la connaissance des recherches nouvelles de Padoue. La disposition, le dessin linéaire du visage, l’emploi d’un phylactère encadrant la figure tel un arc restent d’esprit médiéval tandis que le fond noir et rouge, l’estrade à pans coupés, les ombres portées, le cartel en trompe-l’œil portant la signature du peintre, le traitement plus en volume des plis de la bure et le raccourci des mains reflètent les nouveaux styles plus plastiques des ateliers padouans autour de Squarcione et du jeune Mantegna. Réputé saint de son vivant, Jean de Capistran porte une auréole rayonnante même s’il ne sera canonisé qu’en 1690 soit sept ans après la fin du siège de Vienne par les ottomans. Sur le phylactère qui part de l’étendard, se déploie un verset de saint Paul : « Grâces soient rendues à Dieu qui nous a donné la victoire par notre Seigneur Jésus-Christ ! » (1Co 15, 57).

Isabelle Schlienger

source egmil d'octobre 2015

Mots-clés: saint patron, saint jean de capistran

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Saint du Jour

Nominis

25 août 2019

Tous les saints du jour
  • Saint Louis - Louis IX, roi de France (✝ 1270)
    Grâce aux Chroniques écrites par Joinville, ami très proche du Roi, la mémoire populaire française garde de Louis IX l'image d'un souverain rendant la justice à l'ombre d'un vieux chêne proche de son château à Vincennes. Saint Louis a en effet frappé ses contemporains par son sens de la justice, sa profonde piété et sa grande charité envers les pauvres. A vingt ans, il épouse Marguerite de Provence et leur amour sera tendre et fidèle. Quand il part pour délivrer la Terre Sainte en 1248, il s'embarque avec elle. Le roi est fait prisonnier. Une fois libéré et rentré dans son royaume, il y entreprend de grandes réformes en particulier l'interdiction du duel judiciaire. Il fonde des hôpitaux et des monastères. Il réalise son grand projet: construire la Sainte-Chapelle (vidéo KTO) comme une châsse de lumière et de vitraux destinée à recueillir des reliques, surtout la Couronne d'épines qu'il a acquise auprès de l'empereur latin de Constantinople. Il donne à sa soeur, la bienheureuse Isabelle, le terrain de Longchamp pour y fonder une abbaye de religieuses de Sainte-Claire. Son royaume connaît une période de plein développement culturel, intellectuel et théologique. Saint Louis aime recevoir à sa table saint Bonaventure et saint Thomas d'Aquin. Avec Robert de Sorbon, il fonde la Sorbonne (1257). Il suit avec attention l'achèvement de la cathédrale Notre-Dame et surtout les grandes rosaces (1255) et les porches. Son plus grand souci est de pacifier, de réconcilier les ennemis et d'éteindre les conflits, en particulier entre la France et l'Angleterre (1258). Mais il rêve de retourner en Terre Sainte et de convertir le sultan d'Égypte. Il n'ira pas plus loin que Carthage, l'actuelle Tunis. La maladie a raison de lui le 25 août 1270. - Saint Louis (1214 ou 15 - 1270), roi de France et donc, à ce titre aussi chef des Armées françaises, était un homme profondément chrétien, fier et conscient des promesses de son baptême. (diocèse aux armées)- Né à Poissy, saint Louis (Louis IX) passe une grande partie de sa vie à Paris. Il est traditionnellement représenté sous un chêne du château de Vincennes rendant la justice.Toute sa vie, il s'efforça de faire régner la justice et la paix dans sa vocation de saint et d'homme d'État. Les souverains d'Europe font appel à sa sagesse. (diocèse de Paris)- "Louis IX, qui régna de 1226 à 1270, vint en Saintonge en l'année 1242, où la bataille de Taillebourg du 21 juillet allait rendre possible le futur traité de Paris qui allait mettre un terme à la première étape du conflit médiéval entre la France et l'Angleterre." (diocèse de La Rochelle Saintes - Saint Louis)- Il est le saint patron des tertiaires franciscains:"Saint Louis est connu pour son sens de la justice et son amour de Dieu et des pauvres. C'est ce que rappellent la croix, la main de justice et la corde des tertiaires franciscains dont il est le saint Patron."- Voir aussi les Saints parisiens sur le site du diocèse de Paris.- "D'après un livre trouvé par un ami rémois, Saint Louis serait patron des coiffeurs car il avait demandé à chacun de ses ministres de donner une mèche de leurs cheveux pour confectionner une perruque pour sa mère Blanche de Castille." message d'un internaute.- "Il est le patron des ouvriers du bâtiment, des boutonniers, brodeurs et merciers, des distillateurs, des coiffeurs et barbiers, des académies françaises et des académies des sciences. On l'invoque aussi contre l'acidification de la bière." message d'un internaute.Mémoire de saint Louis, roi de France, qui s'illustra dans son royaume et dans la guerre menée pour la défense des chrétiens par sa foi active, sa justice dans son gouvernement, son amour des pauvres et sa constance dans l'adversité. De son mariage avec Marguerite de Provence, il eut huit enfants, qu'il éleva parfaitement et avec piété. Pour honorer la croix, la couronne d'épines et le sépulcre du Seigneur, il dépensa ses biens, ses forces et jusqu'à sa vie et il mourut de la peste dans son camp aux portes de Tunis en 1270.
  • Saints Tite et Timothée - Disciples et compagnons de saint Paul (I siècle.)
    L'Église en Occident les unit comme disciples très chers de saint Paul qui leur confie la charge épiscopale dans l'Église naissante. Timothée, que Paul appelle "son vrai fils dans la foi" est né en Asie mineure d'un père grec et d'une mère juive. Converti lors de la première mission de saint Paul, il devient son disciple et son collaborateur fidèle. Pour le faire accepter des juifs et des judéo-chrétiens, Paul le fait circoncire. Timothée partagera la première captivité de Paul qui, lors de sa seconde captivité, le réclamera encore. Selon la tradition, saint Timothée serait mort évêque d'Éphèse.  Illustration: Mosaïque de la Cathédrale de Monreale, Palerme.Tite est un grec converti, mais non circoncis. C'est un diplomate habile à qui Paul confie des missions délicates, tout en lui demandant d'être ferme et catégorique. Il ramènera la paix dans la communauté de Corinthe et organisera les communautés naissantes de Crète.La tradition nous dit en effet qu'il meurt évêque de Cnossos en Crète. Un internaute nous signale que le chef (tête) de Tite est visible dans une église d'Héraklion, capitale de la Crète.Mémoire des saints Timothée et Tite, évêques. Disciples de l'apôtre saint Paul, ils furent ses collaborateurs d'apostolat et dirigèrent, l'un l'Église d'Éphèse, l'autre celle de Crête. Les trois lettres qui leur sont adressées fournissent de sages avertissements sur la formation des pasteurs et des fidèles.

Les lectures du jour

Messe

(c) Association Épiscopale Liturgique pour les pays francophones - 2019
  • Première lecture : « De toutes les nations, ils ramèneront tous vos frères » (Is 66, 18-21)

    Lecture du livre du prophète Isaïe

    Ainsi parle le Seigneur :
        connaissant leurs actions et leurs pensées,
    moi, je viens rassembler toutes les nations,
    de toute langue.
    Elles viendront et verront ma gloire :
        je mettrai chez elles un signe !
    Et, du milieu d’elles, j’enverrai des rescapés
    vers les nations les plus éloignées,
    vers les îles lointaines
    qui n’ont rien entendu de ma renommée,
    qui n’ont pas vu ma gloire ;
    ma gloire, ces rescapés l’annonceront
    parmi les nations.
        Et, de toutes les nations, ils ramèneront tous vos frères,
    en offrande au Seigneur,
    sur des chevaux et des chariots, en litière,
    à dos de mulets et de dromadaires,
    jusqu’à ma montagne sainte, à Jérusalem,
    – dit le Seigneur.
    On les portera comme l’offrande qu’apportent les fils d’Israël,
    dans des vases purs, à la maison du Seigneur.
        Je prendrai même des prêtres et des lévites parmi eux,
    – dit le Seigneur.

        – Parole du Seigneur.

  • Psaume (Ps 116 (117), 1, 2)

    Refrain psalmique : (Mc 16, 15)

    Allez dans le monde entier.
    Proclamez l’Évangile.
    ou : Alléluia !

    Louez le Seigneur, tous les peuples ;
    fêtez-le, tous les pays !

    Son amour envers nous s’est montré le plus fort ;
    éternelle est la fidélité du Seigneur !

  • Deuxième lecture : « Quand Dieu aime quelqu’un, il lui donne de bonnes leçons » (He 12, 5-7.11-13)

    Lecture de la lettre aux Hébreux

    Frères,
        vous avez oublié cette parole de réconfort,
    qui vous est adressée comme à des fils :
    Mon fils, ne néglige pas les leçons du Seigneur,
    ne te décourage pas quand il te fait des reproches.
        Quand le Seigneur aime quelqu’un,
    il lui donne de bonnes leçons ;
    il corrige tous ceux qu’il accueille comme ses fils.

        Ce que vous endurez est une leçon.
    Dieu se comporte envers vous comme envers des fils ;
    et quel est le fils auquel son père ne donne pas des leçons ?
        Quand on vient de recevoir une leçon,
    on n’éprouve pas de la joie mais plutôt de la tristesse.
    Mais plus tard, quand on s’est repris grâce à la leçon,
    celle-ci produit un fruit de paix et de justice.
        C’est pourquoi,
    redressez les mains inertes et les genoux qui fléchissent,
        et rendez droits pour vos pieds les sentiers tortueux.
    Ainsi, celui qui boite ne se fera pas d’entorse ;
    bien plus, il sera guéri.

        – Parole du Seigneur.