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L'Eglise et l'arme nucléaire - Réflexions de Mgr Antoine de Romanet

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La Vie des Diocèses - émission de KTO du 24 juin 2019

  • Propos de l' Evêque
  • Témoignage de Monseigneur Antoine de Romanet, évêque aux Armées Françaises dans le Figaro Magazine

Témoignage de Monseigneur Antoine de Romanet, évêque aux Armées Françaises dans le Figaro Magazine

 

Ordination Mgr Antoine de RomnanetTÉMOIGNAGE

“Notre-Dame se relèvera, Notre-Dame nous élèvera” Ordonné deux fois à Notre-Dame, d’abord en 1995 comme prêtre du diocèse de Paris, puis en 2017 comme évêque en charge des armées françaises (et des pompiers de Paris), Mgr Antoine de Romanet a tissé au long de son sacerdoce un lien intime avec la cathédrale.

Ma première visite marquante fut en 1988 pour assister aux ordinations sacerdotales de la fin juin. J’avais 25 ans et me posais alors la question de la réponse à un appel du Seigneur à le suivre comme prêtre, et j’étais allé rencontrer un jeune diacre au séminaire Saint-Sulpice pour découvrir sa vie, son histoire, son aventure… Anonyme au fond de l’assemblée, chaque instant, chaque voûte,chaque vitrail et chaque parole m’ont touché, aussi simplement qu’une mère porte son enfant. La liturgie parlait d’elle-même, au-delà des mots et des gestes habités par la lumière et les élévations de ces colonnes et de ces vitraux. Puis ce fut ma propre entrée au séminaire en septembre 1989. Pendant ces huit années d’études à Bruxelles puis à Rome, Notre-Dame, c’était à chaque fois le symbole du « retour à la Maison » : joie de retrouver les camarades séminaristes pour la messe chrismale chaque mercredi saint et pour les ordinations de la fin juin. Joie de humer son atmosphère à nulle autre pareille, de saluer les visages connus, de retrouver ses chantres et ses orgues, ses sacristains et ses bénévoles, en une grande famille amicale et comme immuable. Joie surtout de retrouver notre archevêque (le cardinal Lustiger, ndlr), de vibrer et de célébrer le cœur de notre foi portée par la plus belle des liturgies. L’émotion de l’ordination sacerdotale est un sommet entre tous. Nous étions dix-sept. Jusque dans l’éternité. Nous étions portés, transportés, encouragés, par une dizaine d’évêques, des centaines de prêtres, des milliers de fidèles. Toute une Eglise qui rend grâce et implore une grâce que nul ne méritera jamais, et qui par les mains du prêtre s’offre en une source d’éternelle gratuité. C’est sur ce dallage qu’ensemble nous nous sommes étendus, c’est au pied de cet autel que nous avons promis engagement et fidélité, c’est à cet autel que nous avons célébré pour la première fois l’eucharistie du Seigneur.

SOURCE MATERNELLE

Pendant vingt-deux ans, chaque retour à Notre-Dame fut cette même joie du retour au bercail, de cette douce et chaleureuse familiarité de la maison de famille où l’on retrouve les siens, où l’on est chez soi sans être propriétaire de rien. Quelle émotion furent les obsèques du cardinal Lustiger, les prières sur le parvis, la simplicité et la force de la liturgie. Quelle joie de retrouver à sa suite le cardinal Vingt-Trois et de se laisser porter par sa parole et sa présence, forte et fidèle, ancrée et visionnaire, à chaque grande occasion de la vie du diocèse. Pour un prêtre de Paris, c’est bien de là que coule la source maternelle qui ne cesse d’engendrer et de nourrir, de réconforter et de faire grandir. Puis ce fut, le 10 septembre 2017, la dernière ordination épiscopale célébrée en ces lieux avant le drame qui aujourd’hui nous afflige. Une liturgie telle que seule Notre-Dame de Paris sait en offrir au peuple de Dieu. Un souffle, une énergie, une douceur, une émotion qui n’ont de sens que parce qu’elle les transcende tous. Ce fut seul, ce jour-là, que je fus allongé sur ces dalles (photos). Seul que j’ai professé la foi. Seul que je me suis engagé à servir jusqu’à la mort. Seul que j’ai ensuite présidé l’eucharistie avec à mes côtés le cardinal-archevêque de Paris, en une circonstance liturgique= exceptionnelle de l’ordination d’un évêque fils de ce diocèse mais dont la cathédrale se situe désormais sur l’autre rive, au service des armées françaises, à Saint-Louis-des-Invalides. Comme un baume, cette liturgie me pénètre peu à peu.

Depuis lors, chaque venue à Notre- Dame est une fête d’amitié et de gravité, sous le regard de la Vierge qui ne cesse de nous conduire vers son Fils, le Seigneur Jésus. Cette histoire singulière est celle de tous les prêtres de Paris, chacun à sa manière, elle est celle de tous les Parisiens et de tous les Français, chacun avec ses accents propres, car tous, nous nous sentons unis à cette présence spirituelle au centre de Paris. Cette histoire et ces émotions ont été dévorées par les flammes de ce 15 avril, au seuil de la Semaine sainte. Elles n’en sont que plus vivantes. Notre-Dame n’en est que plus attachante. Notre-Dame sera reconstruite. Notre-Dame se relèvera. Notre-Dame nous élèvera. Avec elle, nous passerons de la passion à l’Assomption, du matériel au spirituel, de cette rive à l’autre telle que la cathédrale au cour de Paris en est la promesse et le chemin.

Monseigneur Antoine de Romanet
Le Figaro Magazine 19 avril 2019
Crédit photo : Jean-Marie Ravel

Mots-clés: Evêque aux Armées, Notre Dame de Paris, ordination épiscopale

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30 mai 2020

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  • Saint Ferdinand III le Saint - Roi de Castille et de Léon (✝ 1252)
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    Fille d'humbles paysans de Lorraine, ("on m'appelait Jeannette") elle entendit des voix mystérieuses alors qu'elle n'avait que 13 ans. Saint Michel, Sainte Catherine et Sainte Marguerite, pendant trois ans lui demandèrent de libérer la France et de faire sacrer le roi à Reims. A Chinon, premier prodige, le roi donne une armée à cette bergère de 16 ans, ignorante des lois de la guerre. En huit jours, au début du mois de mai, elle délivre Orléans assiégée depuis sept mois. En juillet, Charles VII est sacré roi à Reims. Après les réussites difficiles, vint le temps des épreuves. Le roi abandonne Jeanne, un an après Orléans, elle est faite prisonnière à Compiègne, livrée aux Anglais, passe un an en prison, courageuse, héroïque dans sa pureté devant les tentatives des soldats. Sous prétexte qu'elle s'habille en homme, elle est condamnée comme hérétique. Seule lui reste la foi et l'encouragement de ses voix. Elle meurt brûlée vive à 19 ans, à Rouen le 30 mai 1431. Illustration: Jeanne d'Arc en prière (statue de la crypte à Domrémy, diocèse de Saint-Dié)- Vidéo: Panégyrique de Sainte Jeanne d'Arc par le cardinal André Vingt-Trois, webTV de la CEF.Jeanne d'Arc est fêtée par la République Française le deuxième dimanche de mai, fête nationale de Jeanne d'Arc et du patriotisme (loi du 10 juillet 1920); la date de Sainte Jeanne d'Arc fixée par le martyrologe de l'Église catholique est le 30 mai date anniversaire de sa naissance au ciel (c'est à dire de sa mort).Tout au long de l'année 2012, des manifestations étaient prévues en France pour commémorer le sixième centenaire de la naissance de sainte Jeanne d'Arc. (portail de l'Église catholique en France)A lire aussi:- Benoît XVI: sainte Jeanne est une des figures caractéristiques de ces 'femmes fortes' qui 'à la fin du Moyen Age, portèrent sans peur la grande lumière de l'Évangile dans les évènements complexes de l'Histoire'... Sainte Jeanne d'Arc nous apprend que lorsque le pays est marqué par la division et par le découragement et la résignation, la foi qui puise à la Sagesse divine offre au chrétien la capacité de trouver les moyens extraordinaires d'intelligence et de force, pour offrir des raisons d'une nouvelle espérance pour la société... (Homélie pour la fête de Sainte Jeanne d'Arc 2012, Mgr Luigi Ventura)- Centre spirituel de Domrémy - Un peu d'histoire : 27 janvier 1894 Jeanne est déclarée "vénérable" par Rome, 18 avril 1909 béatification de Jeanne d'Arc à Saint-Pierre de Rome, 30 mai 1920 canonisation de Jeanne d'Arc.- "Sainte Jeanne d'Arc fut canonisée en 1920, quatre siècles après sa mort et à la fin d'une longue polémique entre ceux qui, comme l'historien Michelet, célébraient en elle la fille du peuple de France et ceux qui, avec les Évêques d'Orléans, en commençant par Mgr Dupanloup, voyaient surtout en elle une vraie fille de l'Église. Les temps du procès, de béatification et de canonisation furent des temps de luttes anticléricales: expulsion des religieux et loi de Séparation de l'Église et de l'Etat, en 1905."La sainteté comme suprême forme de sagesse (Homélie de Mgr Lluis Martinez-Sistach)- Jeanne d'Arc, brûlée en 1431, ne sera béatifiée qu'en 1909 puis canonisée, c'est-à-dire inscrite sur la liste des saints de l'Église, en 1920. Les églises du diocèse de Poitiers possédant une représentation de Jeanne d'Arc sont très nombreuses. (diocèse de Poitiers- quelques saints du Poitou et d'ailleurs)- en 1922, Pie XI reconnaît officiellement la Vierge Marie en son Assomption comme patronne de la France et Jeanne d'Arc comme patronne secondaire; (en latin) Acta Apostolicae Sedis, Commentarium Officiale, pages 185 et 708, lettre apostolique Galliam, Ecclesiae filiam.À Rouen, en 1431, sainte Jeanne d'Arc, vierge, appelée la pucelle d'Orléans, qui combattit avec force pour sa patrie, mais, livrée au pouvoir des ennemis et condamnée à mort par un tribunal ecclésiastique inique, malgré la simplicité de sa foi et son attachement à l'Église, elle mourut sur le bûcher à l'âge de dix-neuf ans.